25/04/2012

Guardiola n'avait pas retenu la leçon!

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Barcelone est mort. Vive Barcelone? Hier soir, le roi d'Europe est subitement descendu de son trône, rappelé à l'ordre qu'il a été par un Chelsea euphorique, quatre jours après avoir été secoué par le Real Madrid. Le beau jeu ne s'impose pas toujours. Telle est la première leçon que l'on pourra retenir de cette première demi-finale de Ligue des champions. Les «Blues» ont lutté et triomphé (sur l'ensemble des deux matches) avec leurs armes. Celles-ci ont beau ne pas être des plus enthousiasmantes, elles sont gagnantes. Et c'est tout ce que leur demande l'oligarque Roman Abramovich.

Au-delà de la qualification des Londoniens pour la finale surgit une question entourant Josep Guardiola. Deux ans après s'être fait moucher par l'Inter de José Mourinho, le technicien chauve n'a, semble-t-il, pas retenu la leçon. On peut certainement y voir une erreur dans la préparation du match, un faux pas dans son coaching. Car comment se fait-il que, vingt-quatre mois plus tard, l'ancien demi du Barça s'incline dans les mêmes circonstances, à savoir à onze contre dix? Roberto Di Matteo a su le piéger comme l'avaient fait les Milanais en 2010. A l'italienne. Sans que les hommes de Guardiola, as de la passe, n'arrivent à transpercer la muraille.

Le dénouement de cette demi-finale n'est pas une ode au football champagne, mais elle met en lumière l'excellente préparation de Chelsea. Qui, tel un joueur d'échecs, a toujours su réagir. Même mené 2-0. Même en infériorité numérique.

Le bloc londonien a mené la vie dure aux Catalans et provoqué un premier séisme européen. Qui pourrait être suivi d'un second si le Bayern venait à bouter le Real hors de la C1 dans quelques heures. Les armes de Lampard et Cie ne sont pas celles de l'huilé collectif blaugrana, mais elles les ont portés en finale, là où plus personne ne les attendait il y a de cela un petit mois. Ces armes ne sont pas belles et sont logiquement contestées. Or, elles gagnent.

Et celui qui gagne a toujours raison...

 

 

17/04/2012

Le Barça sentirait-il le sapin?

 

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L'Europe du football retournerait-elle sa veste? On peut le penser! Elle qui a tant encensé le FC Barcelone version Pep Guardiola est en train de virer de bord. Les plumitifs «as de la dithyrambe» et les consultants - et Dieu sait que d'aucuns sont de pacotille - ont subitement appris à reformuler leur(s) discours. A émettre quelques bémols à tout ce qu'ils avaient pu prétendre dans un très récent passé.

Aux termes «plus belle équipe du siècle» et «meilleurs joueurs de l'histoire» ont succédé les points d'interrogation. La machine collective mise en place par le technicien déplumé n'est plus intergalactique, mais simplement banale. C'est en tout cas que le message que certains tentent de faire passer depuis que Lionel Messi et sa formidable cohorte ont un temps compté dix points de retard sur le Real Madrid en championnat. C'est aussi ce qui s'est dit après que les champions d'Europe aient «péniblement» franchi l'obstacle AC Milan en quarts de finale de la C1.

La démonstration livrée au tour précédent de la Ligue des champions contre le Bayer Leverkusen n'avait pas totalement dissipé le malentendu sur le niveau de jeu de cette équipe royale. Une formation qui survole son sujet comme l'a fait le groupe blaugrana contre Derdiyok et Cie aurait pourtant eu droit à six mois de tranquillité. Mais pas le Barça!

Car le Barça, aujourd'hui, fâche. Sa domination et son aisance technique irritent.

A tel point que les loups guettent le moindre faux pas au coin du bois. Au vrai, la question qui circule aujourd'hui est la suivante: Barcelone sentirait-il le sapin? Ou, différemment formulée: la poudre magique que le collectif catalan disperse aux quatre coins du monde depuis près de trois ans serait-elle usée?

La réponse tombera dans les heures qui viennent, dans la semaine qui vient. Avec un déplacement à Londres demain soir pour y affronter Chelsea, la réception du Real Madrid samedi soir et un match retour à domicile contre les «Blues» mardi prochain, Pep Guardiola - qui s'interroge encore sur le fait de rester sur le banc du Camp Nou - devra faire taire ses détracteurs. Ou pas.


