15/06/2012

Gattuso à Sion: un sacré coup!

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Le coup réalisé hier par Christian Constantin est assez énorme. Faire venir Gennaro Gattuso au FC Sion pour deux ans (ce que j'ai confirmé sur mon compte Twitter avant révélation des médias suisses), ce n'était pas à la portée de tout le monde. La gouaille et la force de persuasion de l'architecte d'Octodure permettent pourtant à l'Axpo Super League - qu'il faudra désormais baptiser Raiffeisen Super League - de posséder enfin en son sein une vraie vedette. Depuis quand le football suisse n'a-t-il pas eu de champion du monde dans ses rangs? Bien sûr, il y a eu Christian Karembeu, mais, avec l'Italien, on parle d'un «vrai» champion, d'un mec qui était clairement l'un des éléments de base de son équipe.

L'aboyeur fou est donc censé être valaisan pour deux ans. «Je suis venu pour concurrencer le FC Bâle», a-t-il d'emblée prévenu tout à l'heure en conférence de presse. A peine le pied posé sur sol suisse, «Ringhio» a relayé le discours présidentiel. Après une saison d'errance, il n'est plus question, pour les Sédunois, de voir l'ogre rhénan continuer de tout rafler.

Gattuso dit avoir eu un bon feeling avec Christian Constantin, affirme avoir trouvé son intérêt... sportif à rejoindre notre championnat. Pour trouver des signes de sa motivation, il n'y a pas besoin d'aller chercher très loin. Il suffit de rappeler que le Transalpin a annulé ses vacances dans le sud de l'Espagne pour reprendre l'entraînement aujourd'hui déjà afin de comprendre que l'envie est toujours là.

A 34 ans, le désormais ancien milieu de terrain de l'AC Milan - avec lequel il a remporté deux fois la Ligue des champions et deux fois le Scudetto - va également découvrir un nouvel entraîneur en la personne de Sébastien Fournier. Et, quand on plante le décor, on ne peut que penser que cette association entre le teigneux milanais et l'ancien terrible demi défensif pourrait être explosive. De là à dire qu'il s'agira d'une association de malfaiteurs...

Peut-être devrions-nous davantage parler d'association de bienfaiteurs pour le football romand et, par extension, helvétique. En attendant d'autres recrues potentielles, il est légitime d'espérer que Sion puisse pousser encore un peu plus le FCB dans ses derniers retranchements. Histoire que la Super League ne soit pas jouée dès le mois de décembre. Fournier et Gattuso; le duo devrait finir par se trouver. Entre coups de gueule et coups d'éclat, le vestiaire va sentir le soufre, mais dans le bon sens du terme. Avec deux gagneurs pareils, il y a fort à parier que ces Sédunois-là auront du cœur et de l'énergie à revendre. On s'en frotte déjà les mains.

24/05/2012

Licence: et si Servette...?

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Et si Servette n'obtenait pas sa licence cet après-midi?

Depuis hier soir, l'interrogation circule à 200 à l'heure dans les coulisses du football suisse. S'amplifiant au fur et à mesure que le temps passe, au gré des «on-dit» des uns et des confirmations des autres. Or, à 12 h aujourd'hui, rien n'indique que les Grenat soient privés de Super League, privés d'un avenir européen qui leur tend les bras.

Les bruits de couloir font tout de même peur. Le sport genevois, qui semble ressuscité, tremble sur ses bases, son club phare étant sous la menace d'une relégation sur le tapis vert. Si le SFC venait à ne pas recevoir le précieux sésame pour la Super League, le château de cartes monté en quelques semaines par Hugh Quennec et son staff s'écroulerait d'un seul coup. Cette perspective, évidemment, effraie.

Un tel verdict serait terrible, injuste même, pour un club qui a - a priori - tout bien fait depuis la fuite en avant du désespérant Majid Pishyar. En dehors, les dirigeants se sont activés pour ne pas voir l'institution grenat tomber en faillite. Sur le terrain, les joueurs ont été admirables, exceptionnels d'abnégation, en allant chercher une place européenne en se permettant notamment de mettre un terme aux neuf mois d'invincibilité du FC Bâle.

Si la Swiss Football League venait à refuser la licence au Servette FC, la colère gronderait à Genève et ailleurs. Le club reste une vraie marque du foot suisse et lui fermer les portes de l'élite serait intolérable.

Quand on sait qu'en Espagne les clubs sont surendettés - ils promettent un  hypothétique remboursement pour... 2025 - et qu'ils continuent de jouer les cadors sur la scène européenne, on ne peut s'empêcher de penser que l'affaire Servette n'est qu'un pet dans l'eau dans le foot actuel.

Alors, dirigeants de la SFL, laissez le SFC en Super League. Le foot romand, voire le foot suisse dans son ensemble, vous en seront très reconnaissants.

