21/07/2012

Thomas Voeckler, animateur mal-aimé

 

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Au cœur d'un été verrouillé à double tour par le Team Sky, il a été le grand animateur de la 99e édition du Tour de France. Comme il le fut de la précédente et de tant d'autres depuis qu'il s'est révélé en 2004 - son maillot de champion de France sur les épaules, transformé l'espace de quelques jours en maillot jaune.

Thomas Voeckler, vainqueur de deux étapes et maillot à pois en 2012, est une bénédiction pour le peloton, l'un des derniers coureurs mû par un véritable panache. Alors bien sûr, ses mimiques, sa manière de parler et l'image que donnent de lui certains médias - homme exemplaire, papa poule, voire héros national... - a le don d'en irriter plus d'un, mais ses numéros, une fois son vélo enfourché, rappellent les belles épopées d'antan.

Coureur le plus populaire de l'Hexagone, sur les traces du Richard Virenque de 1997 ou du Laurent Jalabert 2001-2002, l'Alsacien jouit pleinement de ses succès actuels. A 33 ans, il prétend même être dans les plus belles années de sa carrière, à l'heure où d'aucuns commencent à lever le pied. Sa réussite fait pourtant le désespoir de nombre de ses adversaires. Rebaptisé «Fuckler» par certains coureurs maîtrisant l'anglais, il est conscient d'irriter son monde. «90% du peloton ne m'aiment pas», glissait-il avec lucidité au mois de mars dernier dans L'Equipe.

Quatre mois après, «Ti-Blanc» n'a certainement rien entrepris pour se faire davantage apprécier. Au-delà de ses franches attaques et de son franc-parler, c'est son attitude dans le sillage de Kessiakoff pour s'assurer le maillot à pois lors de la 17e étape qui lui a valu quelques commentaires acerbes. Mais, pour une fois, le coureur d'Europcar s'est montré calculateur. On ne pourra pas le lui reprocher.

A l'heure où le peloton s'apprête à rentrer à Paris, à l'heure où, pour la première fois de sa carrière, l'Alsacien s'apprête à défiler sur les Champs-Elysées lors de la cérémonie protocolaire, on ne peut qu'espérer que Voeckler rime avec eau claire. Subsiste un doute, amplifié par les suspicions de dopage révélées par la presse avant la Grande Boucle. «Je ne veux pas être le baromètre de la propreté du peloton», disait le coureur l'an dernier. Comme pour laisser le public s'interroger.

 

 

18/07/2012

Schleck en blanc?

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Chaque année, le Tour de France nous sert sa soupe. Celle-ci est désormais refroidie. Le fameux «Tour du renouveau», expression balancée à tire-larigot depuis 1999, a connu une nouvelle sortie de piste hier avec le départ de Fränk Schleck, contrôle positif à un diurétique. C'est, pour ainsi dire, la caque pour la Grande Boucle, déjà marquée une semaine plus tôt par l'arrestation de Rémy Di Gregorio, le Marseillais qui se rêvait en «nouveau Virenque».

Aujourd'hui, soit au lendemain de l'abandon forcé du Luxembourgeois se pose tout de même la question de sa véritable culpabilité dans l'affaire. Il se trouve en effet que le produit incriminé n'est pas un dopant à proprement parler. Et que, pour une fois, on serait presque tenté de croire le coureur qui prétend forcément être tout blanc dans l'affaire. L'aîné d'Andy a dit oui à l'idée d'analyser son échantillon B. On saura dans quelques heures s'il est effectivement à clouer au pilori. Comme tous les autres, ou presque.

Schleck tout blanc, c'est l'idée que certains s'étaient faite d'un nouveau cyclisme. Celui-ci n'existe peut-être pas. Ou alors il reste à deux vitesses. La force collective démontrée par le Team Sky, qui n'est pas sans rappeler la triste domination passée de l'US Postal emmenée par un certain Lance Armstrong, a assez agité le landerneau depuis le 30 juin pour que la suspicion ne revienne en masse sur les traces de la caravane. Bradley Wiggins amène certes quelque chose de nouveau sur ce Tour (du... renouveau?), mais ses favoris ne font pas que des heureux.

Dimanche à Paris, c'est toutefois lui qui paradera en jaune et contre tous. Aux Champs-Elysées, il n'y aura pas de Schleck pour l'applaudir. Même si Fränk venait à être blanchi, son nom est à jamais terni. Contrairement à celui d'Armstrong, plus grand truqueur de l'histoire du sport, passé aux travers des mailles du filet dix ans durant...

06/02/2012

Contador: l'honneur est sauf...

