06/02/2012

Basha, Vitkieviez: des idées pour "Gottmar"?

Dans trois semaines, l'équipe de Suisse entamera son année 2012 à Berne, contre l'Argentine. Evidemment, avec Lionel Messi en face, l'affiche met l'eau à la bouche, fait rêver les spectateurs et même les internationaux dirigés par Ottmar Hitzfeld. Mais il ne sera pas question pour eux de regarder jouer les Sud-américains. Car une nouvelle ère doit souffler pour «notre» équipe nationale, laquelle prépare déjà les éliminatoires de la Coupe du monde 2014, qui débuteront en septembre prochain.
La rencontre avec les Argentins doit à présente permettre à Gökhan Inler et à ses partenaires de franchir un palier, de retrouver leur vrai football, celui qui avait fait rêver tout un pays entre 2002 et 2006, à une époque où la Suisse s'appuyait sur des leaders tels Patrick Müller, Johann Vogel, Raphaël Wicky ou encore Hakan Yakin.
Cette époque est révolue, soit, mais d'autres éléments sont appelés à prendre définitivement le relais, ce printemps déjà. Outre le Napolitain d'adoption, adulé en Italie mais transparent avec son brassard sur le bras, des joueurs comme Benaglio, Lichtsteiner - excellent actuellement avec la Juventus - voire Barnetta, le jour où il retrouvera la forme, doivent se transcender. Et accompagner une jeunesse prometteuse - F. Frei, Rodriguez, Shaqiri, G. Xhaka - vers un futur rayonnant.
Reste que le groupe n'est pas figé et Ottmar Hitzfeld doit aussi se tourner vers de nouveaux joueurs, susceptibles d'amener une concurrence à sa troupe. A la fin du mois, l'Allemand va certainement rappeler des joueurs déjà convoqués par le passé (Affolter, Ben Khalifa...), mais il pourrait aussi chercher des néophytes.
A ce titre, il ne serait pas stupide de lancer un coup de fil à Matias Vitkieviez. A 26 ans, le Genevois a réussi un début de saison canon en Super League avec Servette, avant d'effectuer un saut (déjà) réussi avec Young Boys. Percutant, insouciant, jamais avare de ses efforts, «Mati» mériterait une convocation internationale. Non, ce jugement n'est pas consécutif à son excellent week-end. Seulement, sa performance d'hier au Stade de Suisse ne fait que renforcer son statut de sélectionné potentiel. Avec la blessure d'Eren Derdiyok, qui s'est ouvert le pied, le natif de Montevideo ferait figure d'arme offensive supplémentaire. Mais «Gottmar» en pince-t-il pour lui?
Enfin, puisqu'on en est à la Super League, pourquoi ne pas également téléphoner à Vullnet Basha, brillant à Xamax puis déjà titulaire à Sion? Dans l'entrejeu, l'ancien Lausannois pourrait amener quelque chose d'intéressant. Non?

29/09/2011

On remercie Hitzfeld?

Au printemps passé, on a assez bavé sur Ottmar Hitzfeld pour, aujourd'hui, lui rendre hommage lorsqu'il effectue de bons choix. Depuis qu'il a été comme libéré par la retraite internationale d'Alexander Frei, le général de la Nati a été contraint et forcé de rajeunir ses cadres. On ne saura jamais vraiment si c'est une décision délibérée ou imposée par les circonstances, mais toujours est-il qu'elle lui a permis de se remettre sur le droit chemin. Et tous ses protégés avec lui.

On avait vu, au mois de juin, que les convocations distribuées à Innocent Emeghara, Admir Mehmedi et Granit Xhaka avaient été marquées du sceau de l'intelligence. On avait constaté, en août puis en septembre, que les coups de fil lancés à Gaetano Berardi, Fabian Frei, Timm Klose, Fabian Lustenberger et Yann Sommer s'inscrivaient dans la même logique, avec la même pertinence.

Alors, cet après-midi en découvrant la sélection appelée à affronter le Pays de Galles (le 7 octobre) et le Monténégro (le 11), on s'est tout autant réjoui que lors des dernières listes dévoilées par l'ancien mentor du Bayern Munich. On constate en effet que ce dernier a eu l'intelligence de faire appel à Ricardo Rodriguez, le (très) prometteur latéral gauche du FC Zurich.

A peine âgé de 20 ans, le robuste défenseur obtient ici la récompense d'une année 2011 haute en couleurs, marquée notamment par un début de saison sur les chapeaux de roue. Actuellement, il est l'une de seules satisfactions d'un FCZ qui peine à se faire entendre en Super League. Surtout, devant les difficultés de Reto Ziegler à se transcender avec le tricot rouge à croix blanche sur les épaules, il fait office de deuxième (ou peut-être même premier) choix pour occuper ce flanc sensible de l'arrière-garde helvétique.

