17/04/2012

Le Barça sentirait-il le sapin?

 

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L'Europe du football retournerait-elle sa veste? On peut le penser! Elle qui a tant encensé le FC Barcelone version Pep Guardiola est en train de virer de bord. Les plumitifs «as de la dithyrambe» et les consultants - et Dieu sait que d'aucuns sont de pacotille - ont subitement appris à reformuler leur(s) discours. A émettre quelques bémols à tout ce qu'ils avaient pu prétendre dans un très récent passé.

Aux termes «plus belle équipe du siècle» et «meilleurs joueurs de l'histoire» ont succédé les points d'interrogation. La machine collective mise en place par le technicien déplumé n'est plus intergalactique, mais simplement banale. C'est en tout cas que le message que certains tentent de faire passer depuis que Lionel Messi et sa formidable cohorte ont un temps compté dix points de retard sur le Real Madrid en championnat. C'est aussi ce qui s'est dit après que les champions d'Europe aient «péniblement» franchi l'obstacle AC Milan en quarts de finale de la C1.

La démonstration livrée au tour précédent de la Ligue des champions contre le Bayer Leverkusen n'avait pas totalement dissipé le malentendu sur le niveau de jeu de cette équipe royale. Une formation qui survole son sujet comme l'a fait le groupe blaugrana contre Derdiyok et Cie aurait pourtant eu droit à six mois de tranquillité. Mais pas le Barça!

Car le Barça, aujourd'hui, fâche. Sa domination et son aisance technique irritent.

A tel point que les loups guettent le moindre faux pas au coin du bois. Au vrai, la question qui circule aujourd'hui est la suivante: Barcelone sentirait-il le sapin? Ou, différemment formulée: la poudre magique que le collectif catalan disperse aux quatre coins du monde depuis près de trois ans serait-elle usée?

La réponse tombera dans les heures qui viennent, dans la semaine qui vient. Avec un déplacement à Londres demain soir pour y affronter Chelsea, la réception du Real Madrid samedi soir et un match retour à domicile contre les «Blues» mardi prochain, Pep Guardiola - qui s'interroge encore sur le fait de rester sur le banc du Camp Nou - devra faire taire ses détracteurs. Ou pas.


 

15/09/2011

Ah, être beau et riche...

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Dans une société qui se passionne d'abord pour l'esthétisme et l'argent, être beau et riche devrait être une chance, un don de Dieu. Mais malheureux sont ceux qui ont hérité de ces deux «qualités» (?), si l'on en croit le «pauvre» Cristiano Ronaldo, le Caliméro du ballon rond. Ainsi, hier soir, le joueur du Real Madrid n'a pas supporté d'être sifflé par le public du Dinamo Zagreb, contre lequel il débutait sa saison en Ligue des champions. A chaque ballon touché, le trop-bien-coiffé-footeux a eu droit à des huées. Il s'en est offusqué, comme il s'est plaint de l'arbitrage du Norvégien Moen.

«Est-ce qu'on me siffle parce que je suis beau et riche?, a-t-il osé se demander devant les journalistes. Est-ce que je fais des envieux parce que je suis un grand joueur?»

Ses copains n'ont pas osé lui répondre. Comme on ne fait pas partie du lot, on va le dire franchement: non, Cristiano, tu es sifflé parce que tu as un melon pas possible. N'est pas Lionel Messi qui veut...

 

03/05/2011

Le Real Madrid éliminé... pour l'ensemble de son "oeuvre"

L’impression qu’avait laissée le match aller s’est donc confirmée: le Real Madrid ne parvient pas à trouver la clef face au jeu rapide du FC Barcelone. Devant les artistes, les besogneux continuent de pécloter. Ce soir, même une réussite de Marcelo n’a pas véritablement fait naître le suspense au Camp Nou. Supérieurs, les Catalans ont fini par valider leur billet pour la finale de la Ligue des champions. Leur deuxième en trois éditions.

Même si, à travers la qualification des hommes de Guardiola, c’est le beau jeu qui est récompensé, force est de reconnaître que le football qui a pris le pas lors de ce match retour n’est pas celui que l’on apprécie le plus. Entre coups bas et simulations, le public a été (mal) servi. Il ne s’en est pas fallu de grand-chose pour que le «clasico» ne se termine à nouveau sur un petit carton rouge. Finalement, le Real aura été éliminé pour «l’ensemble de son œuvre». Mais, bien que les «Merengue» irritent en exhibant leurs pires côtés dès lors qu’ils croisent les crampons avec leurs ennemis, l’attaquant catalan Pedro n’est pas en reste.

Tout le temps par terre, il a même perdu toute considération à force de crier au loup. A la 91e, lorsqu’il eut vraiment mal, personne ne désira arrêter le jeu pour qu’il puisse se faire soigner. En se roulant dans l’herbe, il nous a rappelé l’Iniesta de la Coupe du monde, lequel, en Afrique du Sud, ne fit pas un mètre sans tomber. Ca aussi, disons-le tout net, c’est irritant.

Après, bien sûr que le Barça méritait sa qualification. Mais il ne sera certainement pas aussi souverain qu’il y a deux ans s’il devait retrouver Manchester United en finale. On a vu, sur certaines séquences, que les Catalans n’aimaient pas être gênés aux entournures par leurs adversaires. Ils n’apprécient pas de ne pas avoir la mainmise sur le ballon, qui leur permet d’installer leur jeu de passes courtes. Bref, cela n’aura certainement pas échappé à Alex Ferguson.

