02/07/2012

Mon équipe-type de l'Euro 2012

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30/05/2012

Ben Arfa, ce cas à part

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C'est une énigme, forcément, du groupe France emmené à l'Euro par Laurent Blanc. A 25 ans, Hatem Ben Arfa promène certes derrière lui une déjà longue carrière, mais il s'apprête seulement maintenant à prendre part à son premier grand événement. L'Euro 2008 lui avait filé sous le nez après qu'un hélicoptère soit venu le repêcher à Tignes. La Coupe du monde 2010, il l'avait également regardée à la télévision. «Tant mieux, avait-il confié plus tard, car vu ma réputation on m'aurait certainement placé parmi les premiers mutins de Knysna.»

Deux ans après sa non-sélection pour l'Afrique du Sud, le Parisien commence à sortir du brouillard, mais il est toujours suivi par une étiquette de «caractériel» qui ne devrait jamais lui échapper. Sa longue traversée du désert semble toutefois terminée. Reste qu'il ne faut pourtant pas aller trop vite en besogne quand on connaît l'intéressé. Lui promet s'être assagi, avoir mûri et se dit même épanoui dans sa vie privée. On peut, on doit le croire, car il mérite une nouvelle chance, mais «HBA» est un personnage à prendre avec des pincettes. «La flamme que j'ai en moi m'accompagnera jusqu'au bout, lâche-t-il ce mois-ci dans les Inrockuptibles. Il faut juste que j'arrive à la canaliser pour en tirer profit sur le terrain.»

Là est désormais la plus grande mission de celui qui a longtemps été considéré comme la plus belle promesse du foot français devant ses camarades de promotion Benzema, Ménez ou Nasri. «C'était le plus talentueux de la génération 1987», avoue d'ailleurs le sélectionneur des «Bleuets» de l'époque Philippe Bergeroo.

Emmené par Blanc dans ses bagages alors qu'il n'avait été convoqué qu'à une seule reprise en deux ans (c'était en août 2010 en Norvège et il avait marqué le seul français du match), l'ancien joueur de Lyon ne devrait pas être titulaire, mais il devra saisir chaque minute de jeu offerte par le sélectionneur. Histoire de faire taire les sceptiques. Histoire de donner raison à Alan Pardew, son entraîneur à Newcastle, qui avait dit de lui qu'il avait de l'or dans les pieds.

C'est peut-être vrai, finalement, mais le talent n'est parfois pas grand-chose s'il n'est pas allié à une tête bien faite. Capricieux, colérique, peut-être même mal conseillé, Ben Arfa a, en huit ans de carrière pro, beaucoup alimenté la chronique par un comportement «borderline». On se souvient notamment de ses conflits avec Aulas et Houllier à Gerland, ainsi que de ses fâcheries avec Gerets à Marseille. Le joueur prétend que ce n'est plus que du passé. «J'ai évolué, j'ai grandi. Je n'ai plus 20 ans. J'ai 25 ans aujourd'hui et je suis plus fort qu'avant.»

L'Euro, vitrine par excellence y compris pour les talents en déshérence, est l'occasion ultime pour se relancer. Après tout, le meilleur espoir de la saison 2008 de Ligue 1 n'a pas pu se perdre aussi rapidement que son désormais ex-camarade en Bleu Yoann Gourcuff. Après avoir manqué son pari avec le Breton, Blanc s'emploie à le gagner avec Ben Arfa. Peut-être sortira-t-il de son chapeau une association «Ben-Benz» (Ben Arfa-Benzema) pour que, clin d'œil du destin, l'avenir de la France soit assuré par un tandem originaire de Tunisie et d'Algérie.

29/05/2012

Gourcuff, le coup de bluff manqué de Blanc

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C'est en camionnette blanche nous dit-on et non pas en hélicoptère comme ses compatriotes de 2008 que Yoann Gourcuff a quitté l'équipe de France. Le joueur de l'Olympique Lyonnais a été rayé de la liste de Laurent Blanc au dernier moment. Mapou Yanga-Mbiwa aussi, mais, paradoxalement, la mise à l'écart du défenseur de Montpellier surprend moins l'opinion publique.

