14/02/2011

Des excuses pour Swiss-Ski?

141030_mun5 SWM_cf829534.jpg

 

On ne va pas chercher trente-six excuses au ski suisse, mais force est de reconnaître qu’il est bel et bien accompagné par une sacrée poisse sur les pentes de Garmisch-Partenkirchen. Après deux Mondiaux fastes - en 2007 à Are et en 2009 à Val-d’Isère - les voici en retrait en Bavière.

A ce jour et après six compétitions, le compteur n’indique qu’une seule médaille, soit l’argent de Didier Cuche en super-g. C’est loin, très loin des ambitions initiales fixées par Urs Lehmann, le président de Swiss-Ski, lequel réclamait six métaux. Evidemment, dans la maison suisse, ce n’est pas les raclettes qui tournent à plein régime pour fêter ça, mais plutôt la soupe à la grimace. Ou la fondue… au chocolat.

Avec déjà quatre «places du con» dans leurs bagages, les Helvètes font encore plus fort que les Autrichiens lors des Jeux Olympiques de Vancouver. On pourrait tirer à boulets rouges sur leurs performances et se demander s’il ne faut pas tout changer dans les hautes sphères, mais ce serait là une grossière erreur. Après tout, il ne s'en est pas fallu de grand-chose pour que le bilan soit aussi faste qu'il y a deux hivers.

Les médailles à côté desquelles sont passés les Suisses ne se sont jouées que pour une poussière de centièmes. Certes, c’est le lot d’un sport comme le ski alpin, mais ces fameux centièmes ont si souvent été en leur faveur lors des deux derniers Championnats du monde qu’on ne peut pas les accabler cette année. «Il faut bien un quatrième», souriait (jaune) Lara Gut après son échec au pied du podium de la descente féminine. C’est juste. Comme il faut bien trois médaillés par épreuves. Peut-être que ceux-ci, en 2013 à Schladming et en 2014 à Sotchi, seront décorés d’un drapeau rouge à croix blanche. Et plus personne ne crachera dessus.

09/02/2011

Ski suisse: et s'il y avait un zéro pointé?

Il est bien sûr trop tôt pour tirer un bilan, mais les Mondiaux de ski alpin ont mal débuté pour le ski suisse. En position de favoris pour les deux super-g, les Helvètes n'ont décroché aucune breloque. Evidemment, on savait que les six médailles réclamées par Swiss-Ski au début de la semaine ne seraient pas au rendez-vous de Garmisch-Partenkirchen, mais on est aujourd'hui en droit de se demander si le funeste souvenir de Bormio 2005 - aucun métal - n'est pas en position de se reproduire.


Oh, il est clair que, avec les deux descentes, les deux supercombinés et le géant masculin encore au programme, les chances suisses existent. Mais, quand on est en retrait au début d'un tel événement, la pression ne cesse d'augmenter. Les épaules de nos représentants sont-elles assez solides pour faire fi du doute s'insinuant dans la maison suisse?


A voir. En même temps, les Helvètes jonglent aussi avec la poisse. Les centièmes ne parlent pas en leur faveur. C'est ainsi que Lara Gut a échoué qu'au pied du podium du super-g féminin. Pareil pour Didier Cuche, dont le haut de parcours trop lent sur le super-g masculin, lui a coûté une médaille. Est-ce parce qu'il est sponsorisé par Ovomaltine que le Neuchâtelois se retrouve chocolat?


Quatrième ce matin, le mythique «Kuke» aura l'occasion de se reprendre samedi matin en descente.  C'est ce que souhaite l'ensemble des fans helvétiques, qui ne se remettraient pas d'un «fanny» aux accents bavarois. La Fédération a-t-elle seulement songé un seul instant à repartir de «GaPa» les poches vides? Une telle issue aurait certainement de lourdes conséquences.

02/01/2011

La Suisse qui gagne, un concept qui peut durer?

Tiens, l’an neuf a apporté son lot de victoires au sport suisse. Il a suffi de passer d’une année à l’autre pour que le 1er janvier fasse sauter la banque. Simon Ammann impose son magnifique style au bas du tremplin de Garmisch et Dario Cologna règle ses compagnons fondeurs sur la ligne d’arrivée d’Oberstdorf. D’une pierre, deux coups. Et l’hymne suisse de résonner aussi fort que les vœux pour la nouvelle année.

