02/08/2012

Tramèr en or?

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Il y a une semaine, au moment de dresser une liste non-exhaustive des espoirs suisses de médailles, ils étaient plusieurs à se demander où situer Lucas Tramèr et le quatre poids légers. Sur le papier, l'embarcation helvétique avait bien entendu le profil d'une sérieuse prétendante à une breloque, mais les soucis de poignet récemment connus par le Genevois laissaient planer une incertitude sur ce que pourrait être son avenir olympique.

En deux courses rondement menées, l'intéressé et ses trois complices Gyr, Niepmann et Schürch ont pourtant vite balayé les doutes. Sur le plan d'eau d'Eton Dorney, tout le monde, désormais, les craint. Il faut dire que les Suisses ont su imposer le respect et, tout à l'heure sur le coup de 13 h 10, ils pourraient bien offrir au pays la toute première médaille d'une cuvée 2012 pour l'heure insipide. «Nous visons une breloque», assure un Lucas Tramèr intelligent.

Le garçon renaît à l'ambition après une année difficile. Il mesure d'autant mieux la chance qui est la sienne aujourd'hui lorsqu'il fait la somme des efforts consentis pour se rendre à Londres. L'or de gloire est peut-être arrivée. En tout cas, c'est une médaille - peu importe laquelle - qui lui tend quasiment les bras. Un dernier petit effort et l'aviron suisse retrouvera la place qui est la sienne, dans les livres d'histoire. Après tout, ce n'est pas Tramèr à boire.

30/01/2012

Servette FC: quand Pishyar fait peur

Après plusieurs jours de silence, Majid Pishyar est sorti de son terrier. Tout à l'heure sur le site Internet du Servette FC, le président a lancé un message, histoire de réclamer le soutien des Genevois. Face aux réalités économiques du football suisse, le successeur de Francisco Vinas tient à pouvoir s'appuyer sur les entreprises locales pour continuer son travail à la tête du SFC. Il oublie sans doute que ses prédécesseurs, avec des résultats parfois meilleurs, n'avaient jamais pu démarcher les têtes pensantes - et influentes - du tissu économique local.

Mais, derrière le discours direct de «MP», il s'agit peut-être de lire autre chose entre les lignes. A savoir l'aveu de la situation délicate dans laquelle sont plongés les Grenat. Faut-il rappeler que certains salaires demeureraient impayés? Faut-il rappeler l'absence totale de recrutement et la perte d'un leader tel Matias Vitkieviez?

Ainsi, lorsque Pishyar écrit: «Comme vous le savez, depuis 4 ans, je soutiens seul ce club, une situation de moins en moins tenable», il laisse clairement apparaître ses failles actuelles. Et s'il n'avait pas (plus) les reins assez solides financièrement pour poursuivre sur la voie qui est la sienne depuis 2008? La question méritait d'être posée; elle l'est depuis ce soir-

Pis, Majid Pishyar effraie le lecteur en écrivant: «Considérant ce qui précède, j'entrevois le futur de manière moins optimiste que je l'espérais». Est-il sur le point d'abandonner le club en raison d'un ras-le-bol? Ou annonce-t-il l'arrivée imminente d'une tornade après que la Swiss Football League a demandé des comptes quant à la situation financière du Servette? Là encore, les interrogations planent. Et ce n'est pas le propos suivant qui rassurera l'opinion publique: «Si cette situation devait persister, je serais alors très pessimiste quant à l'obtention de la licence pour la saison prochaine».

Alors que celle-ci se construit maintenant déjà, on a de quoi être très inquiet quant au futur d'un club qui vient pourtant à peine de connaître l'une des plus belles pages de sa récente histoire...


09/11/2011

Les "bons gars" du Servette

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Les exigences de mon métier de journaliste - si tant est qu'on puisse les appeler ainsi - me poussent, plusieurs fois par mois, à me rendre du côté de Balexert, voire du Stade de Genève, pour prendre la température du Servette FC.

Et force est de reconnaître que, depuis une bonne année et demie, rares sont les moments difficiles lorsqu'on côtoie les «Grenat». Certes, il y a eu une période floue entre septembre et octobre derniers, mais tout semble est rentré dans l'ordre. Les résultats, à nouveau au rendez-vous, le confirment. Les attitudes, sur le terrain, ne trompent pas.

Pour tout vous dire, c'est même un plaisir que d'aller à la rencontre des Servettiens, qui forment une belle bande de potes ayant toujours le sourire. Aujourd'hui encore, je suis allé échanger avec l'un d'entre eux. A peine étais-je assis au Centre sportif de «Balex» que ses coéquipiers sont venus adresser des sourires, des poignées de mains et quelques mots. Sans se forcer. Ce sont des gars simples et sympas. Qui ne se prennent pas la tête. Qui apprécient leur situation sans rouler les mécaniques.