 

01/01/2012

ABC Foot 2011 (2/3)

E comme ETO’O . Le Camerounais se revendique proche du peuple, mais il est le symbole du foot-business qui nous horripile. Sa fin de carrière pue le fric à plein nez. Désireux, dit-il, de marquer l’histoire, il a pourtant filé à l’Anzhi Makachkala l’été dernier, pour un salaire royal de plus de 20 millions d’euros. Dans ce club russe aux moyens quasi illimités mais au football diamétralement opposé, qu’a-t-il donc à gagner sportivement? Rien, c’est sûr, mais l’intéressé, qui a en outre été suspendu à l’interne par les dirigeants de sa sélection, ne l’avouera jamais.

F comme FIFA . Sepp Blatter a eu le nez fin, en se faisant réélire à la présidence sans trop de souci, expédiant son seul rival, Mohammed Bin Hammam, au purgatoire. Le tout dans un grand mélange de suspicion, de rumeurs de corruption. La grande machine qui règne sur la planète foot continue de laver son linge sale toute seule et de faire jaser. Frondeur, Christian Constantin n’a pas abandonné son envie de les faire «tous tomber».

G comme GIGNAC . Il y a trois ans, il était la nouvelle perle du football français. Ses camarades le surnommaient même «Raymond», tant Domenech, alors sélectionneur, n’avait d’yeux que pour lui. Alors, André-Pierre Gignac brillait sous le maillot de Toulouse, se voyait faire très vite les beaux jours d’un grand club. En janvier 2012, l’intéressé n’est plus international, ne joue que les utilités à l’OM, un club qui cherche par tous les moyens à s’en séparer. Pis, «APG» s’est davantage illustré en insultant son entraîneur – Didier Deschamps – qu’en marquant des buts.

H comme HITZFELD . L’homme catalyse tous les maux du foot suisse. Personne d’autre que lui, actuellement, ne manie si bien la «Méthode Coué» dans le petit monde du sport helvétique. Une carte de visite longue comme le bras en club ne fait pas de vous un grand sélectionneur. En enchaînant les mauvais choix, en se montrant à la rue tactiquement, l’Allemand a manqué le coche de l’Euro 2012. On ne lui pardonnera pas un nouvel échec d’ici à 2014…

I comme INLER . Promu capitaine de l’équipe nationale par Hitzfeld, Gökhan Inler a vécu une grande année 2011. Simplement car il est devenu le footballeur suisse le plus cher de l’histoire, en passant de l’Udinese à Napoli. Véritable star en Italie, le Soleurois brille aussi en Ligue des champions, compétition dans laquelle il a propulsé les siens en huitièmes de finale. C’est beau, bien sûr, sauf que, sous le maillot de l’équipe nationale, Inler a été transparent. Du coup, une question revient, lancinante: est-il vraiment un grand footballeur, capable d’être un leader ou… un leurre?

J comme JUVENTUS . Les grands clubs, paraît-il, ne meurent jamais. La Juventus est la meilleure illustration de ce dicton. Premièrement revenu en Serie A après sa relégation sur le tapis vert en 2006, le club turinois a appris de ses erreurs et pris le temps de se reconstruire. Aujourd’hui, le voici capable de décrocher le titre national en fin de saison. Avec un Del Piero increvable, un génial Pirlo et un Suisse, Stephan Lichtsteiner, épatant sur son flanc droit.

K comme KOMBOUARE . On peut gagner des matches, devenir champion d’automne et prendre la porte. Antoine Kombouaré le sait mieux que personne, lui qui vient de se faire éjecter de son poste d’entraîneur du Paris Saint-Germain, alors que son désormais ex-club est en tête de Ligue 1. L’ancien défenseur apprend les règles du foot-business. Leonardo, son directeur sportif, voulait sa tête depuis le mois d’août. Mais, si le PSG n’est pas titré en mai prochain, c’est bien le Brésilien qui passera pour un incompétent.

L comme LULU . Ou, plutôt Lucien Favre, meilleur entraîneur suisse actuel avec Pierluigi Tami. Homme de tous les miracles, le technicien vaudois a remis Borussia Mönchengladbach dans la bonne direction, en réalisant prodige sur prodige et révélé plusieurs joueurs, dont le gardien Stegen et le milieu offensif Reus. Mieux, le club, au bord du gouffre quand il l’a repris en février dernier, est aujourd’hui sur le podium de Bundesliga. Hallucinant. Du coup, «Lulu» est adulé outre-Rhin, où il est considéré comme l’un des trois meilleurs entraîneurs du pays.

M comme MESSI . Le meilleur joueur du monde, sans aucun doute, emprunte les traces des plus grands, dont son illustre aîné Diego Armando Maradona. Génial, intouchable, magique, Messi n’a plus qu’à remporter un titre avec sa sélection pour entrer dans la légende pour l’éternité.

