18/07/2012

Ibra envoie Paris sur une autre planète

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Depuis moins de 24 heures, c'est, en France, la grosse nouvelle, celle qui fait couler de l'encre aux quatre coins du pays et déclenche des vagues de commentaires sur Internet. L'officialisation du transfert de Zlatan Ibrahimovic au Paris Saint-Germain - pour un salaire annuel avoisinant les 18 millions de francs suisses! - fait office de véritable séisme et relance l'intérêt pour la Ligue 1. Les Français se disent forcément qu'en accueillant une telle star dans leur championnat, l'avenir de leur football pourrait s'annoncer plus rose. Que d'autres grands joueurs pourraient un jour évoluer chez eux.

Cela reste à voir, bien sûr, mais le raisonnement n'a rien d'infondé. Au-delà de l'arrivée de la mégastar suédoise, c'est bien entendu le PSG qui se voit fondamentalement bouleversé. Depuis juin 2011 et l'arrivée des Qataris à sa tête, le club de la capitale vit une mue quasi sans précédent dans l'histoire du football. Cela ne plaît pas à tout le monde, évidemment, car dépenser pareillement en période de crise est logiquement mal vu.

Reste que, sous l'impulsion du directeur sportif Leonardo, les plus grands joueurs n'hésitent désormais plus à pointer leur nez au Parc des Princes. Même si Beckham, Higuain ou Kaka ont (auraient) refusé d'installer leurs crampons près de la Tour Eiffel, l'effectif s'est miraculeusement consolidé, densifié en quatorze mois.

Le PSG, maintenant, n'a plus rien d'un club français. Son entrée en matière début août dans la saison 2012/2013 contre le FC Lorient présentera un saisissant contraste. Face aux multimillionnaires, les «Merlus» d'Innocent Emeghara ne ressembleront pas à grand-chose. Sur le papier, en tout cas, car rien n'indique que la tirelire parisienne soit un gage de titres.

Le plus intéressant, finalement, sera de comparer le Paris Saint-Germain d'une année à l'autre. Le samedi 6 août 2011, le premier PSG des Qataris en match officiel - déjà aligné contre Lorient pour une défaite 0-1 - évoluait dans la composition suivante: Sirigu - Jallet, Bisevac, Sakho, Tiéné - Matuidi, Chantôme - Ménez, Néné - Hoarau, Gameiro. Douze mois plus tard, il devrait démarrer avec un onze de base qui, niveau réputation et talent, n'aurait plus grand-chose à voir:

Sirigu

Jallet, Thiago Silva, Alex, Maxwell

Sissoko, Thiago Motta, Pastore

Ménez, Ibrahimovic, Lavezzi

15/01/2012

La France du foot: triple A?

Tiens, et si le fameux club des cinq ne comptait finalement que quatre membres? Aujourd'hui, on peut en effet se poser des questions quant à la composition exacte de ce que l'on appelle traditionnellement les «meilleurs championnats européens». D'ordinaire, on glisse dans cette caste très fermée l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne, l'Italie et la France.

Or, ce dernier, depuis quelque temps déjà, commence à péricliter. Le jugement n'émane pas forcément du soussigné, mais bien de ses principaux observateurs. On se souvient des salves régulières que Pierre Menès envoyait lorsqu'il hantait le plateau de l'émission «100% Foot». On se rappelle aussi de la mission que la LFP avait confiée à Michel Hidalgo afin d'imaginer un scénario capable de dynamiser son championnat. A en croire l'actualité, la Ligue 1 serait un «championnat en bois», qui n'aurait plus de quoi faire jeu égal avec ses voisins.

Force est de constater que la sentence n'est pas dénuée de sens. Au niveau du spectacle, il est vrai que la France peine à s'emballer pour les dix matches qui «animent» ses journées. Les rencontres du dimanche sur Canal + - à moins que celle de tout à l'heure entre Marseille et Lille ne nous fasse taire - se terminent souvent sur des tristes 0-0. Du coup, la réputation de la L1 ne va pas en s'améliorant.

Cela se constate d'autant plus en coulisses, car, en débarquant à Paris au mois de juin dernier avec des milliards dans leurs bagages, les nouveaux propriétaires qataris du PSG pensaient pouvoir attirer les plus grands noms chez eux. Hélas, jusqu'à ce 15 janvier, on n'a vu que Pastore poser ses crampons au Parc des Princes. Les uns et les autres ont tous répondu «non» aux sirènes du club de la capitale. Pêle-mêle, Beckham, Benzema, Damiao, Kakà, Maicon, Pato et encore Tévez ont été annoncés comme tout proche d'un accord avec le PSG avant que celui-ci ne doive déchanter.

