15/01/2012

La France du foot: triple A?

Tiens, et si le fameux club des cinq ne comptait finalement que quatre membres? Aujourd'hui, on peut en effet se poser des questions quant à la composition exacte de ce que l'on appelle traditionnellement les «meilleurs championnats européens». D'ordinaire, on glisse dans cette caste très fermée l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne, l'Italie et la France.

Or, ce dernier, depuis quelque temps déjà, commence à péricliter. Le jugement n'émane pas forcément du soussigné, mais bien de ses principaux observateurs. On se souvient des salves régulières que Pierre Menès envoyait lorsqu'il hantait le plateau de l'émission «100% Foot». On se rappelle aussi de la mission que la LFP avait confiée à Michel Hidalgo afin d'imaginer un scénario capable de dynamiser son championnat. A en croire l'actualité, la Ligue 1 serait un «championnat en bois», qui n'aurait plus de quoi faire jeu égal avec ses voisins.

Force est de constater que la sentence n'est pas dénuée de sens. Au niveau du spectacle, il est vrai que la France peine à s'emballer pour les dix matches qui «animent» ses journées. Les rencontres du dimanche sur Canal + - à moins que celle de tout à l'heure entre Marseille et Lille ne nous fasse taire - se terminent souvent sur des tristes 0-0. Du coup, la réputation de la L1 ne va pas en s'améliorant.

Cela se constate d'autant plus en coulisses, car, en débarquant à Paris au mois de juin dernier avec des milliards dans leurs bagages, les nouveaux propriétaires qataris du PSG pensaient pouvoir attirer les plus grands noms chez eux. Hélas, jusqu'à ce 15 janvier, on n'a vu que Pastore poser ses crampons au Parc des Princes. Les uns et les autres ont tous répondu «non» aux sirènes du club de la capitale. Pêle-mêle, Beckham, Benzema, Damiao, Kakà, Maicon, Pato et encore Tévez ont été annoncés comme tout proche d'un accord avec le PSG avant que celui-ci ne doive déchanter.

Si les stars refusent à présent de rallier la France, il doit y avoir une raison. Et elle ne s'appelle sans doute pas triple A.

06/03/2011

Lille de la... sensation

La presse sportive européenne se penche avec étonnement sur le fabuleux parcours du Borussia Dortmund, qui caracole en tête de Bundesliga et devrait sauf cataclysme succéder au Bayern Munich au palmarès national. Mais il est une autre équipe qui épate dans l’un des cinq plus grands championnats du continent: Lille.

Sans véritables vedettes dans son effectif, le groupe dirigé par Rudi Garcia est en train de filer tout droit vers le titre en Ligue-1. Ce qui constituerait son premier sacre depuis… 1954. Ce soir encore, le LOSC est allé imposer son jeu rapide et bien organisé sur la pelouse de Marseille (victoire 1-2), l’un de ses principaux rivaux. Parfois comparé à un Barcelone de seconde zone, le jeu des «Dogues» repose sur un football bien léché, dynamique et un collectif d’une extrême solidité.

S’ils n’ont évidemment pas de Messi ou de Xavi dans leurs rangs, ils peuvent en revanche s’appuyer sur un Mavuba énorme à la récupération et des milieux de terrain qui ne cessent de progresser (Cabaye, Hazard…). Ce cocktail fait trembler la Ligue-1, qui voit ses grands noms tels Bordeaux, Lyon ou Marseille s’essouffler.

Au stade Vélodrome, le LOSC n’a certes empoché les trois points qu’au cœur du temps réglementaire grâce à son joker de luxe Pierre-Alain Frau, mais il a, tout au long du match, fait mal aux Olympiens. Sans une erreur d’arbitrage (penalty oublié) et un réflexe stupéfiant de Mandanda, les Lillois auraient même pu faire la différence bien plus tôt dans la rencontre.

Ce soir, à douze journées de la fin du championnat, seul Rennes est encore sur les talons des hommes de Garcia (49 points chacun). Lyon et l’OM comptent un retard de quatre unités, alors que le PSG est déjà cinq points derrière.

Au petit jeu des pronostics, bien malins ceux qui avaient placé les Nordistes si haut dans le tableau à ce moment de la saison. Mais, pour une fois qu’un candidat crédible au titre de champion de France présente du beau jeu, qui pourrait s’en plaindre?