07/02/2011

L'heure de Riesch?

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Elle promène sa grande silhouette sur les courses de Coupe du monde mue par une confiance inébranlable. En tête du classement général et rivale favorite de Lindsey Vonn, Maria Riesch skie sur une autre planète. Avec aplomb et finesse. Héroïne des Jeux de Vancouver l’an dernier, l’Allemande se frotte durant les deux semaines qui viennent au plus grand défi de sa carrière: les Mondiaux, dans son jardin de Garmisch-Partenkirchen.

Sur la neige de son enfance, la Bavaroise se sait attendue. Par la presse, par ses fans, mais aussi par elle-même. N’a-t-elle pas clairement fait de ce rendez-vous sa priorité en début d’exercice?

La blonde, qui a redonné le goût du ski à ses compatriotes après les années de vaches maigres ayant suivi les retraites de Martina Ertl, Hilde Gerg et Katja Seizinger, est devenue une icône. A tel point que la ville de Munich, candidate pour les JO 2018, en a fait son ambassadrice. Sur les pistes comme en dehors, Riesch est un gage de réussite. Même sous la pression?

C’est là la véritable question de la quinzaine «mondiale», tant la double championne olympique (supercombiné et slalom) ne s’est jamais retrouvée dans une telle position. A Vancouver, reléguée dans l’ombre alors que les flashes crépitaient sur Lindsey Vonn, elle avait su tirer son épingle du jeu. Douze mois plus tard, les rôles se sont inversés.

Finies les critiques la disant incapable de gérer son mental. Finies les longues et sombres périodes de blessure. La Maria de Garmisch a aujourd’hui sur les épaules les attentes et la pression d’une favorite. Il reste à savoir si elles sont assez larges…

04/02/2011

La ruée vers l'or

Garmisch-Partenkirchen reprend le flambeau. Deux ans après avoir pris leurs quartiers à Val-d’Isère, c’est en Allemagne, cette fois-ci, que les Mondiaux de ski alpin posent leur chapiteau. Deux semaines durant, la station bavaroise sera la Mecque du Cirque blanc, afin de redistribuer les lauriers glanés voici vingt-quatre mois en France. Avec, en vedette principale, la «régionale de l’étape» Maria Riesch, qui devra assumer la lourde pression pesant sur ses épaules. La double médaillée olympique de Vancouver en ayant vu d’autres, elle devrait pouvoir gérer l’attente de ses compatriotes.

Et puis, la grande blonde n’est pas la seule à attirer la lumière. Un an après les JO, c’est d’abord une équipe d’Autriche masculine qui doit se reconstruire à Garmisch. L’expérience canadienne d’il y a douze mois avait fait éclater un véritable malaise au sein de la «Wunderteam». Revenus chez eux les poches vides, Benjamin Raich et ses camarades avaient suscité l’ire de la presse locale et la colère des pontes de la Fédération. Jamais, de toute son histoire, le ski autrichien n’avait subi une telle désillusion, ne parvenant même pas à s’offrir une breloque de bronze! Toni Giger, le grand patron d’alors, qui déclarait avoir «reçu la peine maximale», avait gentiment été prié de céder son poste. «Muté» à un autre étage de l’alpin national, il a dans l’enchaînement été remplacé par son compatriote Mathias Berthold, qui venait d’empiler des résultats satisfaisants avec l’équipe d’Allemagne féminine.

Autant dire que Garmisch-Partenkirchen fait figure de véritable test pour nos voisins, bien désireux de retrouver leur flamme dans les grands compétitions. Au vu des performances signées depuis le début d’exercice, le flop de Vancouver ne devrait pas se reproduire. Pour les athlètes suisses, il n’en est revanche pas question de rachat cette année, mais bien de confirmation. Vainqueurs du tableau des médailles à Val-d’Isère avec un total de six (deux titres, trois d’argent et une de bronze), les Helvètes avaient ensuite réalisé la passe de trois une année plus tard aux Jeux Olympiques (l’or pour Défago et Janka, le bronze pour Zurbriggen), voyant de leur côté les femmes manquer les podiums.

Quid cette année? En dépit des soucis connus par la délégation masculine, le boss Urs Lehmann persiste et signe: «Nous espérons faire aussi bien qu’il y a deux ans», affirme-t-il. Malgré les absences de Didier Défago et de Nadia Styger, blessés, l’ancien champion du monde 1993 croit en les siens. Avec Cuche, Janka et Zurbriggen d’un côté, ainsi que Gisin, Gut et Suter de l’autre, les arguments ne manquent pas, mais on sait également l’incapacité crasse des Suisses à se transcender, même si les éditions d’Are 2007 et de Val-d’Isère 2009 ont eu tendance à tordre le cou à cette réputation.

En ajoutant encore les outsiders Berthod, Grünenfelder et Viletta chez les hommes ou Kamer chez les dames, rien n’est impossible. Mais tout de même; il ne faut pas s’attendre à ce que le drapeau rouge à croix blanche trône au sommet du tableau des breloques. Ce d’autant plus que, derrière l’Autriche, l’escouade américaine - emmenée par la quasi intouchable Lindsey Vonn - fera étalage de tout son «fighting-spirit», que les Italiens peuvent tirer leur épingle du jeu et que les Français sont loin d’avoir dit leur dernier mot.

Une chose apparaît toutefois certaine à quelques heures du départ du super-g dames, épreuve inaugurale des Mondiaux: cette cuvée 2011 devrait être littéralement passionnante. Mais qui donc en sera le héros?