14/01/2012

Le "bon coup" de Beat

Voilà le bon coup de Beat! Celui, en gros, que tout la Suisse attendait. Feuz, révélation de la saison dernière et roi du coup d'éclat, a remis ça. Et pas n'importe où. A Wengen, paradis du skieur, le Bernois aux joues rouges a dynamité la Coupe du monde pour remporter son troisième succès après la descente de Kvitfjell en mars et le super-g de Val Gardena avant les fêtes. Il l'a fait à la manière d'un vieux briscard, malgré ses 24 ans.

L'exploit, puisque c'en est un, relègue aux oubliettes l'échec de Didier Cuche. A presque 38 ans, le Neuchâtelois a sans doute compris qu'il ne graverait jamais son nom au palmarès d'une épreuve sans pareil. Pas grave, dirons-nous, tant sa carrière s'est inscrite dans la légende du ski alpin. Mais, cet après-midi, l'intéressé doit tout de même avoir le cœur gros. Il n'aura jamais gravi sa «face nord de l'Eiger». Son regard noir, en tout cas, contrastait avec la joie intense de son cadet, nouvelle locomotive de Swiss-Ski.

De ce maelstrom de sentiments se dégageait l'impression qu'un véritable passage de témoin, qu'une passation de pouvoir s'était mis en branle au bas de la mythique piste helvétique. Reprenant le dossard rouge de leader de la spécialité, Beat Feuz s'ouvre un destin doré, emprunte les traces de son glorieux aîné.

L'incroyable ferveur de ce 14 janvier 2012 restera assurément dans la mémoire du «gamin». Même si, à seulement 24 ans, le Bernois peut espérer (se) dessiner d'autres grands moments, celui qu'il a vécu aujourd'hui à Wengen retentira pour l'éternité comme exceptionnel. Le ski suisse a beau péricliter dans les épreuves techniques, il reste au top en vitesse. Marc Gisin, le «petit frère de», l'a prouvé, lui qui, sans une grosse faute à l'entrée du Kernen-S, aurait tutoyé le podium. Et puis, autre bonne nouvelle, Carlo Janka, dos en compote et certitudes envolées, s'est "posé" au 4e rang. De quoi envisager l'avenir avec soulagement.

Un avenir qui se joue déjà dans une semaine. A Kitzbühel, son jardin extraordinaire, Didier Cuche, piqué qu'il est dans son orgueil, réalisera-t-il une nouvelle formidable partition, son camarade Feuz sur ses talons? C'est à espérer. Pour la beauté du geste, pour le plaisir des yeux.

14/02/2011

Des excuses pour Swiss-Ski?

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On ne va pas chercher trente-six excuses au ski suisse, mais force est de reconnaître qu’il est bel et bien accompagné par une sacrée poisse sur les pentes de Garmisch-Partenkirchen. Après deux Mondiaux fastes - en 2007 à Are et en 2009 à Val-d’Isère - les voici en retrait en Bavière.

A ce jour et après six compétitions, le compteur n’indique qu’une seule médaille, soit l’argent de Didier Cuche en super-g. C’est loin, très loin des ambitions initiales fixées par Urs Lehmann, le président de Swiss-Ski, lequel réclamait six métaux. Evidemment, dans la maison suisse, ce n’est pas les raclettes qui tournent à plein régime pour fêter ça, mais plutôt la soupe à la grimace. Ou la fondue… au chocolat.

Avec déjà quatre «places du con» dans leurs bagages, les Helvètes font encore plus fort que les Autrichiens lors des Jeux Olympiques de Vancouver. On pourrait tirer à boulets rouges sur leurs performances et se demander s’il ne faut pas tout changer dans les hautes sphères, mais ce serait là une grossière erreur. Après tout, il ne s'en est pas fallu de grand-chose pour que le bilan soit aussi faste qu'il y a deux hivers.

Les médailles à côté desquelles sont passés les Suisses ne se sont jouées que pour une poussière de centièmes. Certes, c’est le lot d’un sport comme le ski alpin, mais ces fameux centièmes ont si souvent été en leur faveur lors des deux derniers Championnats du monde qu’on ne peut pas les accabler cette année. «Il faut bien un quatrième», souriait (jaune) Lara Gut après son échec au pied du podium de la descente féminine. C’est juste. Comme il faut bien trois médaillés par épreuves. Peut-être que ceux-ci, en 2013 à Schladming et en 2014 à Sotchi, seront décorés d’un drapeau rouge à croix blanche. Et plus personne ne crachera dessus.