Le manager écossais de «ManU» aura certainement apprécié le retour au jeu d’Eric Abidal, qui était absent depuis le mois de mars après qu’on lui eut diagnostiqué une tumeur au foie. Fêté par le public et ses coéquipiers, le Français est redevenu un vrai joueur de foot. Guéri. Et c’est tant mieux. Gréviste il y a une année dans un bus à Knysna, le défenseur parisien est aujourd’hui un homme ressuscité. Sans doute qu’il voit désormais la vie d’un autre œil. Du fameux car des «Bleus», il y en a au moins un qui a mûri. Mais pas forcément dans les circonstances qu’on lui aurait souhaitées.

12/01/2011

Mourinho a raison

Elu lundi soir meilleur entraîneur la planète football par un jury composé des capitaines et sélectionneurs issus des 208 fédérations internationales ainsi que par quelques journalistes, José Mourinho, celui que l'on aime ou que l'on déteste (c'est selon), a savouré ce trophée à sa juste valeur. Mais sans trop en faire, en tenant d'abord à remercie les joueurs de l'Inter Milan qui, dit-il, lui ont permis d'être sacré.

C'est en toute modestie (eh oui) que le technicien portugais a célébré sa récompense. Sous les applaudissements nourris de Wesley Sneijder, l'homme qui méritait le Ballon d'or. Et juste après que Pep Guardiola, son homologue du Barça, lui eut tendu une molle poignée de mains.

S'il a pour habitude de voir juste sur le terrain, le «Mou» a également confirmé avoir l'analyse fine en dehors, dans les coulisses. C'est ainsi que, au cœur des salons feutrés du Palais des Congrès de Zurich, à l'heure de répondre à la question: «Auriez-vous voté pour vous comme entraîneur de l'année?», il a répondu: «Le problème, c'est qu'il est impossible de comparer le travail d'un entraîneur de club, comme moi, et celui de sélectionneur, comme le fait Vicente del Bosque (son dauphin au classement). En automobile, est-ce qu'on peut dire qui est le meilleur entre Fernando Alonso et Carlos Sainz? Non. Là, c'est pareil. En plus du trophée de meilleur entraîneur, il devrait y avoir un trophée du meilleur sélectionneur.»

Une fois de plus, Mourinho a raison. La FIFA et France Football doivent se pencher sur l'idée de créer un nouveau prix. On ne peut pas distinguer un homme qui suit ses ouailles au quotidien d'un autre, qui fait du repérage, des essais et ne doit les conditionner que sur des préparations de quelques heures.

Reste une certitude: même si le prix de sélectionneur de l'année avait déjà existé cette année, Ottmar Hitzfeld n'aurait pas été candidat (ok, ok, elle était facile)!

 

16/07/2010

José Mourinho, l'an 1

La Coupe du monde enfin envolée vers les cieux espagnols, la page est tournée. Place, maintenant, au retour à la normale et à... José Mourinho. Le grand raout de la FIFA étant terminé, on va de nouveau entendre parler de l'entraîneur portugais. Homme clé de la scène européenne la saison dernière, l'ex-coach de l'Inter Milan, vainqueur de la Ligue des champions au mois de mai, s'attaque au plus grand défi de sa carrière. A 47 ans, propulsé sur le banc du Real Madrid, il a tout à perdre au travers de cette aventure dans la capitale espagnole.

Hier, le "Mou" a rassemblé pour la première fois son équipe afin d'attaquer la préparation en vue d'un exercice qui doit permettre au club merengue de redorer son blason. Privé de titre ce printemps, il n'est plus qu'une ombre, même s'il ne lui a manqué qu'un tout petit point pour décrocher la Liga. L'emprise qu'exerce le voisin barcelonais sur le championnat n'est pas du goût des "socios" de la "Maison-Blanche". Sans ses stars - en vacances après le Mondial -, le nouvel entraîneur a surtout tenu à faire un tour d'horizon des trous qu'il doit combler dans son effectif afin de faire du Real un club qui gagne.

Les départs des vétérans Guti (Besiktas?) et Raul (Schalke?) semblant entérinés, Mourinho veut désormais renforcer le secteur défensif, bien mal en point la saison dernière. A priori, il va donner sa chance à Lassana Diarra. Le Français, qui a vu ses performances chuter depuis le début de l'année, a pu se reposer après avoir dû déclarer forfait pour la Coupe du monde. Son entretien avec l'ex-mentor de Chelsea l'a rassuré. En outre, Sergio Canales (Racing Santander) et Pedro Leon (Getafe) ont rejoint Bernabeu. Pour compléter ces arrivées, le Portugais souhaiterait encore enrôler Bruno Alves (Porto), Maicon (Inter Milan) et Schweinsteiger (Bayern Munich), mais l'affaire est loin d'être entendue, les trois clubs n'étant pas très "chauds" à lâcher leur joyau.

Offensivement, avec Kaka, Ronaldo, Higuain ou encore Benzema, Mourinho n'aurait a priori pas trop de soucis à se faire, même si trois de ces quatre joueurs ne montrent rien depuis plusieurs semaines. Voilà pourquoi l'Argentin Di Maria (Benfica) a été engagé. Le "Mou" garderait un oeil sur Gerrard (Liverpool), Khedira (Stuttgart) ou encore Jovetic (Fiorentina).

Ces noms ronflants donnent de l'espoir aux Madrilènes, mais on a déjà vu dans un récent passé que des stars ne faisaient pas une équipe. A Mourinho, donc, de trouver la clé pour que ce collectif devienne une vraie réussite. L'an 1, c'est maintenant.