28/11/2011

Federer, Cuche... Alves: destins contraires

 

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On a touché au sublime, ce week-end. Grâce à Roger Federer, évidemment. Une fois de plus, le Bâlois a ravi les téléspectateurs, joué avec leurs sentiments. Au-delà de ses fans, ce sont simplement les amoureux du beau jeu et des émotions qui s'émerveillent des performances d'un champion hors du commun. Ah, si c'est ça être «sur le déclin», je le rejoindrai volontiers sur cette pente descendante!

Quand l'artiste de Münchenstein peint ses tableaux comme il le fait depuis un mois, on ne peut s'empêcher de voir ressurgir les plus belles images du passé de l'homme aux 16 titres du Grand Chelem. Celui que d'aucuns considéraient encore il y a peu comme un fantôme.

Il y a un an, après une Masters Cup déjà marquée de son empreinte, on pensait le voir courir vers une saison 2011 héroïque. Celle-ci ne l'a pas vraiment été, alors on évitera de s'épancher sur ce que pourrait être 2012. Reste que tous les voyants sont au vert pour qu'un 17e Majeur se glisse dans sa poche.

Mais, avant d'évoquer des perspectives encore floues, laissons d'abord parler la beauté du geste, l'impression du moment, la magie de l'instant. «Fed» est sur le toit du monde. Comme personne avant lui. Et comme personne, sans doute, après lui. N'en déplaise à Novak Djokovic.

Les destins contraires ont émaillé le week-end sportif. Celui de Didier Cuche emprunte les traces de Roger Federer. Là, le travail a remplacé le talent, mais la finalité est identique. A plus de 30 ans, on peut toujours briller. Le «vieux lion» des Bugnenets dévale les pistes plus rapidement que les autres, ou presque, avec cet art de tendre les trajectoires au maximum et de toucher, lui aussi, au sublime. Au subtil. Les Autrichiens, qui avaient joué la carte de la provoc durant la semaine, ont appris à la boucler. A double tour. Le Maître du tennis s'appelle Federer. Celui du ski se nomme Cuche.

A Genève, le patron du foot, de toute évidence, répond au nom de Costinha. Directeur sportif du Servette, l'ancien international portugais a eu la peau de Joao Alves. Tard hier soir, il a actionné la guillotine sur l'homme qui a permis aux Grenat de rejoindre la Super League. Histoire de le remplacer par un sinistre inconnu. Ou comment se tirer une balle dans le pied? Réponse viendra au printemps.

 

19/01/2011

Il faut savoir souffrir pour être grand...

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L'adage dit qu'il faut savoir souffrir pour être beau. On pourrait aussi rappeler qu'il faut savoir souffrir pour être grand. Roger Federer le sait mieux que quiconque, lui qui, depuis plus de dix ans, remet chaque jour l'ouvrage sur le métier pour rester au sommet du tennis mondial. Ce matin encore, le géant bâlois s'est offert quelques sueurs froides, au coeur de la Rod-Laver Arena.

Son deuxième tour de l'Open d'Australie aurait pu tourner au cauchemar, si son expérience ne lui avait pas permis de faire la différence dans les derniers instants face au coriace Gilles Simon, au bout d’un match engagé long de cinq manches et près de trois heures de jeu.

Après deux sets menés tambour battant, la mécanique helvétique s'est en effet mise à toussoter. Un peu moins bien sur ses appuis, un peu moins tranchant dans ses (trop rares) attaques, le numéro 2 mondial a également vu le Français réagir avec conviction, comme si celui-ci avait pris conscience de la probabilité de l’exploit. «Je n’ai jamais remporté un match après avoir été mené deux manches à zéro, relatait Simon. Je me suis alors dit que ce serait un miracle que cela tombe sur lui…»

Et, bien qu’il ait flirté avec, ledit miracle ne s’est pas produit. Embarqué dans un cinquième set de tous les dangers, Federer a finalement su forcer la décision, même si Simon, courageux comme pas deux, sauva encore quatre balles de match, dont l'une sur un passing qui fit "let" et retomba sur... la ligne. «A un moment donné, Roger a encore su élever son niveau, poursuivait le tricolore. Et moi, au même moment, je ne pouvais plus…»

Le doute passé, le recordman du nombre de tournois du Grand Chelem remporté, poussait un ouf de soulagement: «Je suis content de m’être qualifié, glissa-t-il en conférence de presse. Il y a des choses positives à retenir de ce match.»

Notamment le principal, à savoir qu’un troisième tour l’attend, plutôt qu’un billet retour pour sa Suisse natale. Le fait d’avoir vécu mille tourments ce matin va peut-être grandement aider Federer à aborder la suite de ce tournoi. Il ne pourra ainsi pas être surpris, s’il va plus loin, le jour où il égarera une manche. L’époque où, comme en 2007, il remportait l’Open d’Australie sans lâcher un set, est révolue. Celle où il est candidat à un titre en Grand Chelem ne l’est pas encore. A moins que le malicieux Malisse, son prochain adversaire, ne vienne lui mettre des bâtons dans les roues?