09/02/2011

Ski suisse: et s'il y avait un zéro pointé?

Il est bien sûr trop tôt pour tirer un bilan, mais les Mondiaux de ski alpin ont mal débuté pour le ski suisse. En position de favoris pour les deux super-g, les Helvètes n'ont décroché aucune breloque. Evidemment, on savait que les six médailles réclamées par Swiss-Ski au début de la semaine ne seraient pas au rendez-vous de Garmisch-Partenkirchen, mais on est aujourd'hui en droit de se demander si le funeste souvenir de Bormio 2005 - aucun métal - n'est pas en position de se reproduire.


Oh, il est clair que, avec les deux descentes, les deux supercombinés et le géant masculin encore au programme, les chances suisses existent. Mais, quand on est en retrait au début d'un tel événement, la pression ne cesse d'augmenter. Les épaules de nos représentants sont-elles assez solides pour faire fi du doute s'insinuant dans la maison suisse?


A voir. En même temps, les Helvètes jonglent aussi avec la poisse. Les centièmes ne parlent pas en leur faveur. C'est ainsi que Lara Gut a échoué qu'au pied du podium du super-g féminin. Pareil pour Didier Cuche, dont le haut de parcours trop lent sur le super-g masculin, lui a coûté une médaille. Est-ce parce qu'il est sponsorisé par Ovomaltine que le Neuchâtelois se retrouve chocolat?


Quatrième ce matin, le mythique «Kuke» aura l'occasion de se reprendre samedi matin en descente.  C'est ce que souhaite l'ensemble des fans helvétiques, qui ne se remettraient pas d'un «fanny» aux accents bavarois. La Fédération a-t-elle seulement songé un seul instant à repartir de «GaPa» les poches vides? Une telle issue aurait certainement de lourdes conséquences.

04/02/2011

La ruée vers l'or

Garmisch-Partenkirchen reprend le flambeau. Deux ans après avoir pris leurs quartiers à Val-d’Isère, c’est en Allemagne, cette fois-ci, que les Mondiaux de ski alpin posent leur chapiteau. Deux semaines durant, la station bavaroise sera la Mecque du Cirque blanc, afin de redistribuer les lauriers glanés voici vingt-quatre mois en France. Avec, en vedette principale, la «régionale de l’étape» Maria Riesch, qui devra assumer la lourde pression pesant sur ses épaules. La double médaillée olympique de Vancouver en ayant vu d’autres, elle devrait pouvoir gérer l’attente de ses compatriotes.

Et puis, la grande blonde n’est pas la seule à attirer la lumière. Un an après les JO, c’est d’abord une équipe d’Autriche masculine qui doit se reconstruire à Garmisch. L’expérience canadienne d’il y a douze mois avait fait éclater un véritable malaise au sein de la «Wunderteam». Revenus chez eux les poches vides, Benjamin Raich et ses camarades avaient suscité l’ire de la presse locale et la colère des pontes de la Fédération. Jamais, de toute son histoire, le ski autrichien n’avait subi une telle désillusion, ne parvenant même pas à s’offrir une breloque de bronze! Toni Giger, le grand patron d’alors, qui déclarait avoir «reçu la peine maximale», avait gentiment été prié de céder son poste. «Muté» à un autre étage de l’alpin national, il a dans l’enchaînement été remplacé par son compatriote Mathias Berthold, qui venait d’empiler des résultats satisfaisants avec l’équipe d’Allemagne féminine.

Autant dire que Garmisch-Partenkirchen fait figure de véritable test pour nos voisins, bien désireux de retrouver leur flamme dans les grands compétitions. Au vu des performances signées depuis le début d’exercice, le flop de Vancouver ne devrait pas se reproduire. Pour les athlètes suisses, il n’en est revanche pas question de rachat cette année, mais bien de confirmation. Vainqueurs du tableau des médailles à Val-d’Isère avec un total de six (deux titres, trois d’argent et une de bronze), les Helvètes avaient ensuite réalisé la passe de trois une année plus tard aux Jeux Olympiques (l’or pour Défago et Janka, le bronze pour Zurbriggen), voyant de leur côté les femmes manquer les podiums.

Quid cette année? En dépit des soucis connus par la délégation masculine, le boss Urs Lehmann persiste et signe: «Nous espérons faire aussi bien qu’il y a deux ans», affirme-t-il. Malgré les absences de Didier Défago et de Nadia Styger, blessés, l’ancien champion du monde 1993 croit en les siens. Avec Cuche, Janka et Zurbriggen d’un côté, ainsi que Gisin, Gut et Suter de l’autre, les arguments ne manquent pas, mais on sait également l’incapacité crasse des Suisses à se transcender, même si les éditions d’Are 2007 et de Val-d’Isère 2009 ont eu tendance à tordre le cou à cette réputation.

En ajoutant encore les outsiders Berthod, Grünenfelder et Viletta chez les hommes ou Kamer chez les dames, rien n’est impossible. Mais tout de même; il ne faut pas s’attendre à ce que le drapeau rouge à croix blanche trône au sommet du tableau des breloques. Ce d’autant plus que, derrière l’Autriche, l’escouade américaine - emmenée par la quasi intouchable Lindsey Vonn - fera étalage de tout son «fighting-spirit», que les Italiens peuvent tirer leur épingle du jeu et que les Français sont loin d’avoir dit leur dernier mot.