Maintenant, c'est à Majid Pyshiar et à son directeur sportif Costinha de saisir la chance qu'ils ont d'avoir sous leurs ordres des personnages de cet acabit. Ceux-ci sont des battants, des garçons droits dans leurs crampons, qui ont fait l'union sacrée autour d'un homme: Joao Alves. Ils disent de lui qu'il est un «bon papa», qu'il est «un mec en or». A mon sens, ils l'apprécient tous car... il leur ressemble.

 

11/11/2010

Sans Shevchenko, mais avec… Streller

 

 

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Suisse-Ukraine. Je vous l’accorde, l’affiche n’est pas la plus bandante que l’histoire du foot ait connue. Et, une fois de plus, c’est Genève qui l’accueille. Comme si la Suisse romande n’avait plus droit aux grosses rencontres, l’ASF n’a pas hésité une seule seconde à l’heure de choisir le lieu où recevoir le pays coorganisateur de l’Euro 2012.

Ce sera pour mercredi prochain, sur la pelouse du Servette FC. Sans Andreï Shevchenko, mais… avec le duo Frei-Streller. Maigre consolation. Il n’y aura donc pas de Ballon d’or (en 2004) crampons au pied, mais deux besogneux en quête de réussite(s) internationale(s). Si la star ukrainienne sera bel et bien présente à Genève le 17 novembre, c’est uniquement en tant qu’ambassadeur du prochain Championnat d’Europe.

Les Helvètes eux, chercheront à prendre une petite et inutile revanche sur leur fiasco de 2006. A Cologne, alors entraînés par Köbi Kuhn, ils avaient, rappelons-le, manqué la plus belle opportunité de leur vie d’atteindre les quarts de finale du Mondial. La faute à leurs pieds carrés à l’heure d’aborder la séance de tirs au but. Streller, Cabanas et Barnetta avaient successivement envoyé la Suisse en enfer.

Quatre ans et demi plus tard, on se rend compte que cette partie a sonné la fin des espoirs rouge à croix blanche. Depuis lors, «nos» internationaux n’ont jamais retrouvé le sens du jeu. N’ont plus fait rêver. On ne s’attend pas à ce qu’ils nous en mettent plein les pupilles la semaine prochaine, mais simplement qu’ils gagnent un match. Histoire de conclure positivement une véritable année noire.

04/10/2010

Ces Lions méritent le coup d'oeil

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Avouons-le d’emblée: ces dernières années, le basket genevois de LNA a plutôt fait pitié. Entre des Geneva Devils et un MGS Grand-Saconnex qui erraient comme des âmes en peine dans les bas-fonds du classement, l’amateur de sphère orange avait perdu le goût d’hanter les salles du canton. A force de voir les siens se prendre des claques, l’envie n’y était plus.

Mais le spectateur attendait qu’on lui (re)donne l’envie d’avoir envie. Et, très franchement, au vu de ce qui se dessine du côté des Lions de Genève, il est fort probable que la passion revienne. Oh, bien sûr, ce n’est pas en un petit match que le nouveau club genevois a pu prouver qu’il bataillera avec les meilleurs sur la longueur, mais sa performance de samedi dernier contre les Lugano Tigers, champions de Suisse en titre, laisse augurer des lendemains qui chantent.

On ne parle bien sûr pas de titre national, mais plutôt d’une participation encourageante aux play-offs. Il faut y aller pas à pas dans la construction d’un club qui veut aussi marquer son identité genevoise. D’abord les quarts, ensuite les demi, puis…?

A Genève, on doit aussi (ré)apprendre l’humilité. Les années fastes connues par les Geneva Devils les ont peut-être submergés par moments. Il semble que, après leur participation à la finale du championnat en 2005, ils aient perdu pied.

Cinq ans plus tard, les Diables ont sombré en enfer. C’est au tour des Lions de sortir leur plus belle crinière pour s’en aller défier les Tigres de Lugano, Fribourg-Olympic, Vacallo et les Birstal Starwings, les quatre prétendus cadors de LNA.

Une défaite d’un point a sanctionné leur entrée dans l’élite, mais, devant neuf cents spectateurs tous enchantés au terme de la rencontre, les Genevois ont peut-être remporté leur plus dure rencontre: fidéliser un public. Reste à confirmer pour que ce 2 octobre ne reste pas comme une réussite sans lendemain…