10/01/2012

Le Ballon... dort

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Ca y est. La cérémonie du Ballon d'or 2011 est passée. Logiquement, elle a sacré Lionel Messi meilleur joueur de la planète, malgré l'absence de deux titres majeurs à son palmarès. Mais, ce matin, le débat est ailleurs. Il se concentre d'abord sur ce qu'est devenu ce prix depuis que France Football, son créateur, a «vendu son âme au diable» en s'associant avec la FIFA.

Pour la deuxième année consécutive en effet, la remise du trophée est devenu un ramdam ultra-sécurisé, qui sent le fric à plein nez et les dérives du football. Les uns se bousculent sur la scène pour remercier tel ou tel personnage dans un discours ultra démago. Les autres se font des bises hypocrites sous les flashes des photographes.

Comme Messi, on se trouve sur une autre planète en suivant l'événement. Qui, en réalité, n'en est plus vraiment un.

Le charme des années passées, lorsqu'on apprenait le nom du lauréat en lisant le magazine français, au détour d'une interview bien ficelée, photos à l'appui, a disparu. Aujourd'hui, le vainqueur n'est plus accompagné de ses proches sur les clichés, mais de son entraîneur, de son agent, de ses adversaires, etc. Sur le moment, tous se frottent le dos. Pour mieux se poignarder sur le terrain et en coulisses quelques jours plus tard?

Et puis, au-delà de ça, en voulant réunir tout le monde à Zurich une fois par année, la FIFA s'est tiré une balle dans le pied. Les perdants ont-ils vraiment envie de passer une journée sur les bords de la Limmat pour se faire ridiculiser en mondovision? Les officieux Ballons d'argent et de bronze ne servent à rien. Si ce n'est à résonner comme des lots de consolation dont personne ne veut. Les absences de Cristiano Ronaldo et de José Mourinho hier soir illustrent bien cet état de fait.

Du coup, on ne se dit pas "vivement la cérémonie de janvier prochain"...! A moins que Shakira ne vienne y mettre le feu?

 

01/01/2012

ABC Foot 2011 (2/3)

E comme ETO’O . Le Camerounais se revendique proche du peuple, mais il est le symbole du foot-business qui nous horripile. Sa fin de carrière pue le fric à plein nez. Désireux, dit-il, de marquer l’histoire, il a pourtant filé à l’Anzhi Makachkala l’été dernier, pour un salaire royal de plus de 20 millions d’euros. Dans ce club russe aux moyens quasi illimités mais au football diamétralement opposé, qu’a-t-il donc à gagner sportivement? Rien, c’est sûr, mais l’intéressé, qui a en outre été suspendu à l’interne par les dirigeants de sa sélection, ne l’avouera jamais.

F comme FIFA . Sepp Blatter a eu le nez fin, en se faisant réélire à la présidence sans trop de souci, expédiant son seul rival, Mohammed Bin Hammam, au purgatoire. Le tout dans un grand mélange de suspicion, de rumeurs de corruption. La grande machine qui règne sur la planète foot continue de laver son linge sale toute seule et de faire jaser. Frondeur, Christian Constantin n’a pas abandonné son envie de les faire «tous tomber».

G comme GIGNAC . Il y a trois ans, il était la nouvelle perle du football français. Ses camarades le surnommaient même «Raymond», tant Domenech, alors sélectionneur, n’avait d’yeux que pour lui. Alors, André-Pierre Gignac brillait sous le maillot de Toulouse, se voyait faire très vite les beaux jours d’un grand club. En janvier 2012, l’intéressé n’est plus international, ne joue que les utilités à l’OM, un club qui cherche par tous les moyens à s’en séparer. Pis, «APG» s’est davantage illustré en insultant son entraîneur – Didier Deschamps – qu’en marquant des buts.

H comme HITZFELD . L’homme catalyse tous les maux du foot suisse. Personne d’autre que lui, actuellement, ne manie si bien la «Méthode Coué» dans le petit monde du sport helvétique. Une carte de visite longue comme le bras en club ne fait pas de vous un grand sélectionneur. En enchaînant les mauvais choix, en se montrant à la rue tactiquement, l’Allemand a manqué le coche de l’Euro 2012. On ne lui pardonnera pas un nouvel échec d’ici à 2014…

I comme INLER . Promu capitaine de l’équipe nationale par Hitzfeld, Gökhan Inler a vécu une grande année 2011. Simplement car il est devenu le footballeur suisse le plus cher de l’histoire, en passant de l’Udinese à Napoli. Véritable star en Italie, le Soleurois brille aussi en Ligue des champions, compétition dans laquelle il a propulsé les siens en huitièmes de finale. C’est beau, bien sûr, sauf que, sous le maillot de l’équipe nationale, Inler a été transparent. Du coup, une question revient, lancinante: est-il vraiment un grand footballeur, capable d’être un leader ou… un leurre?

J comme JUVENTUS . Les grands clubs, paraît-il, ne meurent jamais. La Juventus est la meilleure illustration de ce dicton. Premièrement revenu en Serie A après sa relégation sur le tapis vert en 2006, le club turinois a appris de ses erreurs et pris le temps de se reconstruire. Aujourd’hui, le voici capable de décrocher le titre national en fin de saison. Avec un Del Piero increvable, un génial Pirlo et un Suisse, Stephan Lichtsteiner, épatant sur son flanc droit.

K comme KOMBOUARE . On peut gagner des matches, devenir champion d’automne et prendre la porte. Antoine Kombouaré le sait mieux que personne, lui qui vient de se faire éjecter de son poste d’entraîneur du Paris Saint-Germain, alors que son désormais ex-club est en tête de Ligue 1. L’ancien défenseur apprend les règles du foot-business. Leonardo, son directeur sportif, voulait sa tête depuis le mois d’août. Mais, si le PSG n’est pas titré en mai prochain, c’est bien le Brésilien qui passera pour un incompétent.