25/09/2011

Anomalies sportives

Il y a peu, quelqu'un est encore venu me murmurer à l'oreille que Lionel Messi n'était pas le meilleur joueur de la planète football. Mais comment peut-on oser affirmer une chose pareille à l'heure qu'il est? Ce soir encore, l'Argentin a livré un festival devant le public du Camp Nou pour assassiner l'Atletico Madrid (5-0). Comme il le fait une, voire deux ou trois fois par semaine depuis déjà plusieurs saisons. «Leo» est sur un nuage, sur son nuage, là où personne ne peut le rejoindre. Et lui, Monsieur Ronaldo, on ne le siffle pas dans tous les stades du monde. Il n'est pas forcément beau, certes, mais Dieu sait qu'il est bon!

Messi qui parade, c'est peut-être là l'une des seules choses normales apparues en ce début de week-end sportif. Car, sur quelques terrains de jeu aux quatre coins du globe, les surprises, voire les aberrations, n'ont pas manqué.

Comme meilleur illustration du propos, imaginez un seul instant: vers 19 h 20 ce soir, Milaim Rama s'est enfoncé comme dans du beurre dans la défense bâloise pour ramener un point au FC Thoune. L'ancien international suisse ressuscite. Ou l'histoire de Fernandel qui revit dans l'Oberland. Et puis, quelques heures plus tard, Genève-Servette a failli gagner un match, contre Berne, qui plus est. C'est dire à quel point la planète sport n'a pas toujours tourné rond! On rigole, bien sûr, au sujet des «Aigles». Mais ce serait le moment de sortir de cette torpeur de début de saison qui pourrait vite avoir des conséquences. Voir les hommes de McSorley patiner dans la semoule fera vite ressortir les contribuables aigris. Si cela n'est pas déjà fait...?

Après, rayon anomalies, il vient de s'écouler quasiment une journée entière sans que l'on parle de Christian Constantin! C'est quasiment un exploit, tant le patron du FC Sion est à la «une» de tous les médias de la région depuis trois mois. Son duel à distance cette semaine avec le duo Infantino-Platini risque de valoir son pesant de cacahuètes. Les petites phrases ne vont pas manquer, mais il n'aura certainement pas le même intérêt que le comportement de «Chaga», tout à l'heure dans les tribunes de Grasshopper, où se déplace «son» Xamax. A qui ira le bras d'honneur, cette fois-ci? Au pauvre Ciriaco Sforza, qui n'a rien fait de mal? Ou au prochain Neuchâtelois qui manquera le cadre?

L'anomalie serait qu'il ne se manifeste pas...

Mais, entre nous soit dit, la plus grande anomalie du week-end serait quand même que Lausanne batte Servette, non?

 

 

15/02/2011

La Ligue des quoi???

Tiens, au lendemain de la Saint-Valentin, l’Uefa nous a sorti de sa manche un cadeau pas romantique pour un euro, le genre de casse-couple idéal: les huitièmes de finale de la Ligue des champions. Etalées sur un mois, ces huit doubles confrontations sont censées enchanter le grand public, rendre les hommes encore plus amoureux de football et faire sauter les audiences TV.

Seulement, c’est chaque année la même rengaine sur les pelouses du Vieux-continent, à savoir un spectacle qui n’en est pas un. L’hymne de la C1 a beau retentir dans le ciel européen, les étoiles restent aux vestiaires. Les matches sont ternes, mous, fidèles à un football qui, d’année en année, meurt à petit feu.

Pis, en plus d’être calculatrices, les équipes se rendent à présent coup pour coup. Mais pas dans le bon sens du terme. Entre l’AC Milan et Tottenham, on a vu des gestes déplorables.

Et tiens, un petit coup d’coude dans la face!

Viens-là, que j’te tire le maillot!

Attends que j’arrive dans la surface de réparation pour que je te montre la simulation du siècle…

J’en passe et des meilleures. Les scènes ne vont pas nous pousser à nous extasier. Heureusement, il existe un OVNI dans ce monde-là: le FC Barcelone. L’affiche que les Catalans disputeront ce mercredi soir contre Arsenal promet monts et merveilles. Comme à chaque fois en C1. D’où une question: est-ce que, transposés dans le monde friqué de l’Uefa, qui plus est dans les derniers tournants de cette Ligue des champions qui aborde sa dernière ligne droite, les hommes de Guardiola vont devoir aussi jouer tels des footeux vicieux? Ce n’est évidemment pas à souhaiter, mais on le craint…