15/12/2010

Football espagnol, dopage et poule aux oeufs d'or

C’est bien connu: on ne prête qu’aux riches. Le monde sportif en sait quelque chose, lui qui accable de tous les maux les athlètes moins médiatiques mais laisse en paix les stars. On n’abat pas si facilement que cela la poule aux œufs d’or, fût-elle gravement intoxiquée.

Le football poursuit donc son bonhomme de chemin sous les sunlights, même s’il faudra bien qu’un jour la vérité éclate. Les récentes révélations du Docteur Eufemanio Fuentes («Si je dis tout ce que je sais, on pourra retirer l’Euro 2008 et la Coupe du monde 2010 à l’Espagne») ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Il n’y a pas de fumée sans feu, dit-on. Mais d’aucuns continueront à faire la… sourde oreille aux déclarations fracassantes du maître d’œuvre de l’Affaire Puerto.

Pourtant, en 2006 déjà, le médecin espagnol s’était fendu de premières phrases mettant le feu aux poudres et laissant à penser que le système de dopage mis en place ne concernait pas uniquement les cyclistes de son pays.

A l’époque, la FIFA avait fermé les yeux. Les œillères ont encore épaissi depuis. Comme sur les scandales liés à la corruption (plus que) présumée de ses membres. Il y a quatre ans, des menaces de mort avaient empêché Fuentes d’aller plus loin dans ses confessions. Le football est une telle machine que le prendre à contrepied est devenu impossible. Sous peine d’y laisser sa peau.

Dans la basse-cour sportive, dirigée par de vieux coqs déplumés, la poule aux œufs d’or est chouchoutée, ultraprotégée. Il n’y a guère que l’ultraprovocateur mais génialissime Maradona qui ait été mis sous l’éteignoir, dribblé qu’il fut par une Fédération internationale qui ne goûta pas son retour au premier plan.

Aujourd’hui, les aseptisés Iniesta, Xavi et consorts, placés au cœur de la polémique par le Docteur Fuentes, sont bien trop polis pour être cloués au pilori. Reste que leur entraîneur au Barça, Josep Guardiola, a beau être porté aux nues, il fut positif à la nandrolone en 2001, alors qu’il portait le maillot de Brescia.

Alors, amis espagnols, si Fuentes a raison, gare au retour de bâton!

06/06/2010

Les notes de Suisse-Italie

BENAGLIO (3): pas beaucoup de travail, mais une semi-responsabilité engagée sur le but italien. Il semble en effet que la trajectoire du coup de tête de Quagliarella n'était pas illisible.

LICHTSTEINER (4): affichant une grosse volonté face à des joueurs qu'il affronte régulièrement dans le Calcio, le Zurichois a réalisé une belle première mi-temps avant de baisser au fil du match.

SENDEROS (2): responsable sur le 1-1, il ne brilla jamais. Certes, il sauva à la 26e, mais sa ruade dans le dos de Pazzini aurait mérité un... penalty pour les champions du monde.

GRICHTING (4): un sans-faute, ou presque. Deux petits cafouillages, dont un sur une mésentente avec Wölfli (47e), mais sans conséquence.

ZIEGLER (5): auteur d'une très bonne performance, le joueur de la Sampdoria a plus que jamais marqué des points dans le couloir gauche... et auprès des dirigeants de la Juventus, qui le suivent?

BEHRAMI (4): bon par intermittence, il a malheureusement dû quitter le match avant l'heure de jeu sur une blessure qui ne devrait pas être bénigne. Hélas.

INLER (3): son but réhausse sa note, mais il n'a pas été flamboyant.

HUGGEL (2): il a beaucoup couru, mais n'a pas utilisé un seul bon ballon.

GELSON (4): la surprise du onze de départ a fait mieux que de se défendre. Son duel avec Gattuso a valu par quelques bousculades intéressantes. Le Valaisan tient une meilleure forme que Barnetta.

FREI (1): rien à dire.

NKUFO (1): sorti usé, il paie ses trente-cinq ans face aux champions du monde.

LES REMPLACANTS...

WÖLFLI (4): rien à faire, ou presque, à part une bonne sortie sur un centre ras-terre dangereux.

BARNETTA (2): une nouvelle performance en dessous des attentes. Il a perdu des points ce soir.