L comme LULU . Ou, plutôt Lucien Favre, meilleur entraîneur suisse actuel avec Pierluigi Tami. Homme de tous les miracles, le technicien vaudois a remis Borussia Mönchengladbach dans la bonne direction, en réalisant prodige sur prodige et révélé plusieurs joueurs, dont le gardien Stegen et le milieu offensif Reus. Mieux, le club, au bord du gouffre quand il l’a repris en février dernier, est aujourd’hui sur le podium de Bundesliga. Hallucinant. Du coup, «Lulu» est adulé outre-Rhin, où il est considéré comme l’un des trois meilleurs entraîneurs du pays.

M comme MESSI . Le meilleur joueur du monde, sans aucun doute, emprunte les traces des plus grands, dont son illustre aîné Diego Armando Maradona. Génial, intouchable, magique, Messi n’a plus qu’à remporter un titre avec sa sélection pour entrer dans la légende pour l’éternité.

12/01/2011

Mourinho a raison

Elu lundi soir meilleur entraîneur la planète football par un jury composé des capitaines et sélectionneurs issus des 208 fédérations internationales ainsi que par quelques journalistes, José Mourinho, celui que l'on aime ou que l'on déteste (c'est selon), a savouré ce trophée à sa juste valeur. Mais sans trop en faire, en tenant d'abord à remercie les joueurs de l'Inter Milan qui, dit-il, lui ont permis d'être sacré.

C'est en toute modestie (eh oui) que le technicien portugais a célébré sa récompense. Sous les applaudissements nourris de Wesley Sneijder, l'homme qui méritait le Ballon d'or. Et juste après que Pep Guardiola, son homologue du Barça, lui eut tendu une molle poignée de mains.

S'il a pour habitude de voir juste sur le terrain, le «Mou» a également confirmé avoir l'analyse fine en dehors, dans les coulisses. C'est ainsi que, au cœur des salons feutrés du Palais des Congrès de Zurich, à l'heure de répondre à la question: «Auriez-vous voté pour vous comme entraîneur de l'année?», il a répondu: «Le problème, c'est qu'il est impossible de comparer le travail d'un entraîneur de club, comme moi, et celui de sélectionneur, comme le fait Vicente del Bosque (son dauphin au classement). En automobile, est-ce qu'on peut dire qui est le meilleur entre Fernando Alonso et Carlos Sainz? Non. Là, c'est pareil. En plus du trophée de meilleur entraîneur, il devrait y avoir un trophée du meilleur sélectionneur.»

Une fois de plus, Mourinho a raison. La FIFA et France Football doivent se pencher sur l'idée de créer un nouveau prix. On ne peut pas distinguer un homme qui suit ses ouailles au quotidien d'un autre, qui fait du repérage, des essais et ne doit les conditionner que sur des préparations de quelques heures.

Reste une certitude: même si le prix de sélectionneur de l'année avait déjà existé cette année, Ottmar Hitzfeld n'aurait pas été candidat (ok, ok, elle était facile)!

 

03/12/2010

FIFA: l'honneur est sauf!

La première fenêtre de l’Avent s’est ouverte sur une tempête de neige dont Genève se souviendra encore longtemps. La deuxième, elle, a débouché sur un pseudo-séisme footballistique. Si l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar n’est pas une véritable surprise, elle met en revanche encore un peu plus en lumière l’incurie des décideurs de la FIFA.

En nommant organisateurs deux des pays les plus corrompus au monde, l’organisation faîtière du football s’est tiré une balle dans le pied. Le Sepp Blatter marqué et fatigué apparu jeudi 2 décembre à Zurich, avait tout d’un vieux crabe en fin de règne. Mais, en donnant un coup de pouce au pays du Golfe, le Haut-Valaisan s’est pourtant assuré de ne pas devoir faire face à la candidature d’un Qatari pour la présidence de la FIFA dans les quatre années à venir. L’honneur, son honneur, est sauf. Celui de sa Fédération, en revanche…

 

17/11/2010

Le gag de la FIFA

Cela fait désormais plus de vingt-quatre heures que la Commission d’éthique de la FIFA est réunie pour dissiper les nuages entourant la puissante organisation. Comme dans un bunker, ses douze membres, son président et son président délégué sont censés rendre, demain matin, leur verdict au sujet des accusations de corruption et les soupçons de collusion entre pays candidats. Cette nouvelle est attendue par le plus grand nombre, mais il faut bien se rendre compte qu’elle pourrait accoucher d’une souris.

Surtout, et sans vouloir sombrer dans des constats hallucinants, il y a tout de même quelque chose qui me dérange dans toute cette affaire. Alors que ses membres nigérian et tahitien sont plus que soupçonnés d’avoir accepté de l’argent pour influencer le vote, la Fédération Internationale s’embourbe en confiant la décision de son futur à des personnages qui n’ont aucune idée du football!

Lorsqu’on voit le panel constituant sa Commission d’éthique, il y a toutes les raisons de s’interroger. Entre Ariel Alvarado (Panama), Roosje Suwae (Papouasie), Dali Tahir (Indonésie) ou encore Robert Torres (Guam), lequel est le moins crédible? Si des noms comme ceux de Rocheteau ou Sulser peuvent sauver la face de cet organe dépendant de la FIFA, il y a fort à parier que cette décision ne changera rien à l’avenir du ballon rond. Tous les efforts, même les plus stricts, peuvent être entrepris, l’argent restant le moteur du monde, la corruption, les pistons et les pots de vin resteront… monnaie courante.