A Swansea puis à Bâle, rappelons-le, les Suisses se devront d'aller forcer la porte des barrages, pour continuer à croire en une qualification pour l'Euro 2012 qui, jusqu'à il y a encore huit semaines, paraissait totalement improbable.

Même si le match en terre galloise ne sera pas une partie de plaisir, espérons que Hitzfeld aura le tableau d'affichage en sa faveur à cinq minutes de la fin. Histoire de faire entrer en jeu le fameux Rodriguez, «l'obligeant» à être un international suisse à vie. Né d'un père espagnol et d'une mère chilienne, l'intéressé, champion du monde M17 avec Ben Khalifa et Xhaka, est en effet surveillé de près par la sélection sud-américaine. C'est le moment!

03/02/2011

L'étincelle d'Ottmar

On est aujourd’hui tous en droit de se poser la question, et la Tribune de Genève l’a fait dans son édition de mercredi dernier: faut-il encore croire en Ottmar Hitzfeld? A l’heure où l’ASF s’apprête, de manière totalement stupide, à prolonger jusqu’en 2014 le bail du sélectionneur national, il est en effet venu le moment de poser sérieusement la question de la crédibilité actuelle de l’ancien mentor du Bayern Munich.

S’il fallait répondre maintenant à l’interrogation susmentionnée, la réponse serait non, trois fois non. De un car le bonhomme coûte (très) cher. De deux car ses résultats à la tête de la Suisse ne sont pas convaincants et on en veut pour preuve les qualifications de l’Euro 2012 dans lesquelles sa troupe est en fâcheuse posture. Enfin, troisièmement, car ses choix ont suscité à plus d’une reprise de gros questionnements dans le paysage du foot suisse.

Il est vrai que, quand on est incapables de battre le Honduras et qu’on s’en va perdre au Monténégro, on ne mérite pas de conserver sa place de travail, qui plus est avec des émoluments dépassants les 2 millions de CHF par année. Tout cela est bien clair.

Reste que, ce matin, «Gottmar» a fait quelque chose susceptible de redorer un peu son blason; il a convoqué Blerim Dzemaili en équipe nationale. Enfin, depuis le temps qu’on réclamait la présence de l’ancien Zurichois sous le tricot rouge à croix blanche! Pour aller affronter Malte en match amical, Hitzfeld a décidé de donner sa chance au Parmesan qui, on peut en être certains, ne la laissera pas passer. Reste ensuite à la renouveler, notamment pour aller gagner en Bulgarie à la fin du mois de mars.

Après plus d’une année et demie d’errance, la Suisse est peut-être en train de se retrouver un véritable meneur de jeu, un leader d’équipe. Avec Hakan Yakin, Dzemaili est en effet le seul joueur muni d’un passeport rouge à croix blanche à savoir livrer une passe décisive et à faire des étincelles dans le jeu. Gageons que cela nous changera des sempiternelles incohérences de Gökhan Inler et de la lenteur de Pirmin Schwelger!

15/10/2010

Frei aïe aïe...

Tout et son contraire a été dit depuis une semaine au sujet d'Alexander Frei.  Mais on est prêts à miser gros sur le fait qu'on le reverra un jour sous le maillot de l’équipe de Suisse. Peut-être pas au mois de novembre contre l’Ukraine, mais le capitaine - abandonné par son public - ne délaissera pas son brassard sur une sortie aussi pathétique que celle qu’il a connue à Bâle contre le Pays de Galles.

Son tempérament va le pousser à tenter de répondre aux sifflets du Parc Saint-Jacques. Mais en a-t-il seulement les moyens? On peut se poser la question, car, soyons francs, l’ancien renard des surfaces n’est plus qu’une ombre et le fait que les fans de l’équipe de Suisse l’aient hué ne nous choque pas plus que cela. Comme le rappelait très justement Paul-André Cornu, président d’Yverdon-Sport, dans les colonnes du Matin: «Aujourd’hui, les gens critiquent moins le fait qu’il ne marque plus que son comportement, qui peut être perçu comme méprisant.» Arrogant, le Bâlois n’est pas le leader qu’il devrait être. Pis, il est devenu un poids dans le groupe suisse. 

