22/04/2012

FC Bâle, admirable et intouchable

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Et un de plus! Pour la quinzième fois de son histoire, le FC Bâle a donc été sacré champion de Suisse. C'était tout à l'heure, au sortir de son match face au FC Sion. Il s'agit, sur la décennie écoulée, du septième sacre des Rhénans. Seuls Grasshopper et Zurich (par deux fois) sont venus perturber l'hégémonie d'un club qui, décidément, ne fait rien comme les autres. Appelé à dominer encore longtemps la Super League, le FCB puise ses victoires dans une mentalité de gagneurs qu'aucune autre équipe ne possède sur le territoire helvétique.

Qu'ils changent de coach (Gross, Fink, Vogel), de leaders (la génération Frei a notamment succédé à la déroutante volée des frères Yakin) ou de capitaine (Marco Streller a pris le relais de Franco Costanzo), les pensionnaires de Saint-Jacques restent au sommet. Le maillot bleu et rouge transpire la gagne. D'aucuns l'expliquent par la puissance financière du club, mais celle-ci n'explique pas tout. Il y a, à Bâle, de la matière grise footballistique, un véritable système de détection et de formation qui convoque les espoirs les plus fous pour les prochaines années.

Depuis qu'il est entré dans son nouvel antre en mars 2001, le FCB n'a que rarement connu l'échec. Sur la scène européenne y compris, il est parvenu à se faire un nom. Une première escapade en C1 en février 2003 lui avait montré la voie à suivre. Le parcours qui l'a emmené jusqu'en huitièmes de finale de la Ligue des champions le mois dernier à Munich est la preuve de son habileté. En se renouvelant tous les ans, en s'appuyant sur des joueurs formés à domicile et en recrutant intelligemment, Bâle a tout compris. Les Rhénans explorent la seule voie qui, dans le football actuel, peut permettre aux clubs suisses de durer hors des frontières.

Que leur domination irrite est un fait, mais la jalousie qui règne dans notre pays ne doit pas occulter l'excellent travail fourni par les pontes des champions nationaux. Le président Bernhard Heusler a parfaitement pris le relais de Gigi Oeri. Son discours a beau être ambitieux, il est empreint de lucidité. L'homme a la tête sur les épaules et, dans son sillage, le FCB ne peut que poursuivre l'excellent travail accompli depuis bientôt 15 ans. Et puis, il ne faut surtout pas oublier que, sur le banc, Heiko Vogel s'y est pris à merveille. Sous ses airs bonhommes, le technicien rouquin s'est fait un nom. Il n'est plus un drôle d'oiseau!

Alors bien sûr, certains oseront encore prétendre que le sacre de Bâle est intervenu plus rapidement que prévu en raison des 36 points de pénalité infligés au FC Sion, mais il n'est de loin pas certain que les Valaisans auraient, sur le long terme, pu mettre de vrais bâtons dans les roues d'adversaires qui surfent sur un incroyable élan.

Aujourd'hui, Bâle savoure ce quinzième titre en attendant peut-être une victoire en Coupe de Suisse dans trois semaines contre Lucerne. Face aux hommes de Murat Yakin, Xherdan Shaqiri, symbole d'une jeunesse bâloise qui a porté haut les couleurs cantonales, tirera ses dernières cartouches helvétiques avant de filer au Bayern Munich. Le départ de «XS» vers la Bavière, qui devrait précéder celui de Granit Xhaka du côté de Mönchengladbach, est un signe supplémentaire qui tend à démontrer la force bâloise.

Champion à la victoire dans le sang, le FCB va perdre deux joyaux mais devrait parvenir à les remplacer. Pour que, à l'horizon 2013, un 16e titre pointe son nez? Les autres clubs suisses doivent chercher à répondre par la négative à cette question. Car Bâle n'est pas un ennemi, mais une locomotive destinée à tirer tout le pays vers l'excellence.