A dire vrai, le coup de bluff du sélectionneur français n'a pas marché. Amoureux fou de son ancien protégé à Bordeaux, le «Président» pensait pouvoir le relancer en dépit d'une saison catastrophique, qui succédait déjà une autre sans éclat. Une semaine durant, le Breton a cru pouvoir saisir sa chance. C'était peine perdue. Au cœur du jeu des «Bleus» dimanche soir contre l'Islande, sa prestation a été insipide, sans éclat. Les quelques jours intenses suivis avec Tiburce Darou - l'ancien préparateur physique de la... Star Academy - se sont avérés insuffisants.

Gourcuff est le fantôme du joueur éclatant, qui avait illuminé de toute sa classe la saison 2008/2009 de Ligue-1. Son rayonnement avait permis aux Girondins de devenir champions de France. Ses coups de patte et sa vista avaient sauvé la nation lors d'un périlleux déplacement en Roumanie. Aujourd'hui, d'aucuns parmi les plus grands spécialistes - il suffit d'aller voir les comptes Twitter de certains journalistes français - en viennent à se demander si, à l'époque, ce n'étaient pas des hallucinations qui les avaient poussés à voir en lui un successeur de Zinedine Zidane.

Alors bien sûr, l'absence du Gourcuff de 2012 n'est pas un problème pour la France. Mais celle-ci se serait enthousiasmée d'avoir en son sein le Yoann de 2009. Or, après avoir perdu tout son niveau et avoir été, psychologiquement parlant, l'une des pires victimes de Knysna, le Breton est miné. Et c'est à se demander s'il redeviendra, un jour, cet élément qui faisait se lever des foules aux quatre coins de l'Hexagone.

S'il y parvient, sûr que la Ferrari remplacera la camionnette blanche...

 

26/05/2012

Barnetta, le joyau qui fait briller la Suisse

 

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Tiens donc, la Suisse sait gagner des matches! Mieux encore, elle sait marquer. Et plutôt cinq fois qu'une! Sa fin d'après-midi, aussi irréelle et rayonnante que la météo du jour, a été ponctuée par son excellente prestation contre une Allemagne B.

Victorieuse 5-3 d'une "Mannschaft" qui n'était certes pas toujours à son affaire, la troupe d'Ottmar Hitzfeld s'est partiellement rassurée à quelques semaines des éliminatoires du Mondial 2014 - un rendez-vous qu'elle ne pourra se permettre de manquer. Non, elle n'est pas un fantôme incapable, tel qu'on avait pu le croire au Pays de Galles ou au Luxembourg en fin d'année dernière. Oui, elle sait, quand elle le veut, utiliser les espaces, manier le ballon et proposer du beau football. Ce samedi, elle est arrivée sur le terrain avec des idées et des schémas de jeu qu'on ne lui avait jamais connu avec l'Allemand à sa tête.

Du coup, près de 60 ans après son dernier succès contre sa voisine d'outre-Rhin, elle a signé une performance que les livres d'histoire retiendront. Après, il ne va pas falloir s'enflammer plus que de raison dans les jours qui suivront cette victoire. Laquelle demandera confirmation dès mercredi contre les Roumains.

Ne nous emballons donc pas, tant il est vrai que, face aux hommes de Löw, les Suisses ne disputaient qu'une rencontre de préparation en vue d'un Euro auquel ils ne... participeront pas. Tant il est vrai, aussi, que ce n'est que leur première vraie bonne performance depuis exactement 11 mois et 2 semaines, mais tout de même, il y a un peu de fierté de les voir jouer ainsi.

11 mois et 2 semaines, écrivions-nous. Soit depuis leur périple à Wembley, achevé par un 2-2 arraché contre l'Angleterre. A l'époque déjà, comme tout à l'heure à Bâle, les Helvètes avaient entamé leur match en prenant rapidement deux longueurs d'avance sur leur adversaire. A l'époque déjà (et surtout), la Suisse avait dû son salut à un joyau nommé Tranquillo Barnetta.

Car, ne nous y trompons pas, c'est bien lui l'homme-clé du système d'Ottmar Hitzfeld. Quand le Saint-Gallois de naissance est là, le drapeau rouge à croix blanche peut briller. L'homme a un talent fou. On s'en était aperçu à l'Euro M17 en 2002. On en avait rapidement eu confirmation par la suite chez les pros. Ceci avant que les blessures ne viennent pourrir sa carrière.

