08/02/2011

Riccardo Ricco, l'autre Blaireau!

L’histoire cycliste avait retenu de Bernard Hinault ses multiples Maillots jaunes et un surnom, le Blaireau, qu’il porte encore fièrement pour avoir été l’un des plus grands coureurs de tous les temps. Aujourd’hui, c’est un autre cycliste qui mérite d’être affublé de ce surnom, mais pour bien d’autres raisons.

Je veux bien sûr parler de Riccardo Ricco, que l’on pourrait également baptiser «autotransfusion man», l’homme aux multiples scandales. Déjà contrôlé positif sur le Tour de France 2008, le grimpeur italien se voulait propre comme un sou neuf pour son retour sur le devant de la scène, prêt à redonner un élan à la petite-reine en montrant l’image d’un battant qui marche à l’eau claire. Peine perdue, l’homme est malade, toxicomane.

Hier soir, on apprit qu’il était à l’hôpital consécutivement à un malaise, se plaignant des reins, des intestins et des poumons. Cet après-midi, la vérité a fini par éclater. Si le coureur de la formation Vacansoleil est si mal en point, c’est tout simplement car le cocktail sanguin qu’il s’est envoyé quelques heures auparavant n’était pas des mieux conservés. C’est en effet une autotransfusion qui l’a propulsé sur le billard. Après avoir gardé durant 25 jours des poches de sang dans son frigo (!), Ricco, que l’on surnommait le «Cobra» s’est injecté du venin. Au risque de passer de vie à trépas.

S’il est maintenant hors de danger, le grimpeur de Modène peut en revanche tirer définitivement un trait sur sa carrière sportive. A 27 ans et demi, Ricco va être assommé par le Comité national olympique italien, qui ne laissera pas passer l’occasion de l’exclure à vie de toute compétition.

Lui qui rêvait d’un Maillot rose sur le Giro va sans doute aller disputer un autre tour. En partant de la case tribunal, loin, très loin, d’un monde sportif qui ne le regrettera pas. C’est désormais ainsi que s’achèvent les carrières des «gros blaireaux».

30/05/2010

Tschopp, la victoire de la passion

Il l'a fait. Enfin! Depuis le temps qu'il rappelait son envie de "claquer" un jour une étape dans un grand Tour, on se demandait si Johann Tschoop pouvait vraiment y parvenir. La réponse est tombée hier en fin d'après-midi. Après une démonstration en direction du Passo Tonale, le cycliste valaisan s'est adjugé l'avant-dernier round du Tour d'Italie. C'est fort. Très fort, surtout lorsqu'on s'aperçoit que ses dauphins se nomment Cadel Evans et Ivan Basso, futur lauréat de l'épreuve.

Cette victoire, cueillie au forceps, est amplement méritée pour Tschopp. Après une année 2009 pourrie, il aurait pu plonger et ne jamais réapparaître à la surface. Et pourtant, à force de nombreuses discussions avec son staff, dont Didier Rous, l'un des directeurs sportifs de l'équipe BBOX-Bouygues Telecom, le Valaisan a chassé le doute. Et ses démons avec. Le bouquet acquis il y a moins de vingt-quatre heures est celui de la passion. De l'ambition. De l'abnégation.

A 27 ans, le Romand a encore de beaux jours devant lui et sans doute la possibilité de s'offrir d'autres belles étapes. Lui qui s'est toujours dit "clean" l'a encore martelé hier. "J'ai prouvé qu'on pouvait gagner en étant propre", glissait-il dans un grand moment d'émotion. Si tel est vraiment le cas, alors souhaitons d'abord qu'il conserve cette (juste) ligne de conduite. Et que, si d'autres occasions se présentent d'aller gravir une montagne en tête, il soit en mesure de sauter dessus.

10:51 Publié dans Sports | Tags : sport, cyclisme, tschopp, giro | Lien permanent | Commentaires (1)