Mais, attention, cet événement n’est pas forcément annonciateur d’un exercice 2011 faste. On veut bien qu’il ait démarré en fanfare, mais la Suisse qui gagne, ce concept né hier, peut-il raisonnablement durer? On aimerait y croire, mais…

En même temps, la nouvelle année laisse assez de place aux athlètes de nos contrées pour briller. Ce ne sont pas les défis qui manquent, même s’il n’y a pas de Jeux Olympiques à l’horizon.

Si Ammann peut boucler la Tournée des Quatre-Tremplins au soir du 6 janvier et devenir le roi mage du saut à ski, si Cologna est capable de s’offrir pour la deuxième fois de sa carrière le Tour de ski, leurs compatriotes ne seront certainement pas en reste dans les douze mois à venir.

Le prochain à être sur le pont n’est autre que Roger Federer. Dans sa course vers un retour au sommet du tennis mondial, le Bâlois ne doit surtout pas se rater dans deux semaines à Melbourne, où il défendra le dernier titre du Grand Chelem qui lui reste. C’est surtout entre mai et juillet, période durant laquelle il aura moins de points à perdre que son rival Nadal, que le Bâlois pourrait redevenir le roi. Et, au passage, le plus grand de l’histoire.

On parle de Federer, mais on pourrait aussi évoquer les skieurs. Alors que Zurbriggen épate son monde au sommet du classement général – s’il ne craque pas, ce sera l’exploit du siècle -, les Mondiaux débutent dans moins de quarante jours à Garmisch. Sur la terre de Maria Riesch, qui sera attendue par tout un peuple, les Helvètes peuvent-ils faire aussi bien qu’à Val-d’Isère voici deux ans? En l’absence de Didier Défago, champion olympique de descente, les regards seront tournés vers les spatules de Didier Cuche, qui demeure le véritable leader de cette équipe de Suisse. Derrière le Neuchâtelois, quid de Carlo Janka, dont on dit la santé précaire? Que peuvent faire les autres, dont Grünenfelder et Zurbriggen, vainqueurs durant cet hiver? Et les Gini, Kueng et autre Viletta? On attend de voir, mais le mois de janvier, riche en compétitions (dont plusieurs slaloms) nous apportera des réponses sur la forme de chacun.

Au rayon féminin, Lara Gut cherchera à faire taire les critiques. La géniale Tessinoise a les moyens de ses ambitions, même s’il est bon de rappeler qu’elle revient de loin et qu’il faut encore lui laisser du temps. Dans son sillage, le trio Gisin-Kamer-Suter peut viser une breloque.

Si les sports d’hiver ont toujours la cote, n’oublions pas non plus les «footeux» d’Hitzfeld. Alors que le sélectionneur affiche un optimisme presque béat dans le journal de l’ASF («Hop Suisse!»), le feu est orange pour sa troupe, bien mal embarquée dans les éliminatoires de l’Euro 2012. Seul un cru 2011 sans tache pourrait lui permettre de redresser la barre. On ne parle pas de ce match amical du 8 février à Malte, mais plutôt du déplacement du mars à Sofia et du voyage de juin vers Wembley. Deux rencontres à ne pas perdre. Ou, plutôt, à gagner. Une mission impossible? C’est ce que tout le monde pense, mais «Gottmar» doit justifier son surnom. Même si, on le sait déjà, il ira jusqu’aux éliminatoires de la Coupe du monde 2014 avec la Nati.

La Suisse qui gagne, le concept évoqué plus haut, ne concerne peut-être pas vraiment l’équipe nationale A de football, mais elle pourrait davantage toucher les M21 ans. Qualifiés pour l’Euro au Danemark, les joueurs dirigés par le Tessinois Pierluigi Tami auront leur mot à dire en juin. Plongés dans un groupe à leur portée (Bélarus, Danemark et Islande), ils peuvent imiter leurs prédécesseurs de la volée 2002, demi-finalistes à la maison. Voire faire aussi bien que les M17 ans, champions d’Europe en 2002, au… Danemark. Vous y voyez un signe encourageant? Moi aussi!

Ne reste plus, désormais, que les autres athlètes helvétiques, prennent le bon pli. Sur le plan individuel, on pense à Sébastien Buemi (Formule 1) et à Ariella Kaeslin (Gym), mais aussi, collectivement, aux cyclistes – il ne faut plus que Cancellara soit le chêne centenaire cachant la forêt – et aux hockeyeurs, bien désireux de connaître une demi-finale mondiale.

La Suisse qui gagne? On en reparle dans douze mois!