DERDIYOK (3): on ne l'a pas vu, si ce n'est sur un modeste coup de tête à la 79e.

YAKIN (4): une bonne entrée. Sa vision du jeu et ses coups de patte n'ont pas d'égaux en équipe nationale.

Egalement entrés en jeu, Magnin et Shaqiri n'ont pas assez joué pour être notés.

De retour du Stade de Genève, Arnaud Cerutti

La Suisse laisse des questions ouvertes

Plein comme un oeuf, le Stade de Genève voulait des réponses aux interrogations soulevées par l'équipe de Suisse depuis qu'elle a entamé sa préparation en vue du Mondial 2010. Prêts à s'enflammer, les 30'000 spectateurs qui avaient rejoint l'antre du Servette FC pour voir l'Italie voulait également savoir si la troupe d'Ottmar Hitzfeld avait vraiment un visage aussi morne que celui aperçu mardi soir contre le Costa Rica.

Une première réponse est tombée, rassurante: la Nati sait aussi mieux jouer qu'elle ne l'avait fait à Sion. Reste que plusieurs questions restent ouvertes, notamment celles concernant les "cas" Frei et Senderos. Ni l'un, ni l'autre, n'ont été en mesure de faire mieux que face aux joueurs d'Amérique centrale. Le premier a joué moins bas, certes, mais les ballons touchés n'ont rien amené, ce qui provoqua une bronca au moment de sa sortie du terrain. Le second, lui, a encore été à l'origine du... but adverse.

C'est sur le score de 1-1, donc, comme en 1982 et 2006, que Suisses et Italiens se sont quittés. "Bons amis", dit-on dans le jargon. La rencontre fut plaisante l'espace d'une demi-heure, avant de baisser de ton. Une première incursion de Lichtsteiner (2e) lança parfaitement le match. Huit minutes plus tard, repiquant sur son pied gauche, Inler, dont ce fut la seule action tranchante du match, trompa la vigilance de Marchetti. Comme il y a quatre ans, les Helvètes ouvraient la marque.

Au lieu de préserver cet acquis, ils se firent malheureusement prendre sur un coup de tête signé Quagliarella, lequel profita d'un double raté de Philippe Senderos. A 1-1, la Suisse ne baissa pas la garde. Behrami (17e) vit son essai être dévié, Frei (29e) cafouilla dans le dernier geste, puis Nkufo (39e) ne put cadrer son coup de tête.

A la pause, la parité était logique, mais ces Helvètes entreprenants avaient séduit et auraient peut-être mérité mieux. Après la pause, le spectateur n'eut plus grand-chose à se mettre sous la dent. La Suisse ne créait plus rien. Huggel courait beaucoup... pour pas grand-chose. Quagliarella (50e) manqua le 1-2, puis une catastrophe survint à la 56e, lorsque Behrami se blessa. Le claquage risque fort de le priver de Mondial.

En fin de rencontre, l'entrée en jeu d'Hakan Yakin modifia le visage helvétique, mais ses deux coups francs bien botté ne donnèrent que des sueurs froides à la Squadra azzurra. Sans plus, hélas pour le joueur du FC Lucerne.

Arnaud Cerutti, de retour du Stade de Genève

04/06/2010

La der de la Suisse

Trois défaites. Trois contreperformances. Tel est le bilan de l'équipe de Suisse depuis qu'elle s'est qualifiée pour le Mondial 2010. 0-1 contre la Norvège, 1-3 contre le Paraguay et à nouveau 0-1, mais contre le Costa Rica cette fois-ci. Evidemment, le soufflé est retombé. Il devient difficile de vouloir donner des coups de "vuvuzelas" pour célébrer le départ de la Nati en Afrique du Sud. Mais tout de même, celle-ci mérite du soutien samedi soir au Stade de Genève.

A 20 h 45, elle accueille l'Italie, qui tire peut-être ses dernières cartouches en tant que championne du monde. Le match de demain soir sonne aussi comme la der de la Suisse avant l'envol vers le continent noir, prévu le 9 juin. Pour renouer avec un public qui a le moral en berne, Alexander Frei et compagnie se doivent de sortir le grand jeu. Ou, tout simplement, de présenter du jeu, afin d'effacer la piètre prestation de mardi soir.