Aujourd'hui, on espère que l'intéressé est arrivé à la deuxième phase de sa carrière, tout aussi brillante que la précédente mais épargnée par les pépins physiques. "Quillo", qui n'a que 27 ans, a encore un long chemin de footballeur pro à parcourir. Lui qui est à la recherche d'un contrat en vue de la saison prochaine - il a en effet décidé de ne pas renouveler son bail au Bayer Leverkusen - s'est offert la plus belle des publicités cet après-midi en distillant trois assists. Et en se montrant également vivace comme à ses plus beaux jours, très actif sur la pelouse bâloise.

Barnetta a entraîné dans son sillage la plupart de ses camarades de vestiaire. Même Gelson Fernandes a fait de belles choses - il aurait même pu marquer, la barre renvoyant son coup de tête à la 88e. Même Gökhan Inler a fait preuve d'une justesse de jeu qu'on ne lui connaissait pas sous le tricot national. Son assist sur le 4-2 signé par Lichtsteiner est assez exceptionnel. Serein en phase défensive et percutant dans ses montées, le latéral de la Juventus a pour sa part confirmé son excellent exercice 2011-2012, durant lequel il n'a connu qu'une seule fois la défaite en club. Lui aussi est une grosse satisfaction.

Comme, évidement, Eren Derdiyok et Admir Mehmedi, buteurs rusés qui ont enfin brillé sous le tricot national. Le premier cité quittera également le Bayer au mois de juin. Il a choisi de poser ses crampons à Hoffenheim. Gageons qu'il parviendra à faire taire les critiques dont il a été la cible en Suisse allemande et outre-Rhin tout au long de la saison écoulée. Mehmedi, quant à lui, a perdu sa place à Kiev, mais il a un vrai potentiel.

Dans cette Suisse du 26 mai 2012, il y avait donc, vous l'aurez compris, du positif. A ce titre, on retiendra encore l'excellente combinaison qui a amené le 5-3. Mais, surtout, le retour au sommet de Barnetta. On espère désormais que le milieu de terrain saura y rester. Histoire que la Suisse l'y rejoigne pour espérer aller chercher un ticket à destination du Brésil.

23/05/2012

Alors, EURO?

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17 jours. Voilà ce qui nous sépare du coup d'envoi de l'Euro 2012. Et, paradoxalement, plus l'événement approche, moins on ressent quelque engouement ou quelque passion autour de celui-ci. La collection Panini n'a pas semblé faire plus de ravages que cela et les magazines de présentation s'essoufflent. Est-ce à dire que le grand public est gavé de grands événements footballistiques?

La question est posée à l'heure où les sélections se lancent dans leurs derniers préparatifs et comptent leurs blessés. Ici, Patrice Evra promet qu'il n'a plus rien à voir avec le «mutin de Knysna», là Arjen Robben est sifflé par le public et, ailleurs, les sélectionneurs se triturent les méninges pour réduire leur effectif respectif à 23 unités.

En Suisse, l'Euro paraît loin, très loin. Peut-être parce que la troupe d'Ottmar Hitzfeld n'y est pas. Peut-être aussi car la Pologne et l'Ukraine ne sont pas les destinations les plus excitantes pour une telle compétition. Reste qu'on attend de voir ce qui se passera le 8 juin lorsque le match d'ouverture (Pologne-Grèce) aura été disputé pour mesurer si la fièvre prend autour de l'Euro.

Le 9 juin déjà, un certain Allemagne-Portugal devrait enflammer les foules. Le lendemain, l'Espagne et l'Italie croiseront le fer. Oui, même si, au jour d'aujourd'hui, l'événement ne draine pas les passions, il y a fort à parier que la ferveur sera terrible dans moins de 20 jours. Rappelons que les belles affiches ne manquent pas. Outre celles déjà citées, on rappellera les chocs France-Angleterre (11 juin), Pays-Bas-Allemagne (13 juin), Suède-Angleterre (15 juin) ou encore un Italie-Eire (18 juin), cher à Giovanni Trapattoni.