20/07/2012

Yartey, la bonne pioche de Sochaux

 

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La rumeur, pas tout à fait absurde puisque des contacts ont vraiment existé, l'a longtemps annoncé du côté de Sion. Or, Ishmael Yartey s'est engagé jeudi soir avec Sochaux. C'est là une très bonne pioche pour le club doubiste. Le Ghanéen, qui fut sans conteste l'une des grandes satisfactions de la saison 2011/2012 de Super League, ne régalera donc plus le public suisse de ses beaux gestes techniques et de son audace. Joao Alves, qui aurait tant aimé le garder une saison supplémentaire au Servette, ne peut que le regretter.

Mais, dans le même temps, le technicien portugais peut tout aussi bien se réjouir de voir son ancien protégé, avec lequel il a noué une véritable relation de confiance, voguer vers des cieux peut-être plus cléments que le football suisse.

A Sochaux, un club qui a su sortir de très bons joueurs ces dernières années (Boudebouz, Martin, Ménez), le tout frais international des «Black Stars» va en effet se trouver dans un environnement idéal pour parfaire sa progression. Nombre d'Africains évoluant chez les «Lionceaux», son intégration devrait se passer sans le moindre accroc. Et, si le club du Doubs ne s'enferre pas dans des querelles internes comme ce fut le cas ces derniers mois, il pourrait bien trouver son compte avec «Ish» dans son système offensif.

A 22 ans, l'ailier gauche - qui appartient toujours au SL Benfica - est appelé à franchir de nouveaux paliers. Il en a les moyens. Sous le maillot grenat, il avait démontré de belles choses tout au long de l'exercice écoulé. Plusieurs clubs européens avaient d'ailleurs jeté un œil sur lui. Mais au lieu de Lille ou de Genk, c'est bien Sochaux, où un certain... Johann Lonfat avait brillé, qui a empoché le gros lot.

Sous la conduite d'Eric Hély, qui a remplacé avec brio Mecha Bazdarevic la saison dernière, Yartey peut remettre au goût du jour son surnom de «Ryan Giggs ghanéen». Certes, le trait est un tantinet exagéré, mais l'intéressé a ce «petit quelque chose en plus» qui peut lui permettre d'évoluer un jour encore plus haut. Une bonne saison en France peut parfois servir de tremplin vers les étoiles d'une compétition européenne. Ce ne sont pas Sonny Anderson, Stéphane Grichting ou Patrick Müller qui pourront prétendre le contraire.

18/07/2012

Ibra envoie Paris sur une autre planète

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Depuis moins de 24 heures, c'est, en France, la grosse nouvelle, celle qui fait couler de l'encre aux quatre coins du pays et déclenche des vagues de commentaires sur Internet. L'officialisation du transfert de Zlatan Ibrahimovic au Paris Saint-Germain - pour un salaire annuel avoisinant les 18 millions de francs suisses! - fait office de véritable séisme et relance l'intérêt pour la Ligue 1. Les Français se disent forcément qu'en accueillant une telle star dans leur championnat, l'avenir de leur football pourrait s'annoncer plus rose. Que d'autres grands joueurs pourraient un jour évoluer chez eux.

Cela reste à voir, bien sûr, mais le raisonnement n'a rien d'infondé. Au-delà de l'arrivée de la mégastar suédoise, c'est bien entendu le PSG qui se voit fondamentalement bouleversé. Depuis juin 2011 et l'arrivée des Qataris à sa tête, le club de la capitale vit une mue quasi sans précédent dans l'histoire du football. Cela ne plaît pas à tout le monde, évidemment, car dépenser pareillement en période de crise est logiquement mal vu.

Reste que, sous l'impulsion du directeur sportif Leonardo, les plus grands joueurs n'hésitent désormais plus à pointer leur nez au Parc des Princes. Même si Beckham, Higuain ou Kaka ont (auraient) refusé d'installer leurs crampons près de la Tour Eiffel, l'effectif s'est miraculeusement consolidé, densifié en quatorze mois.

Le PSG, maintenant, n'a plus rien d'un club français. Son entrée en matière début août dans la saison 2012/2013 contre le FC Lorient présentera un saisissant contraste. Face aux multimillionnaires, les «Merlus» d'Innocent Emeghara ne ressembleront pas à grand-chose. Sur le papier, en tout cas, car rien n'indique que la tirelire parisienne soit un gage de titres.

Le plus intéressant, finalement, sera de comparer le Paris Saint-Germain d'une année à l'autre. Le samedi 6 août 2011, le premier PSG des Qataris en match officiel - déjà aligné contre Lorient pour une défaite 0-1 - évoluait dans la composition suivante: Sirigu - Jallet, Bisevac, Sakho, Tiéné - Matuidi, Chantôme - Ménez, Néné - Hoarau, Gameiro. Douze mois plus tard, il devrait démarrer avec un onze de base qui, niveau réputation et talent, n'aurait plus grand-chose à voir:

Sirigu

Jallet, Thiago Silva, Alex, Maxwell

Sissoko, Thiago Motta, Pastore

Ménez, Ibrahimovic, Lavezzi

02/07/2012

Mon équipe-type de l'Euro 2012

http://euro2012.blog.tdg.ch/archive/2012/07/02/mon-equipe...