012036_FVL013_913c4bef.jpgDépassés, les Helvètes n'ont pas brillé contre des Costariciens qui n'étaient pourtant pas des foudres de guerre. Les conclusions que les fans et la presse ont tirées se rejoignent. Celles du sélectionneur Ottmar Hitzfeld ne sont pas pareilles. L'Allemand continue d'avancer avec prudence, fidèle à un discours qui se veut rassurant.

Au sujet de la rencontre en elle-même: "Contre le Costa Rica, c'était un match de préparation. Nous n'étions pas au Mondial. Faisons preuve de patience."

Au sujet de Barnetta, méconnaissable depuis... 2006: "Il travaille pour être à son meileur niveau. Il faut être indulgent avec lui."

Au sujet du jeu trop bas de Frei: "Il était prévu, dans ce système en 4-4-1-1 que Frei joue en retrait de Nkufo. C'est son rôle."

Au sujet de Senderos, pas convaincant mardi: "Il est très en forme. D'accord, il commet une faute sur le but, mais cela peut arriver."

Langue de bois ou pas, Méthode Coué ou non, force est de reconnaître qu'Hitzfeld semble avancer en vouant une grande confiance aux siens. Demain soir, on aurait toutefois aimé qu'il essaye quelque chose. Lui qui affirme souhaiter "plus de fraîcheur, de l'amélioration dans le jeu, du mouvement, des idées", restera-t-il fidèle à son entrejeu (Huggel-Inler) plutôt lent et sans idées?

Allez, puisque la Suisse compte 7 millions de sélectionneurs, jouons aussi à l'équipe-type que nous aurions aimé voir sur la pelouse du Stade de Genève:
Benaglio - Lichtsteiner, von Bergen, Grichting, Ziegler - Padalino, Behrami, Schwegler, Barnetta - Derdiyok, Nkufo.
Hélas, ce ne sera, et de loin, pas celle-là.

Il se murmure en effet que l'équipe qui débutera face aux champions du monde sera:
Benaglio - Lichtsteiner, Senderos, Grichting, Ziegler - Behrami, Inler, Huggel, Barnetta - Frei, Nkufo.

 

02/06/2010

Hitzfeld doit agir en patron

Ainsi donc, l'équipe de Suisse a perdu hier soir contre le Costa Rica. 1-0, certes, mais c'est un 1-0 de trop. Sous le regard de Michel Platini, le spectacle qu'elle a présenté s'est révélé triste et sans vie. Quinze jours avant leur entrée en matière contre l'Espagne, force est de reconnaître que les joueurs d'Ottmar Hitzfeld ne sont pas prêts à s'en aller défier les Champions d'Europe. Et ni le Chili, ni le Honduras, par ailleurs.

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Malgré tout, le sélectionneur garde la tête haute: "Notre première demi-heure fut d'excellente facture. Nous avons ensuite baissé pied. En seconde période, nous étions bien repartis avant d'être cueillis en contre", a-t-il lâché. On aurait aimé qu'il délivre un autre message au sortir de la piètre prestation de ses ouailles. Qu'il ose enfin sévir et lâcher des mots qui font mal et résonnent comme ceux d'un patron. Sa carte de visite, immense, lui permet de remonter les bretelles de joueurs comme Frei ou autre Senderos. Son discours doit être plus fort.

La magie helvétique n'opère pas, n'opère plus. Il y a tout lieu de s'inquiéter quant aux trois matches qui attendent la Nati en Afrique du Sud. A l'heure actuelle, difficile d'imaginer qu'il y en aura un quatrième à la Coupe du monde. A moins que la pâle performance d'hier soir ne soit la conséquence d'une préparation physique ultra soutenue? C'est la dernière lueur d'espoir qui nous habite. Il va falloir réagir samedi à Genève contre l'Italie.

Cette Suisse-là, décevante, manque d'un autre défenseur central qui puisse être à la hauteur de Stéphane Grichting. Elle manque également d'un patron dans l'entrejeu, capable de mettre le pied sur le ballon et/ou de donner du rythme au match. Enfin, l'attaque péclote. Depuis les trois buts inscrits au Luxembourg en octobre dernier, l'équipe nationale ne marque plus. Ca fait peur. Et pendant ce temps-là, Ben Khalifa est en vacances...