Dans le même article du quotidien orange, l’ancien international Georges Bregy livrait également une analyse très pertinente de la situation que traverse l’ex-Servettien: «Frei veut tout faire alors qu’il n’en a manifestement pas les capacités. Quand il doit être là, il n’est plus là. Sa présence est pesante au sein même du groupe. Il crispe ses coéquipiers, qui avaient tous été contents de gagner sans lui contre l’Espagne au Mondial. Le jour où il a inscrit son quarantième but international, il avait repoussé ceux qui voulaient le féliciter pour montrer qu’il était. Un tel comportement en dit long sur sa personnalité...»

Le malaise est perceptible à des kilomètres. Depuis la blessure qu’il a contractée avant d’embarquer pour l’Afrique du Sud, le Bâlois est crispé, crispant surtout. Son rendement est en dessous de tout. Sauf en club. Où même son entraîneur Thorsten Fink reconnaît qu’il n’aurait pas dû jouer le Mondial!

La Suisse à dos, Alexander Frei rumine aujourd’hui sa colère. Et sa peine, aussi, car il est évidemment touché par le sort qui lui est réservé. Ses gestes en quittant la pelouse à la 79e minute du match contre le Pays de Galles semblaient signifier la fin de sa carrière internationale. Avec le temps et après une discussion avec Ottmar Hitzfeld, le meilleur buteur de l’histoire de la Nati reviendra-t-il sur sa décision? «Je le souhaite, confesse le sélectionneur. Il faut absolument que je discute avec lui avant le mois de novembre. Mon but est qu’il poursuive l’aventure avec nous. Alexander est et restera notre capitaine. Il ne faut pas qu’il prenne une décision à la hâte. J’ai été choqué par les sifflets qui ont accompagné sa prestation

L’ancien mentor du Bayern Munich ne s’entête-t-il pas avec un homme de caractère qui pense d’abord à ses intérêts personnels plutôt qu’aux intérêts collectifs? A notre sens, la réponse est oui. D’autant plus que le Frei de 2010 n’est plus le Frei de 2005. Il n’est pas irremplaçable, même sous le tricot national. «Quand on évoque l’Alex meilleur buteur du Championnat de France, on parle d’une époque révolue», assène Christian Constantin, le boss du FC Sion. Qui, même s’il ne fait pas l’unanimité, sait de quoi il cause.

Muet face à la presse comme devant le but, l’ex-attaquant du Stade Rennais n’a pour sa part pas daigné réagir aux flèches dont il est victime aux quatre coins du pays. «Je n’ai rien à dire», lança-t-il aux journalistes qui l’attendaient à l’entraînement, au lendemain de sa sortie conspuée contre les Gallois. Toujours prompt à «l’ouvrir» pour faire de grandes déclarations d’intention avant les matches, Frei l’écorché-vif peine dorénavant à assumer ses ratés. En faisant le poing dans sa poche et en reconnaissant ses erreurs, le Bâlois retournerait déjà très vite l’opinion publique. Laquelle ne supporte plus sa «tête de lard» et son manque d’impact dans le jeu. Arrive un moment où il faut savoir tourner la page. «C’est ce qu’avaient su faire Bregy ou Geiger», conclut Constantin, dans Le Matin.

13/10/2010

Alexander Frei: clap de fin?

 

 

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Personne n'en parle ce matin, mais le match nul arraché à Londres par le Monténégro n’arrange pas vraiment les affaires de l’équipe de Suisse. Mais il est vrai le sujet qui va occuper les esprits helvétiques ces prochaines heures concerne davantage Alexander Frei que le leader du groupe.

Conspué par les spectateurs pour sa fade performance de hier soir, le capitaine de l’équipe de Suisse n’a pas pu rester insensible aux sifflets de… son public bâlois. En rejoignant le banc lorsque Hitzfeld le remplaça par Derdiyok à la 79e minute, il a multiplié les gestes, comme pour laisser entendre qu’il venait de vivre sa dernière sélection. «Alex ne doit pas arrêter», a lancé Hitzfeld.

Reste que, depuis plus d’une année maintenant, son attaquant ne trouve plus le chemin des filets. Pis, il ne parvient plus à mettre le feu dans les défenses adverses durant les matches internationaux. A 31 ans, l’ancien Servettien est devenu un poids dans son équipe. Après sa sortie, on a vu la Suisse se libérer. La performance de son remplaçant, éblouissant en dix minutes, a amplifié le malaise. Mais, orgueilleux, Frei va certainement réfléchir durant l’hiver.

On l’imagine assez bien faire l’impasse sur le match amical contre l’Ukraine avant de revenir en mars pour affronter la Bulgarie. A moins que, d’ici-là, Hitzfeld ne songe enfin à faire confiance aux jeunes. Affaire à suivre.