15/06/2012

Gattuso à Sion: un sacré coup!

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Le coup réalisé hier par Christian Constantin est assez énorme. Faire venir Gennaro Gattuso au FC Sion pour deux ans (ce que j'ai confirmé sur mon compte Twitter avant révélation des médias suisses), ce n'était pas à la portée de tout le monde. La gouaille et la force de persuasion de l'architecte d'Octodure permettent pourtant à l'Axpo Super League - qu'il faudra désormais baptiser Raiffeisen Super League - de posséder enfin en son sein une vraie vedette. Depuis quand le football suisse n'a-t-il pas eu de champion du monde dans ses rangs? Bien sûr, il y a eu Christian Karembeu, mais, avec l'Italien, on parle d'un «vrai» champion, d'un mec qui était clairement l'un des éléments de base de son équipe.

L'aboyeur fou est donc censé être valaisan pour deux ans. «Je suis venu pour concurrencer le FC Bâle», a-t-il d'emblée prévenu tout à l'heure en conférence de presse. A peine le pied posé sur sol suisse, «Ringhio» a relayé le discours présidentiel. Après une saison d'errance, il n'est plus question, pour les Sédunois, de voir l'ogre rhénan continuer de tout rafler.

Gattuso dit avoir eu un bon feeling avec Christian Constantin, affirme avoir trouvé son intérêt... sportif à rejoindre notre championnat. Pour trouver des signes de sa motivation, il n'y a pas besoin d'aller chercher très loin. Il suffit de rappeler que le Transalpin a annulé ses vacances dans le sud de l'Espagne pour reprendre l'entraînement aujourd'hui déjà afin de comprendre que l'envie est toujours là.

A 34 ans, le désormais ancien milieu de terrain de l'AC Milan - avec lequel il a remporté deux fois la Ligue des champions et deux fois le Scudetto - va également découvrir un nouvel entraîneur en la personne de Sébastien Fournier. Et, quand on plante le décor, on ne peut que penser que cette association entre le teigneux milanais et l'ancien terrible demi défensif pourrait être explosive. De là à dire qu'il s'agira d'une association de malfaiteurs...

Peut-être devrions-nous davantage parler d'association de bienfaiteurs pour le football romand et, par extension, helvétique. En attendant d'autres recrues potentielles, il est légitime d'espérer que Sion puisse pousser encore un peu plus le FCB dans ses derniers retranchements. Histoire que la Super League ne soit pas jouée dès le mois de décembre. Fournier et Gattuso; le duo devrait finir par se trouver. Entre coups de gueule et coups d'éclat, le vestiaire va sentir le soufre, mais dans le bon sens du terme. Avec deux gagneurs pareils, il y a fort à parier que ces Sédunois-là auront du cœur et de l'énergie à revendre. On s'en frotte déjà les mains.

29/05/2012

Gourcuff, le coup de bluff manqué de Blanc

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C'est en camionnette blanche nous dit-on et non pas en hélicoptère comme ses compatriotes de 2008 que Yoann Gourcuff a quitté l'équipe de France. Le joueur de l'Olympique Lyonnais a été rayé de la liste de Laurent Blanc au dernier moment. Mapou Yanga-Mbiwa aussi, mais, paradoxalement, la mise à l'écart du défenseur de Montpellier surprend moins l'opinion publique.

A dire vrai, le coup de bluff du sélectionneur français n'a pas marché. Amoureux fou de son ancien protégé à Bordeaux, le «Président» pensait pouvoir le relancer en dépit d'une saison catastrophique, qui succédait déjà une autre sans éclat. Une semaine durant, le Breton a cru pouvoir saisir sa chance. C'était peine perdue. Au cœur du jeu des «Bleus» dimanche soir contre l'Islande, sa prestation a été insipide, sans éclat. Les quelques jours intenses suivis avec Tiburce Darou - l'ancien préparateur physique de la... Star Academy - se sont avérés insuffisants.

Gourcuff est le fantôme du joueur éclatant, qui avait illuminé de toute sa classe la saison 2008/2009 de Ligue-1. Son rayonnement avait permis aux Girondins de devenir champions de France. Ses coups de patte et sa vista avaient sauvé la nation lors d'un périlleux déplacement en Roumanie. Aujourd'hui, d'aucuns parmi les plus grands spécialistes - il suffit d'aller voir les comptes Twitter de certains journalistes français - en viennent à se demander si, à l'époque, ce n'étaient pas des hallucinations qui les avaient poussés à voir en lui un successeur de Zinedine Zidane.

Alors bien sûr, l'absence du Gourcuff de 2012 n'est pas un problème pour la France. Mais celle-ci se serait enthousiasmée d'avoir en son sein le Yoann de 2009. Or, après avoir perdu tout son niveau et avoir été, psychologiquement parlant, l'une des pires victimes de Knysna, le Breton est miné. Et c'est à se demander s'il redeviendra, un jour, cet élément qui faisait se lever des foules aux quatre coins de l'Hexagone.

S'il y parvient, sûr que la Ferrari remplacera la camionnette blanche...