Ouf, l'honneur est sauf. Enfin, à peu près. Ce matin, Alberto Contador, client préféré des bouchers, a écopé de deux ans de suspension suite à son contrôle antidopage positif au clenbutérol. Bien sûr, il aura presque fallu attendre autant de temps pour connaître le verdict de cette affaire que l'on croyait sans fin, mais elle démontre combien le cyclisme tient - lentement mais sûrement - à redorer un tant soit peu son image.
Attrapé la main dans le «sacre» après avoir remporté le Tour de France 2010, l'Espagnol se voit ainsi destitué de ce succès et de sa victoire au Giro 2011. Les trois juges du Tribunal arbitral du sport (TAS) ont balayé les arguments de Contador, qui disait avoir consommé un morceau de viande contaminé. Sa défense, fumeuse, n'a convaincu personne. Résultat: ce verdict fait le bonheur d'un «loser»: Andy Schleck, 2e en 2010, récupérant le titre de «vainqueur du Tour de France». Et de Michele Scarponi, nouveau lauréat du Tour d'Italie de l'an passé.
Seul bémol à cette suspension de deux ans, elle ne s'étalera que jusqu'au 5 août 2012, puisque le TAS l'a datée à compter du 25 janvier 2011, tout en y incluant les six mois purgés précédemment à titre conservatoire.
Cet été, Contador ne pourra par conséquent ni prendre part à la Grande Boucle ni aux Jeux Olympiques. Il devrait donc se focaliser sur la Vuelta et les Championnats du monde. A moins que cette suspension ne le pousse à raccrocher son vélo?

14/09/2011

Djokovic. Une chance pour le tennis, vraiment?

 

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Les gens n'ont sans doute pas fini de s'extasier devant les performances de Novak Djokovic. Avec notamment trois Grands Chelems accrochés à son tableau de chasse et seulement deux défaites concédées cette saison, le tennisman serbe vit sur un nuage, porté qu'il est par les fruits sucrés de la réussite. Après tout, un homme se nourrit de victoires. Et comme l'appétit vient en mangeant, on doute que son règne s'achève demain matin...

Largement supérieur à Rafael Nadal lundi lors de la finale de l'US Open, le numéro 1 mondial a donc mis un point final à son exercice 2011 dans les tournois majeurs. Finalement, seul Roger Federer, magnifique au mois de juin, lui a barré la route d'un inespéré Grand Chelem. Ouf, on l'a échappé belle!

Car oui, on peut le dire, on se demande parfois si l'avènement définitif de Novak Djokovic est véritablement une chance pour le tennis mondial. Connu pour ses simulations d'antan, l'homme joue les démago pour faire oublier un passé sulfureux. Lundi, il a encore dû avoir recours à un «temps-mort médical» pour freiner le numéro 2 mondial, alors que celui-ci semblait en passe, peut-être pas de retourner la situation, mais de l'inquiéter plus sérieusement dans une finale interminable. «J'avais la possibilité de prendre cette pause. J'avoue, ça m'a aidé dans ce quatrième set», a-t-il avoué en conférence de presse.

«Djoko» n'en est pas à son coup d'essai. Il y a quelques mois encore, d'aucuns, dont Tomas Berdych ou encore Andy Roddick, s'étaient plaints de le voir simuler des pseudo-crises avant qu'il ne ressuscite. S'ajoute à cela la récente «affaire» du caisson hyperbare, dont le Serbe s'abreuve pour améliorer ses performances. Après tout, qui peut croire qu'un régime sans gluten vous fait passer du jour au lendemain de l'étiquette de numéro 3 vacillant au statut d'impérial numéro 1 mondial?

Le débat n'est peut-être pas là, mais il se trouve en tout cas dans les yeux rageurs, voire illuminés de l'intéressé. Dans ses moments de joie reflètent une haine rarement aperçue sur les courts de tennis. Une morgue. Comme s'il en voulait à la terre entière. Que ceux qui osent le comparer à John McEnroe revoient leur copie!

Après, ses amoureux tressent les louanges du Djokovic imitateur. Ils en oublient le provocateur, le patriote, voire le démago, qui affiche une casquette des pompiers de New York après avoir gagné l'US Open. Un jour peut-être, il faudra que quelqu'un lui rappelle qu'il en fait trop, beaucoup trop. Le monde du tennis n'a pas besoin de ça!


 

02/09/2011

Le "hic" de Djokovic

La révélation par le Wall Street Journal, relayée aujourd'hui dans les colonnes du Matin, du fait que Novak Djokovic doive une partie de ses performances à l'utilisation d'un caisson hyperbare peut choquer les novices. Oui, cela peut s'assimiler à du dopage. Mais d'aucuns, à tort ou à raison, viendront affirmer que, pour bien jouer au tennis, il faut d'abord disposer d'une technique au-dessus de la moyenne. Comme en football, évidemment. On ne peut dire le contraire, mais tout de même: sur un nuage depuis neuf mois, le Serbe a franchi la limite, les limites.

Il a beau relativiser les effets de son fameux caisson, cette affaire met quelques teintes grisâtres à ses dernières performances. Oui, «Djoko» est solide comme tout sur un court grâce à un bras phénoménal. Mais aurait-il pu battre autant de records et aligner une telle série sans l'appui d'une «machine» susceptible de donner un sacré coup de boost à toutes les performances? On peut aujourd'hui légitimement en douter. La nuit dernière, Berlocq a été mangé en deux coups de cuillère à pot. Cette défaite n'est due, effectivement, qu'au talent de son adversaire. Mais c'est ensuite, à partir des huitièmes de finale sans doute, que Djokovic - qui pourra alors s'appuyer sur la «caisse» hyperbare de son ami et logeur Gordon Uehlin - devrait faire la différence physiquement.

Le monde du tennis, jamais aussi fort que pour cacher les «petites affaires» ne s'offusque pas des révélations touchant son numéro 1 mondial. Et dire que, pour autant, Lance Armstrong avait reçu une flopée de critiques voici dix ans...