Si les stars refusent à présent de rallier la France, il doit y avoir une raison. Et elle ne s'appelle sans doute pas triple A.

03/10/2011

L'équipe-type du week-end

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Hugo Lloris (Lyon): certes, il prend un but dans un angle qu'il aurait pu fermer, mais combien de fois le portier des Gones n'a-t-il pas retardé l'échéance contre un PSG ultrasupérieur, hier soir au Parc des Princes? Meilleur gardien de France, sans doute parmi les cinq meilleurs du monde actuellement, l'ancien Niçois est du pain bénit pour Jean-Michel Aulas. Sans lui, l'OL ne serait d'ailleurs pas en Ligue des champions cette saison. La double prime, même en cas de défaite, il la mériterait...

Stephan Lichtsteiner (Juventus): mine de rien, le Lucernois fait son chemin en Italie. A la Juventus, l'exigeant Antonio Conte lui voue une confiance aveugle. Par ses débordements sur le flanc droit et son incessante activité, l'international suisse est en train de vivre les plus grands moments de sa carrière sous le maillot d'une «Vieille Dame» rafraîchie.

Kyle Walker (Tottenham): on allait dire que marquer un but contre Arsenal n'arrive pas tous les jours. Mais, comme le temps, les «Gunners» changent et ne font plus peur à personne. Il n'empêche: le jeune défenseur des «Spurs» a tué le pire ennemi de Tottenham et gagné sa première sélection internationale. Pas mal pour un mec qui a eu Gérard Houllier comme entraîneur.

Issac Vorsah (Hoffenheim): le Bayern Munich qui ne marque pas, c'est en partie en raison de la défense terrible du Ghanéen sur Mario Gomez. Le géant de l'attaque bavaroise avait sans doute la tête tournée vers l'Oktoberfest, mais il s'est fait mettre en bière par son vis-à-vis.

Siaka Tiéné (PSG): «Siak'Attak»; l'Ivoirien a été clairvoyant pour réaliser son meilleur match avec le Paris Saint-Germain. Ca tombe bien, puisque c'était contre l'Olympique Lyonnais à l'occasion du match au sommet. Décidément, un Tiéné vaut mieux que deux tu l'auras.

Andrea Pirlo (Juventus): l'AC Milan avait cru bon de le céder gratuitement à la Juventus cet été. Pas reconnaissant pour un sou, le magnifique Pirlo a fait des misères à ses anciennes couleurs, hier soir. Décisif, il prouve que, malgré les critiques, son âge (32 ans) est un gage de réussite.

Javier Pastore (PSG): énorme, ce «Flaco» (maigre)! L'élégance même, incarnée par la pureté du geste. Soliste merveilleux qui sait aussi ce mettre au service du collectif, l'Argentin marche sur les traces de ses plus grands compatriotes. Puisse sa belle entame de saison parisienne se poursuivre.

Mario Götze (Borussia Dortmund): peu à son aise en milieu de semaine contre Marseille sur la scène de la Ligue des champions, le prodige allemand a remis Dortmund dans le sens de la marche. Victoire 4-0 ce week-end. Contre le petit Augsbourg certes, mais trois points qui regonflent le moral des hommes de Klopp.

Andrew Johnson (Fulham): un triplé contre les Queen's Park Rangers remet l'ancien international anglais sur le devant de la scène. Il se rappelle aux bons souvenirs des anciens, qui avaient fini par lui préférer un autre Johnson - Adam (Manchester City). L'Equipe.fr a d'ailleurs confondu les deux hommes, ce matin.

Claudio Marchisio (Juventus): un doublé contre l'AC Milan pose son homme. A 25 ans, c'est le début d'une nouvelle ère pour l'ancien joueur d'Empoli, qui va rapidement devenir aussi «bankable» qu'Inzaghi et Vieri. Attention de ne pas partir en sucette comme le deuxième cité.

Gonzalo Higuain (Real Madrid): quand Benzema n'est pas là, Higuain danse. Et balance un triplé dans la cage de l'Espanyol de Barcelone. Comme une renaissance pour l'Argentin, qui rêve de sortir de l'ombre de son envahissant coéquipier lyonnais.