03/09/2012

Servette: et maintenant, on fait quoi?

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Tiens, et si on virait Joao Alves? Complexe, la question ne cesse toutefois de revenir sur le tapis depuis deux bonnes semaines. Il est vrai que, face aux résultats actuels d’un Servette FC plus moribond que jamais, il est tentant de remettre en question son entraîneur. D’une part car un changement de coach pourrait créer ce fameux «choc psychologique» et, d’autre part, car les choix du Portugais, tant avant les matches que pendant, soulèvent bien des interrogations.

Avec un bilan de seulement deux points décrochés en huit matches disputés, l’actualité grenat fait effectivement peine à voir. Inutile de préciser que, s’ils continuent sur ce rythme, les Genevois filent tout droit vers la relégation. Dans un tel contexte, il eût été bon de les imaginer se rebeller, voire s’engueuler une bonne fois pour toutes. Il n’en est pourtant rien. Même la claque prise dimanche à Thoune (3-0) n’a semble-t-il pas allumé plus que cela le vestiaire. Ont-ils déjà rendu les armes?

Non, trois fois non. Seulement, ce début d’exercice souligne les difficultés d’un club qui, en dépit des errements de la fin de l’ère Majid Pisyhar, avait eu la chance de surfer sur la vague de la promotion la saison dernière. Servette, rappelons-le, avait également eu le bonheur de pouvoir compter sur la faillite de Neuchâtel Xamax et les 36 points retirés au FC Sion pour s’offrir le luxe de boucler son pensum en lorgnant l’Europe.

Aujourd’hui, l’idée de disputer une compétition continentale appartient au passé. Alors que nous en sommes quasiment au quart du championnat, le maintien dans l’élite apparaîtrait déjà comme un petit miracle. Alves peut-il revoir sa copie et se muer en sauveur, une nouvelle fois? Ou en sommes-nous venus au point de non-retour, à la fin d’une idylle qui est censée souffler ses trois bougies dans un petit mois?

Là encore, la question est ouverte. A l’heure de la pause dévolue aux équipes nationales, ce bon Joao se demande à quel Soos il va être mangé. Avec l’accord de Hugh Quennec, qui n’est pas du genre à s’immiscer dans les questions de terrain, le directeur sportif va-t-il donner une nouvelle chance au Portugais? Ou va-t-il actionner le couperet, comme l’ont fait les Lucernois avec Murat Yakin voici deux semaines?

Pour se décider, l’ancien entraîneur de Lausanne va devoir peser le pour et le contre. Ce qui ne sera vraiment pas facile dans une telle situation, surtout quand on sait que, à aucun moment, les joueurs servettiens n’ont donné l’impression de pouvoir redresser la barre, de pouvoir (re)passer de zéros à héros. Un nouveau coach pourrait-il provoquer une prise de conscience, réaliser des prodiges, relancer une mécanique de toute évidence fortement grippée?

Où est le mal? Sur le banc? Dans le vestiaire? En coulisses? Où qu’il se trouve, avant de précipiter les choses, il faut que les Servettiens se disent les choses en face. Quitte à se bouffer le nez l’espace de quelques jours. Après tout, la pause dévolue aux sélections est aussi là pour servir aux joueurs qui n’ont pas le talent pour porter le tricot national, non?

22:05 Publié dans Sports | Tags : servette fc, crise, alves | Lien permanent | Commentaires (0)

09/03/2012

SFC: les grands clubs ne meurent jamais

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Le dernier tour de Majid n'aura fait rêver personne, mais le Servette FC est encore et toujours en vie. La (très) bonne nouvelle est tombée hier, jeudi 8 mars, soit une semaine après que «Sieur Pishyar», président sans scrupule, eut déposé le bilan du club grenat. La juge Fabienne Geisinger-Mariéthoz aurait pu enterrer définitivement le SFC, mais elle a patienté. Elle mérite peut-être une statue, elle aussi.

A minuit moins une, ou presque, le sauvetage s'est précisé. Par la grâce de financiers genevois anonymes, qui ont choisi de propulser Hugh Quennec, patron du Genève-Servette HC, en première ligne. Aux côtés du Québécois, nul doute que Michel Pont a joué un rôle primordial pour prolonger le sursis genevois.

Car le SFC, et l'adjoint d'Ottmar Hitzfeld l'a encore rappelé, n'est pas sauvé. Mais il a désormais un petit mois devant lui pour travailler sur sa situation extrasportive. Ceci afin de redorer son image, de consolider ses dernières fondations et d'obtenir sa licence en vue de la saison prochaine. Dans cette optique, la mansuétude dont a fait (et fait toujours) preuve la Swiss Football League (SFL) - laquelle n'a strictement aucun intérêt à voir un deuxième club partir en faillite - est une aubaine pour celui qui est actuellement le meilleur club romand de Super League.

