20/10/2011

Des indignés? Pas tout à fait...

 

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Ils sont en rouge et noir. Le rouge de la colère, le rouge qui fait grincer les dents. Ils bouillonnent de l'intérieur, mais, aussi paradoxal soit-il, ne poussent pas le bouchon trop loin. «Ils», ce sont les indignés neuchâtelois, drapés dans les couleurs de Xamax, un club où tout va à vau-l'eau et qui court droit dans le mur. Ceci malgré des résultats sur la pente ascendante en Super League et un groupe qui, en dépit de sa récente défaite en Coupe de Suisse, commence à se trouver.

Bref, la colère n'a pas traîné, hier matin, dans les petits couloirs du terrain du Chanet. Sans le sou et ignorés par le tout-puissant (vraiment?) Bulat Chagaev, Stéphane Besle et consorts ont songé, l'espace d'un instant, à planter leur tente sur le terrain et à bouder. La grève? Elle n'aura duré qu'une poignée de secondes. Soit l'espace-temps qu'il aura fallu aux footeux neuchâtelois pour se rendre compte qu'ils étaient des privilégiés. Enfin, c'est ce qu'ils disent.

Car cet arrêt de travail volontaire n'aurait pas relevé de l'ineptie. Rien à voir, en effet, avec celui des internationaux français il y a 16 mois à Knysna. Primo car les Xamaxiens ne sont pas des multimillionnaires. Deuxio car ils ne représentent pas leur pays. Tertio car eux, vraiment, ne sont pas payés.

Mais les indignés, soit professionnels qu'ils sont jusqu'au bout des ongles, soit poussés par des remontrances venues de Grozny, ont finalement chaussé leurs crampons. C'est tout à leur honneur. Hélas, on n'est pas certains que leurs revendications feront exploser la tirelire de leur grand manitou...

 

29/08/2011

Panique sur la Super League!

271741_NEU101 FUSS_effcecd5.jpgAu début, on avait souri un peu. Après tout, un mécène sans bonnes manières qui s'incruste dans le foot suisse, ça n'avait rien d'une première. On pensait même que tout finirait par se détendre un jour. Mais il faut croire qu'avec le temps... eh bien, il n'y a pas tout qui s'en va, finalement.

Au fil des semaines, le scénario a même sérieusement commencé à nous fatiguer. Et, ce week-end, le comportement de Bulat Chagaev a atteint le point de non-retour. En menaçant physiquement et verbalement son staff technique et ses joueurs après le match nul concédé contre Lausanne (2-2), le Tchétchène a commis un esclandre de plus.

Un de trop? On aimerait le croire pour que Xamax arrête enfin les frais. Comme on aimerait que la Swiss Football League, qui sait chercher des noises à Christian Constantin, prenne enfin ses responsabilités et aille se pencher sur ce qui se trame dans les couloirs de la Maladière. Où tout paraît bien plus grave que le «simple» transfert d'un gardien égyptien voici près de quatre ans. Seulement, «BC» fait plus peur que «CC», lequel reste pourtant indispensable au foot suisse.

Reste que, à «Neuch», les joueurs tremblent. Ils avaient déjà reçu des menaces de mort au mois de mai à la mi-temps de la finale de la Coupe de Suisse perdue contre Sion. Plusieurs contreperformances plus tard, ils sont toujours en vie (encore heureux, me direz-vous!), mais la pression et la tension se décuplent chaque semaine. La pause dévolue aux équipes nationales, qui met en arrêt la Super League jusqu'au 10 septembre, agira-t-elle comme une bulle d'air? Ou est-ce que, durant ce laps de temps, le feuilleton «rouge et noir» connaîtra de nouveaux rebondissements?

La question est levée, mais le film, qui pourrait s'appeler «Trouille sur la Super League», est en réalité un véritable navet. Tout le contraire, pour le moment, de la série «grenat», proposée par le producteur Majid Pishyar et le scénariste Joao Alves. Un 0-4 flamboyant à Tourbillon démontre à quel point l'entraîneur portugais mérite encore et toujours des louanges.

Collectivement, tactiquement et techniquement, la démonstration des siens en terre valaisanne a marqué les esprits. Comme si l'équipe alignée hier à Sion était totalement différente de celle - décevante - de la semaine précédente contre Grasshopper. Et pourtant... Voilà peut-être un signe que Yartey et compagnie en ont encore pas mal sous la semelle. Et que, s'ils parviennent à se libérer dans leur antre du stade de Genève, la mécanique, leur mécanique, pourrait faire pas mal de dégâts.

Après tout, au train où vont les choses en Super League, avec Lucerne et Thoune qui occupent la tête, et Bâle et Young Boys qui connaissent des problèmes respiratoires, on n'est plus à une surprise près. Il se pourrait même que, un jour, Chagaev caresse ses ouailles dans le sens du poil.