Une chose apparaît toutefois certaine à quelques heures du départ du super-g dames, épreuve inaugurale des Mondiaux: cette cuvée 2011 devrait être littéralement passionnante. Mais qui donc en sera le héros?

02/01/2011

La Suisse qui gagne, un concept qui peut durer?

Tiens, l’an neuf a apporté son lot de victoires au sport suisse. Il a suffi de passer d’une année à l’autre pour que le 1er janvier fasse sauter la banque. Simon Ammann impose son magnifique style au bas du tremplin de Garmisch et Dario Cologna règle ses compagnons fondeurs sur la ligne d’arrivée d’Oberstdorf. D’une pierre, deux coups. Et l’hymne suisse de résonner aussi fort que les vœux pour la nouvelle année.

Mais, attention, cet événement n’est pas forcément annonciateur d’un exercice 2011 faste. On veut bien qu’il ait démarré en fanfare, mais la Suisse qui gagne, ce concept né hier, peut-il raisonnablement durer? On aimerait y croire, mais…

En même temps, la nouvelle année laisse assez de place aux athlètes de nos contrées pour briller. Ce ne sont pas les défis qui manquent, même s’il n’y a pas de Jeux Olympiques à l’horizon.

Si Ammann peut boucler la Tournée des Quatre-Tremplins au soir du 6 janvier et devenir le roi mage du saut à ski, si Cologna est capable de s’offrir pour la deuxième fois de sa carrière le Tour de ski, leurs compatriotes ne seront certainement pas en reste dans les douze mois à venir.

Le prochain à être sur le pont n’est autre que Roger Federer. Dans sa course vers un retour au sommet du tennis mondial, le Bâlois ne doit surtout pas se rater dans deux semaines à Melbourne, où il défendra le dernier titre du Grand Chelem qui lui reste. C’est surtout entre mai et juillet, période durant laquelle il aura moins de points à perdre que son rival Nadal, que le Bâlois pourrait redevenir le roi. Et, au passage, le plus grand de l’histoire.

On parle de Federer, mais on pourrait aussi évoquer les skieurs. Alors que Zurbriggen épate son monde au sommet du classement général – s’il ne craque pas, ce sera l’exploit du siècle -, les Mondiaux débutent dans moins de quarante jours à Garmisch. Sur la terre de Maria Riesch, qui sera attendue par tout un peuple, les Helvètes peuvent-ils faire aussi bien qu’à Val-d’Isère voici deux ans? En l’absence de Didier Défago, champion olympique de descente, les regards seront tournés vers les spatules de Didier Cuche, qui demeure le véritable leader de cette équipe de Suisse. Derrière le Neuchâtelois, quid de Carlo Janka, dont on dit la santé précaire? Que peuvent faire les autres, dont Grünenfelder et Zurbriggen, vainqueurs durant cet hiver? Et les Gini, Kueng et autre Viletta? On attend de voir, mais le mois de janvier, riche en compétitions (dont plusieurs slaloms) nous apportera des réponses sur la forme de chacun.

Au rayon féminin, Lara Gut cherchera à faire taire les critiques. La géniale Tessinoise a les moyens de ses ambitions, même s’il est bon de rappeler qu’elle revient de loin et qu’il faut encore lui laisser du temps. Dans son sillage, le trio Gisin-Kamer-Suter peut viser une breloque.

Si les sports d’hiver ont toujours la cote, n’oublions pas non plus les «footeux» d’Hitzfeld. Alors que le sélectionneur affiche un optimisme presque béat dans le journal de l’ASF («Hop Suisse!»), le feu est orange pour sa troupe, bien mal embarquée dans les éliminatoires de l’Euro 2012. Seul un cru 2011 sans tache pourrait lui permettre de redresser la barre. On ne parle pas de ce match amical du 8 février à Malte, mais plutôt du déplacement du mars à Sofia et du voyage de juin vers Wembley. Deux rencontres à ne pas perdre. Ou, plutôt, à gagner. Une mission impossible? C’est ce que tout le monde pense, mais «Gottmar» doit justifier son surnom. Même si, on le sait déjà, il ira jusqu’aux éliminatoires de la Coupe du monde 2014 avec la Nati.

La Suisse qui gagne, le concept évoqué plus haut, ne concerne peut-être pas vraiment l’équipe nationale A de football, mais elle pourrait davantage toucher les M21 ans. Qualifiés pour l’Euro au Danemark, les joueurs dirigés par le Tessinois Pierluigi Tami auront leur mot à dire en juin. Plongés dans un groupe à leur portée (Bélarus, Danemark et Islande), ils peuvent imiter leurs prédécesseurs de la volée 2002, demi-finalistes à la maison. Voire faire aussi bien que les M17 ans, champions d’Europe en 2002, au… Danemark. Vous y voyez un signe encourageant? Moi aussi!

Ne reste plus, désormais, que les autres athlètes helvétiques, prennent le bon pli. Sur le plan individuel, on pense à Sébastien Buemi (Formule 1) et à Ariella Kaeslin (Gym), mais aussi, collectivement, aux cyclistes – il ne faut plus que Cancellara soit le chêne centenaire cachant la forêt – et aux hockeyeurs, bien désireux de connaître une demi-finale mondiale.

La Suisse qui gagne? On en reparle dans douze mois!