Ouf, trois fois ouf, sept ans après avoir volé en éclats au terme de l'ère Marc Roger, le Servette FC respire encore. Des soins intensifs, il est passé en salle de réveil. Les 650'000 francs déposés sur la table lui permettront de régler les différents salaires et de s'éloigner un petit peu du précipice. C'est déjà ça, évidemment, quand on sait que, mardi dernier, tout le monde était déjà prêt à l'envoyer dans la tombe. «Si je suis entré dans ce projet, c'est que je suis confiant dans la possibilité de trouver des solutions», a tout de suite annoncé Hugh Quennec.

Homme reconnu dans le milieu genevois, le patron du GSHC devra fédérer différents investisseurs autour de sa personne. Il est déjà quasiment certain de pouvoir s'appuyer sur le soutien de Giuseppe Luongo, le Transalpin de Nyon qui s'était manifesté auprès du clan Pishyar pour reprendre le SFC, ainsi que sur l'Association SFC, constituée par Claude Charmillot et Philippe Mortgé. Même si celle-ci a lutté contre des moulins à vent, en ne parvenant qu'à réunir une somme dépassant légèrement les 100'000 CHF, elle a eu le mérite de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. C'était essentiel.

L'horizon du Servette se débouche petit à petit. Et Majid Pishyar, au grand soulagement de tout le monde, est enfin parti. Pour un franc symbolique. Même s'il a été nommé président d'honneur - et non pas président donneur -, l'Iranien ne va pas laisser un grand vide sur la place genevoise. Depuis le 31 mai dernier et la promotion en Super League, son attitude a tout simplement été indigne. Irrespectueux des contrats, de ses partenaires, du tissu économique local et des supporters, il a bien failli se voir affublé de l'étiquette de fossoyeur. S'il a pu l'éviter, ce n'est que par la grâce de Hugh Quennec et de ses soutiens.

Et voilà que, désormais, c'est le Québécois et personne d'autre qui pourrait endosser le costume de nouvel homme fort du sport genevois. Tout le côté sportif du canton, et malgré les petits soucis connus par le GSHC en play-out, pousse un léger «ouf» de soulagement ce matin. Son ciel est moins encombré, ses perspectives beaucoup plus réjouissantes. Même si, on le répète et comme l'a rappelé Pont, rien n'est encore fait.

Reste que, maintenant, c'est aux nouveaux patrons du Servette FC - avec ou sans le très contesté directeur sportif Costinha??? - de surfer sur la vague d'espoir et d'enthousiasme qui les accompagne. A n'en pas douter, il y a désormais un coup formidable à jouer. Car une chose est sûre, les grands clubs ne meurent jamais!

 

29/11/2011

Pishyar: l'image écornée?

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Il avait, dit-il, repris le Servette FC afin d'aider la ville de Genève - «que j'aime» - à retrouver sa place dans l'élite du football suisse. En trois ans, Majid Pishyar a réussi son coup. A la cour des miracles, c'était bien lui le grand gagnant, au soir du 31 mai dernier. Implorant «my god», l'Iranien avait, ce soir-là, laissé éclater une joie incommensurable, alors que toute la cité se prenait à rêver à des lendemains qui chantent. La couleur grenat s'était réinstallée à sa vraie place, en Super League. Les anonymes Patrik Baumann, François Moubandje et autre Christian Schlauri étaient fêtés en héros.

Six mois plus tard, la fête a du plomb dans l'aile, les visages affichent des traits tirés, l'incertitude s'est insinuée dans les moindres recoins de Balexert. Non pas que le trio de joueurs susmentionné ait connu une grave chute, mais en raison des incohérences de la présidence servettienne. Pisyhar avait tout pour bien faire, force est de reconnaître qu'il est en train de se fourvoyer.

Car, si les célébrations avaient pu être si belles après la promotion, c'est sans aucun doute grâce à la patte de Joao Alves. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le technicien portugais avait bâti un groupe sain et uni, construit une formation prête à aller à la guerre avec lui. Avec son licenciement, c'est un pan de l'histoire du SFC vient de s'écrouler.

Après, il est clair que le métier d'entraîneur est instable. Ce n'est pas tant l'éjection d'Alves qui étonne, mais davantage la manière. Les non-dits qui ont trop longtemps couru autour du rectangle vert, la messagerie vocale qui fait office de séparation et le flou qui a cerné la tête du Lisboète. Jusqu'à dimanche soir et ce communiqué abrupt.

Exit Joao et voilà Majid Pishyar qui catalyse autour de lui les rancœurs. Plus que d'avoir viré l'homme de la promotion, le patron du SFC a peut-être fait une erreur en s'entourant de quelques hommes flous du football portugais. Costinha présente certes un palmarès de joueur fantastique, mais il a encore tant de preuves à faire sur le plan directorial. Sachant que le terne Saleiro n'y est pas parvenu, son «pantin» Pereira l'aidera-t-il dans sa tâche?

