29/11/2011

Pishyar: l'image écornée?

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Il avait, dit-il, repris le Servette FC afin d'aider la ville de Genève - «que j'aime» - à retrouver sa place dans l'élite du football suisse. En trois ans, Majid Pishyar a réussi son coup. A la cour des miracles, c'était bien lui le grand gagnant, au soir du 31 mai dernier. Implorant «my god», l'Iranien avait, ce soir-là, laissé éclater une joie incommensurable, alors que toute la cité se prenait à rêver à des lendemains qui chantent. La couleur grenat s'était réinstallée à sa vraie place, en Super League. Les anonymes Patrik Baumann, François Moubandje et autre Christian Schlauri étaient fêtés en héros.

Six mois plus tard, la fête a du plomb dans l'aile, les visages affichent des traits tirés, l'incertitude s'est insinuée dans les moindres recoins de Balexert. Non pas que le trio de joueurs susmentionné ait connu une grave chute, mais en raison des incohérences de la présidence servettienne. Pisyhar avait tout pour bien faire, force est de reconnaître qu'il est en train de se fourvoyer.

Car, si les célébrations avaient pu être si belles après la promotion, c'est sans aucun doute grâce à la patte de Joao Alves. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le technicien portugais avait bâti un groupe sain et uni, construit une formation prête à aller à la guerre avec lui. Avec son licenciement, c'est un pan de l'histoire du SFC vient de s'écrouler.

Après, il est clair que le métier d'entraîneur est instable. Ce n'est pas tant l'éjection d'Alves qui étonne, mais davantage la manière. Les non-dits qui ont trop longtemps couru autour du rectangle vert, la messagerie vocale qui fait office de séparation et le flou qui a cerné la tête du Lisboète. Jusqu'à dimanche soir et ce communiqué abrupt.

Exit Joao et voilà Majid Pishyar qui catalyse autour de lui les rancœurs. Plus que d'avoir viré l'homme de la promotion, le patron du SFC a peut-être fait une erreur en s'entourant de quelques hommes flous du football portugais. Costinha présente certes un palmarès de joueur fantastique, mais il a encore tant de preuves à faire sur le plan directorial. Sachant que le terne Saleiro n'y est pas parvenu, son «pantin» Pereira l'aidera-t-il dans sa tâche?

Quant à l'Iranien lui-même, il est en train de ternir tout seul sa réputation. D'une part, sa décision de dimanche soir lui vaut les critiques des fidèles du Stade de Genève. D'autre part, sa reprise en main de Gilbert Albert reste entourée de nombreuses interrogations. Héros en mai, paria en novembre. Quid en février?