06/01/2012

Mehmedi ouvre-t-il le marché?

Admir Mehmedi a-t-il lancé la campagne helvétique des transferts, en prenant ses cliques et ses claques pour s'installer en Ukraine? La question est posée ce soir, alors que le marché suisse avait, pour l'heure, été très calme. Les rumeurs enflent en effet autour de «nos» joyaux, tous finalistes de l'Euro M21 en juin dernier. Plusieurs d'entre eux semblent prêts à prendre la poudre d'escampette.

Ainsi, envoyé prématurément au Paris Saint-Germain par les médias français, l'excellent latéral zurichois Ricardo Rodriguez serait prêt à poser ses bagages à Wolfsburg. Sur les tablettes du SV Hambourg entraîné par son ancien coach Thorsten Fink, Granit Xhaka aurait également tapé dans l'œil d'Alex Ferguson et Manchester United. Enfin, son camarade Xherdan Shaqiri aurait, lui aussi, les faveurs de «Red Devils», mais l'Atletico Madrid et Lille - bien que sur le fil du rasoir financier - aimeraient également taper dans le mille en faisant de «XS» une recrue XXL.

Oui, le Suisse a la cote à l'heure du mercato. Les jeunes joueurs pas trop chers, en cette période de crise, se font rares. Mais, pour les intéressés, il ne faut répondre à n'importe quelle sirène. Le choix est rude. On ne réagit pas pareillement à 18, 20 ou 22 ans qu'à 28, lorsque sa carrière est déjà bien entamée.

Alors, lorsque Mehmedi se défend, sur le site du Blick, d'avoir rallié le Dynamo Kiev pour une histoire d'argent, les réactions sont diverses; d'aucuns l'accusent de livrer un discours politiquement correct. D'autres boivent ses paroles.

Nous ne sommes pas là pour juger, mais le choix de l'attaquant n'est pas si incohérent. Au moins franchit-il les étapes sans les brûler. Après s'être installé en équipe nationale A et découvert l'Europe avec le FCZ, le jeune homme pourra parfaire son apprentissage avec une formation qui vise le titre national. Aux côtés d'Andreï Shevchenko qui, lui, ne pense qu'à l'Euro 2012, la possibilité de prendre une nouvelle dimension existe bel et bien. Après tout, si Ideye Brown (ex-Neuchâtel Xamax) a pu se faire une place au soleil ukrainien, Mehmedi a tout pour y arriver également. Avant de rejoindre éventuellement Shaqiri et Xhaka outre-Manche?

27/09/2011

Bâle, si proche de la sensation

On ne saura sans doute jamais vraiment ce qui s'est dit dans le vestiaire bâlois à Old Trafford, ce soir à l'heure du thé. Mais le nectar si cher aux Anglais a eu le mérite de donner un méga coup de fouet aux... Rhénans. Bien que menés 2-0 à la pause par un Manchester United qui bouscule tout sur son passage en Premiership, les protégés de Thorsten Fink ont réalisé une grosse performance, en allant arracher le point du 3-3. Mais, paradoxalement, ce scénario incroyable laissera un goût amer aux visiteurs. Et pour cause, à cinq minutes près, les «petits Suisses» ont bien failli placer une victoire historique dans leurs valises. Cette soirée du 27 septembre aurait pu s'inscrire dans la légende du foot national. Une victoire du FCB lui aurait permis d'entrer dans l'histoire comme l'une des plus belles sorties jamais signées par l'un de nos représentants sur la scène européenne.

Malgré tout, le nul pris à Old Trafford est plus qu'un bon point. Même la paire Alexander Frei-Marco Streller a été à la hauteur de l'événement. Quel contraste avec tout ce que l'on avait vu ces derniers mois!

Fantomatiques lorsqu'ils portaient le tricot suisse ces deux dernières années, ils ont fait de l'antre mancunien le théâtre de LEURS rêves. Le grand escogriffe du duo a été énorme dans son rôle de pivot, même s'il a manqué une montagne à la 51e minute. Mais c'est vrai, quel match n'a-t-on pas vécu sur le gazon anglais!

Thorsten Fink doit encore s'en frotter les mains. Doit aimer plus que jamais ses joueurs, ce soir depuis sa chambre. Lui qui restait, en tant que joueur, sur un terrible échec contre Alex Ferguson (il avait joué la finale de la C1 1999 perdue aux arrêts de jeu avec le Bayern Munich) n'est pas passé loin d'une cinglante revanche. Si près d'infliger à ManU sa première défaite de l'exercice. On plaint tout de même le chewing-gum du manager écossais, qui s'est vu martyrisé à peine l'égalisation bâloise sonnée.

Bâle peut donc croire en une qualification pour les huitièmes de finale. Grâce à une performance collective hors du commun. Avec un Granit Xhaka énorme à mi-terrain - et ce malgré une perte de balle fatale sur le 2-0 - et un Fabian Frei qui confirme qu'il est bel et bien «LA» révélation de la saison. Déjà énorme avec les M21 durant le dernier Euro, l'ancien Saint-Gallois a franchi un nouveau palier. Qui fait maintenant de lui un international en puissance.

Pour le FCB, il va falloir confirmer le 18 octobre en recevant Benfica. Qui n'a rien d'un monstre tentaculaire comme pourrait l'être Manchester. Alors oui, il est permis de rêver.

 

23/02/2011

A boire et à manger en Champions League

Les phases de poules sont finies, les huitièmes de finale déjà bien entamés, mais il y a toujours autant à boire et à manger en Ligue des champions. Des envolées lyriques de Gennaro Gattuso aux atermoiements offensifs de Manchester United, en passant par l’apathie défensive de l’Inter Milan, la semaine européenne ne nous a pas offert que des morceaux d’anthologie. Loin de là.

Et, à l’heure du bilan, force est de reconnaître qu’une seule rencontre a atteint des sommets parmi les huit proposées: Arsenal-Barcelone. Comme attendu, ou presque. Après, on pourra toujours dire que le remake de la finale 2010 fut plaisant, mais c’est tout.

Alors, c’est à se demander si cette compétition peut encore se nommer ainsi. Trop attirés par les sommes brassées sur le front de la C1 et trop calculateurs, les clubs encore en course pour la «Coupe aux grandes oreilles» n’osent plus attaquer. Attendent-ils tous un exploit à la 93e minute du match retour pour prolonger leur aventure?

Si tel est le cas, c’est à désespérer de ce qu’est devenu le football. La dernière Coupe du monde nous avait déjà laissés sur notre faim au niveau du jeu offensif (exception faite de l’Allemagne jusqu’en demi-finales) et la saison actuelle n’est guère plus faste. Faudra-t-il dès lors se tourner vers l’Europa League pour prendre du plaisir? Par pitié, Dieux du ballon rond, ne nous infligez pas à un jeudi soir devant la TV…!