01/02/2011

Soir de Coupe

Mardi soir. Programme TV? Zéro! Agenda? Vide!

Le temps d’engloutir un émincé de veau aux champignons, on se résigne tout de même à zapper sur Eurosport. A l’affiche: Rennes-Reims, un match de Coupe de France de foot. Habituellement, le genre de purge qui t’achève un dimanche soir de lendemain de cuite. Appréhension. Mais la pièce que l’on a mise sur Interwetten en faveur des Bretons nous pousse à rester devant l’écran.

Après tout, le pensum ne doit durer que nonante minutes. Dans une vie, c’est pas grand-chose.

Avant même d’analyser le jeu et la tactique, c’est un bond dans les années quatre-vingt qui nous attend. Numéro 6 breton, Tettey – qui, comme son nom l’indique, est norvégien - arbore une coupe de cheveux qui n’est pas sans rappeler Boney M. Crazy like a fool, le garçon…

Sur la touche, Fred Antonetti n’a rien perdu de sa verve. Il s’égosille dans tous les sens, rend même sympathique le duo de commentateurs, qui se régalent de ses envolées lyriques et de sa moue boudeuse.

Le sport? Nonante minutes se transforment en cent vingt, lorsque Rennes a la bonne idée de revenir sur Reims, pourtant 19e de Ligue-2, de 1-3 à 3-3. Le match? Finalement très plaisant. Mieux que certaines grandes affiches de Ligue des champions qui ont trop souvent l’habitude de tourner en eau de boudin. Les deux penalties arrêtés par le portier champenois Agassa n’y sont pas pour rien.

Au bout de deux heures de jeu, Reims crée une nouvelle sensation en Coupe de France (3-4). Devant la qualité du spectacle, on a refusé d’ouvrir le gaz. En revanche, lorsque le journaliste de terrain s’en est allé recueillir les réactions des heureux vainqueurs, on a eu une hésitation. L’imbécilité incarnée d’une quinzaine de footballeurs ayant tous allégrement franchi les vingt printemps se comportant comme des ados pré pubères devant une caméra de télévision fait peur.

Le foot rend riche et célèbre, oui. Mais ce n’est pas pour autant qu’il rend intelligent. On en a eu une nouvelle preuve irréfutable, ce soir.

Pour ce qui est du constat sportif, on s’aperçoit que, une fois encore, la Coupe de France est lieu de toutes les surprises. Plus que partout ailleurs en Europe. Le signe, si besoin est, que la frontière entre la réussite dans un club pro et la carrière dans un club amateur avec un métier en parallèle est parfois plus infime qu’on le croit.