19/01/2012

Didier Cuche? Salut, champion!

 

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Ainsi donc, Didier Cuche a décidé de s'en aller. Au mois de mars, il actionnera le clap de fin sur une carrière majestueuse. Rendue publique cet après-midi à Kitzbühel, théâtre de ses plus beaux exploits, sa décision n'a cette fois-ci rien de surprenant. L'hiver passé, dans une aula de Lenzerheide pleine à craquer, il avait en revanche pris tout le monde à contrepied en choisissant de prolonger son bail pour une année supplémentaire. Aujourd'hui, le temps a rendu inéluctable son choix de tourner le dos au sport de haut niveau.

A presque 38 ans, le vieux lion tirera ses dernières cartouches ces dernières semaines. Il profitera, à n'en pas douter, de chaque instant spatules au pied pour s'en aller défier les chronos. Bête de compétition, le Neuchâtelois appartient à la légende du ski alpin. Et ce n'est pas l'absence d'un titre olympique à son palmarès qui y changera quelque chose.

Forçat des neiges, «Kuke» aura, plus de dix ans durant, animé les matinées des téléspectateurs helvétiques, mis en transe un public passionné, qui aura vécu à ses côtés les émotions les plus fortes. De la désillusion née d'une médaille d'or olympique ratée dans les dernières secondes d'un super-g à Salt Lake City en 2002 à l'ivresse d'un sacre mondial dans la même discipline sept ans plus tard.

Meilleur skieur suisse de la décennie, Cuche aura, qui plus est, situé la région des Bugnenets sur la carte du monde. Il aura, aussi, accumulé les honneurs. Sur le tard, certes, mais sans jamais démériter.

Car c'est aussi sur le tard que le Neuchâtelois bon teint aura acquis la reconnaissance du public et de ses pairs. Longtemps bougon, il a en effet mis du temps à accepter les critiques. Parfois écorché-vif au début de sa carrière, il a ensuite mis de l'eau dans son vin au fil des années. Et son ski s'en est trouvé bonifié. Ses relations avec les autres se sont aplanies et son sourire a enfin fait la «une» des médias. S'évertuant à expliquer ses trajectoires, à insister sur les bons moments vécus sur les pistes, le vieux lion est devenu une icône. Un ambassadeur de «choc» pour Ovo.

Héros maudit de Wengen, roi de Kitzbühel, Didier Cuche va assurément manquer au monde du cirque blanc. Mais qui donc, désormais, fera voltiger son ski dans les aires d'arrivée?

 

08/01/2012

Hirscher, chasseur de gros globe?

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Souvenez-vous janvier dernier. Au sommet de son art, Ivica Kostelic alignait sept victoires en quatorze courses, ainsi que deux autres podiums. Allongé qu'il fut ensuite sur son matelas de points, il put aller chercher le gros globe de cristal de la Coupe du monde lors des finales de Lenzerheide.

Près de douze mois plus tard, la performance du vétéran croate est peut-être en train d'être rééditée à la sauce Marcel Hirscher. Le prodige du ski autrichien cocarde fièrement en tête du classement général après avoir remporté les trois dernières courses.

Intouchable lors du slalom nocturne de Zagreb le 5 janvier, le gamin de la «Wunderteam» vient de signer un double inédit en avalant le géant et le spécial d'Adelboden. Même dans les pires conditions atmosphériques, «Hirschi» a su laisser parler son ski et son immense talent. Fabuleux.

Aujourd'hui, il possède 230 unités d'avance sur Ivica Kostelic. Un écart considérable, qui démontre combien son potentiel est énorme. On le savait capable de titiller les cadors au général, mais peut-être pas d'en prendre si vite la tête. Certes, avec les épreuves de Wengen et de Kitzbühel qui vont se succéder, l'Autrichien risque de voir son trône vaciller et pourrait même perdre sa couronne provisoire, mais il envoie un signal fort pour l'avenir. Pas encore âgé de 23 ans, il possède toutes les qualités requises pour aller loin. Très loin.

L'optimisme est donc de mise autour du skieur originaire de la région de Salzbourg. C'est logique. La décennie à venir pourrait lui appartenir. A condition de ne pas se brûler les ailes. A condition, aussi, de mettre un peu de vitesse dans son calendrier. En super-g, l'intéressé pourrait rapidement jouer un rôle important. Histoire de grappiller quelques points nécessaires pour rester devant, comme avait notamment su le faire... Kostelic à Kitzbühel en janvier 2011.

La confirmation du talent de l'Autrichien passe par un travail quotidien. Par un mental d'acier et une santé à toute épreuve. Les exemples de Daniel Albrecht et de Marc Berthod, disparus trop vite des sommets - même si le premier cité a des circonstances atténuantes - sont là pour rappeler que le ski de compétition, sport ô combien magnifique, reste une discipline où tout est fragile.

28/11/2011

Federer, Cuche... Alves: destins contraires

 

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On a touché au sublime, ce week-end. Grâce à Roger Federer, évidemment. Une fois de plus, le Bâlois a ravi les téléspectateurs, joué avec leurs sentiments. Au-delà de ses fans, ce sont simplement les amoureux du beau jeu et des émotions qui s'émerveillent des performances d'un champion hors du commun. Ah, si c'est ça être «sur le déclin», je le rejoindrai volontiers sur cette pente descendante!

Quand l'artiste de Münchenstein peint ses tableaux comme il le fait depuis un mois, on ne peut s'empêcher de voir ressurgir les plus belles images du passé de l'homme aux 16 titres du Grand Chelem. Celui que d'aucuns considéraient encore il y a peu comme un fantôme.