Quant à l'Iranien lui-même, il est en train de ternir tout seul sa réputation. D'une part, sa décision de dimanche soir lui vaut les critiques des fidèles du Stade de Genève. D'autre part, sa reprise en main de Gilbert Albert reste entourée de nombreuses interrogations. Héros en mai, paria en novembre. Quid en février?

09/11/2011

Les "bons gars" du Servette

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Les exigences de mon métier de journaliste - si tant est qu'on puisse les appeler ainsi - me poussent, plusieurs fois par mois, à me rendre du côté de Balexert, voire du Stade de Genève, pour prendre la température du Servette FC.

Et force est de reconnaître que, depuis une bonne année et demie, rares sont les moments difficiles lorsqu'on côtoie les «Grenat». Certes, il y a eu une période floue entre septembre et octobre derniers, mais tout semble est rentré dans l'ordre. Les résultats, à nouveau au rendez-vous, le confirment. Les attitudes, sur le terrain, ne trompent pas.

Pour tout vous dire, c'est même un plaisir que d'aller à la rencontre des Servettiens, qui forment une belle bande de potes ayant toujours le sourire. Aujourd'hui encore, je suis allé échanger avec l'un d'entre eux. A peine étais-je assis au Centre sportif de «Balex» que ses coéquipiers sont venus adresser des sourires, des poignées de mains et quelques mots. Sans se forcer. Ce sont des gars simples et sympas. Qui ne se prennent pas la tête. Qui apprécient leur situation sans rouler les mécaniques.

Maintenant, c'est à Majid Pyshiar et à son directeur sportif Costinha de saisir la chance qu'ils ont d'avoir sous leurs ordres des personnages de cet acabit. Ceux-ci sont des battants, des garçons droits dans leurs crampons, qui ont fait l'union sacrée autour d'un homme: Joao Alves. Ils disent de lui qu'il est un «bon papa», qu'il est «un mec en or». A mon sens, ils l'apprécient tous car... il leur ressemble.

 

29/08/2011

Panique sur la Super League!

271741_NEU101 FUSS_effcecd5.jpgAu début, on avait souri un peu. Après tout, un mécène sans bonnes manières qui s'incruste dans le foot suisse, ça n'avait rien d'une première. On pensait même que tout finirait par se détendre un jour. Mais il faut croire qu'avec le temps... eh bien, il n'y a pas tout qui s'en va, finalement.

Au fil des semaines, le scénario a même sérieusement commencé à nous fatiguer. Et, ce week-end, le comportement de Bulat Chagaev a atteint le point de non-retour. En menaçant physiquement et verbalement son staff technique et ses joueurs après le match nul concédé contre Lausanne (2-2), le Tchétchène a commis un esclandre de plus.

Un de trop? On aimerait le croire pour que Xamax arrête enfin les frais. Comme on aimerait que la Swiss Football League, qui sait chercher des noises à Christian Constantin, prenne enfin ses responsabilités et aille se pencher sur ce qui se trame dans les couloirs de la Maladière. Où tout paraît bien plus grave que le «simple» transfert d'un gardien égyptien voici près de quatre ans. Seulement, «BC» fait plus peur que «CC», lequel reste pourtant indispensable au foot suisse.

Reste que, à «Neuch», les joueurs tremblent. Ils avaient déjà reçu des menaces de mort au mois de mai à la mi-temps de la finale de la Coupe de Suisse perdue contre Sion. Plusieurs contreperformances plus tard, ils sont toujours en vie (encore heureux, me direz-vous!), mais la pression et la tension se décuplent chaque semaine. La pause dévolue aux équipes nationales, qui met en arrêt la Super League jusqu'au 10 septembre, agira-t-elle comme une bulle d'air? Ou est-ce que, durant ce laps de temps, le feuilleton «rouge et noir» connaîtra de nouveaux rebondissements?

La question est levée, mais le film, qui pourrait s'appeler «Trouille sur la Super League», est en réalité un véritable navet. Tout le contraire, pour le moment, de la série «grenat», proposée par le producteur Majid Pishyar et le scénariste Joao Alves. Un 0-4 flamboyant à Tourbillon démontre à quel point l'entraîneur portugais mérite encore et toujours des louanges.

Collectivement, tactiquement et techniquement, la démonstration des siens en terre valaisanne a marqué les esprits. Comme si l'équipe alignée hier à Sion était totalement différente de celle - décevante - de la semaine précédente contre Grasshopper. Et pourtant... Voilà peut-être un signe que Yartey et compagnie en ont encore pas mal sous la semelle. Et que, s'ils parviennent à se libérer dans leur antre du stade de Genève, la mécanique, leur mécanique, pourrait faire pas mal de dégâts.

Après tout, au train où vont les choses en Super League, avec Lucerne et Thoune qui occupent la tête, et Bâle et Young Boys qui connaissent des problèmes respiratoires, on n'est plus à une surprise près. Il se pourrait même que, un jour, Chagaev caresse ses ouailles dans le sens du poil.