Il y a un an, après une Masters Cup déjà marquée de son empreinte, on pensait le voir courir vers une saison 2011 héroïque. Celle-ci ne l'a pas vraiment été, alors on évitera de s'épancher sur ce que pourrait être 2012. Reste que tous les voyants sont au vert pour qu'un 17e Majeur se glisse dans sa poche.

Mais, avant d'évoquer des perspectives encore floues, laissons d'abord parler la beauté du geste, l'impression du moment, la magie de l'instant. «Fed» est sur le toit du monde. Comme personne avant lui. Et comme personne, sans doute, après lui. N'en déplaise à Novak Djokovic.

Les destins contraires ont émaillé le week-end sportif. Celui de Didier Cuche emprunte les traces de Roger Federer. Là, le travail a remplacé le talent, mais la finalité est identique. A plus de 30 ans, on peut toujours briller. Le «vieux lion» des Bugnenets dévale les pistes plus rapidement que les autres, ou presque, avec cet art de tendre les trajectoires au maximum et de toucher, lui aussi, au sublime. Au subtil. Les Autrichiens, qui avaient joué la carte de la provoc durant la semaine, ont appris à la boucler. A double tour. Le Maître du tennis s'appelle Federer. Celui du ski se nomme Cuche.

A Genève, le patron du foot, de toute évidence, répond au nom de Costinha. Directeur sportif du Servette, l'ancien international portugais a eu la peau de Joao Alves. Tard hier soir, il a actionné la guillotine sur l'homme qui a permis aux Grenat de rejoindre la Super League. Histoire de le remplacer par un sinistre inconnu. Ou comment se tirer une balle dans le pied? Réponse viendra au printemps.

 

14/02/2011

Des excuses pour Swiss-Ski?

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On ne va pas chercher trente-six excuses au ski suisse, mais force est de reconnaître qu’il est bel et bien accompagné par une sacrée poisse sur les pentes de Garmisch-Partenkirchen. Après deux Mondiaux fastes - en 2007 à Are et en 2009 à Val-d’Isère - les voici en retrait en Bavière.

A ce jour et après six compétitions, le compteur n’indique qu’une seule médaille, soit l’argent de Didier Cuche en super-g. C’est loin, très loin des ambitions initiales fixées par Urs Lehmann, le président de Swiss-Ski, lequel réclamait six métaux. Evidemment, dans la maison suisse, ce n’est pas les raclettes qui tournent à plein régime pour fêter ça, mais plutôt la soupe à la grimace. Ou la fondue… au chocolat.

Avec déjà quatre «places du con» dans leurs bagages, les Helvètes font encore plus fort que les Autrichiens lors des Jeux Olympiques de Vancouver. On pourrait tirer à boulets rouges sur leurs performances et se demander s’il ne faut pas tout changer dans les hautes sphères, mais ce serait là une grossière erreur. Après tout, il ne s'en est pas fallu de grand-chose pour que le bilan soit aussi faste qu'il y a deux hivers.

Les médailles à côté desquelles sont passés les Suisses ne se sont jouées que pour une poussière de centièmes. Certes, c’est le lot d’un sport comme le ski alpin, mais ces fameux centièmes ont si souvent été en leur faveur lors des deux derniers Championnats du monde qu’on ne peut pas les accabler cette année. «Il faut bien un quatrième», souriait (jaune) Lara Gut après son échec au pied du podium de la descente féminine. C’est juste. Comme il faut bien trois médaillés par épreuves. Peut-être que ceux-ci, en 2013 à Schladming et en 2014 à Sotchi, seront décorés d’un drapeau rouge à croix blanche. Et plus personne ne crachera dessus.

10/02/2011

La question Janka

 

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Dénouer le vrai du faux, percer le mystère Janka. Voilà qui devrait être l’une des prochaines tâches de la presse suisse. Une question revient en effet trop souvent à propos du natif d'Obersaxen: un virus, mais quel virus? Depuis près de deux ans, c’est une pléiade de points d’interrogation qui ornent le casque de l’athlète grison. On le dit victime d’une mystérieuse maladie, qui l'empêche de s'entraîner normalement durant l'été, puis qui le fatigue en cours d'exercice. On a appris tout à l’heure qu’il souffrirait également de soucis cardiaques. Alerte. La carrière du plus grand skieur de la saison 2009/2010 est-elle en danger? Là encore, mystère et… langue de bois.

Toujours est-il que le champion olympique de slalom géant a décidé de rentrer chez lui en plein Mondiaux de Garmisch-Partenkirchen. Il doit faire un nouveau break dans son hiver. Après avoir zappé Bormio fin décembre, après avoir tiré un trait sur Chamonix début février, il va  désormais observer la descente et le supercombiné des Championnats du monde depuis son canapé. Il ne reviendra en Bavière que pour le slalom géant du 18 février. Histoire de claquer une nouvelle breloque dans sa discipline favorite, dont il est également tenant du titre au niveau mondial?

C’est à voir, car la forme de «Janks», on l’a bien compris, n’est pas au beau fixe. Fatigué, usé, l’intéressé réclame du temps afin de pouvoir retrouver son vrai niveau. Si l’on a aperçu des bribes de son large potentiel le week-end dernier à Hinterstoder, lui-même avoue cependant avoir grandement souffert sur le super-g de «GaPa» et lors de l’entraînement de la descente, ce matin. A 24 ans, le Grison se serait certainement bien passé de tous ces soucis. C’est ce qu’on appelle la rançon de la gloire. Mais une autre interrogation se pointe: ladite gloire n'aura-t-elle été qu'éphémère ou Janka reviendra-t-il plus fort encore?