22/04/2012

FC Bâle, admirable et intouchable

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Et un de plus! Pour la quinzième fois de son histoire, le FC Bâle a donc été sacré champion de Suisse. C'était tout à l'heure, au sortir de son match face au FC Sion. Il s'agit, sur la décennie écoulée, du septième sacre des Rhénans. Seuls Grasshopper et Zurich (par deux fois) sont venus perturber l'hégémonie d'un club qui, décidément, ne fait rien comme les autres. Appelé à dominer encore longtemps la Super League, le FCB puise ses victoires dans une mentalité de gagneurs qu'aucune autre équipe ne possède sur le territoire helvétique.

Qu'ils changent de coach (Gross, Fink, Vogel), de leaders (la génération Frei a notamment succédé à la déroutante volée des frères Yakin) ou de capitaine (Marco Streller a pris le relais de Franco Costanzo), les pensionnaires de Saint-Jacques restent au sommet. Le maillot bleu et rouge transpire la gagne. D'aucuns l'expliquent par la puissance financière du club, mais celle-ci n'explique pas tout. Il y a, à Bâle, de la matière grise footballistique, un véritable système de détection et de formation qui convoque les espoirs les plus fous pour les prochaines années.

Depuis qu'il est entré dans son nouvel antre en mars 2001, le FCB n'a que rarement connu l'échec. Sur la scène européenne y compris, il est parvenu à se faire un nom. Une première escapade en C1 en février 2003 lui avait montré la voie à suivre. Le parcours qui l'a emmené jusqu'en huitièmes de finale de la Ligue des champions le mois dernier à Munich est la preuve de son habileté. En se renouvelant tous les ans, en s'appuyant sur des joueurs formés à domicile et en recrutant intelligemment, Bâle a tout compris. Les Rhénans explorent la seule voie qui, dans le football actuel, peut permettre aux clubs suisses de durer hors des frontières.

Que leur domination irrite est un fait, mais la jalousie qui règne dans notre pays ne doit pas occulter l'excellent travail fourni par les pontes des champions nationaux. Le président Bernhard Heusler a parfaitement pris le relais de Gigi Oeri. Son discours a beau être ambitieux, il est empreint de lucidité. L'homme a la tête sur les épaules et, dans son sillage, le FCB ne peut que poursuivre l'excellent travail accompli depuis bientôt 15 ans. Et puis, il ne faut surtout pas oublier que, sur le banc, Heiko Vogel s'y est pris à merveille. Sous ses airs bonhommes, le technicien rouquin s'est fait un nom. Il n'est plus un drôle d'oiseau!

Alors bien sûr, certains oseront encore prétendre que le sacre de Bâle est intervenu plus rapidement que prévu en raison des 36 points de pénalité infligés au FC Sion, mais il n'est de loin pas certain que les Valaisans auraient, sur le long terme, pu mettre de vrais bâtons dans les roues d'adversaires qui surfent sur un incroyable élan.

Aujourd'hui, Bâle savoure ce quinzième titre en attendant peut-être une victoire en Coupe de Suisse dans trois semaines contre Lucerne. Face aux hommes de Murat Yakin, Xherdan Shaqiri, symbole d'une jeunesse bâloise qui a porté haut les couleurs cantonales, tirera ses dernières cartouches helvétiques avant de filer au Bayern Munich. Le départ de «XS» vers la Bavière, qui devrait précéder celui de Granit Xhaka du côté de Mönchengladbach, est un signe supplémentaire qui tend à démontrer la force bâloise.

Champion à la victoire dans le sang, le FCB va perdre deux joyaux mais devrait parvenir à les remplacer. Pour que, à l'horizon 2013, un 16e titre pointe son nez? Les autres clubs suisses doivent chercher à répondre par la négative à cette question. Car Bâle n'est pas un ennemi, mais une locomotive destinée à tirer tout le pays vers l'excellence.

 

09/03/2012

SFC: les grands clubs ne meurent jamais

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Le dernier tour de Majid n'aura fait rêver personne, mais le Servette FC est encore et toujours en vie. La (très) bonne nouvelle est tombée hier, jeudi 8 mars, soit une semaine après que «Sieur Pishyar», président sans scrupule, eut déposé le bilan du club grenat. La juge Fabienne Geisinger-Mariéthoz aurait pu enterrer définitivement le SFC, mais elle a patienté. Elle mérite peut-être une statue, elle aussi.

A minuit moins une, ou presque, le sauvetage s'est précisé. Par la grâce de financiers genevois anonymes, qui ont choisi de propulser Hugh Quennec, patron du Genève-Servette HC, en première ligne. Aux côtés du Québécois, nul doute que Michel Pont a joué un rôle primordial pour prolonger le sursis genevois.

Car le SFC, et l'adjoint d'Ottmar Hitzfeld l'a encore rappelé, n'est pas sauvé. Mais il a désormais un petit mois devant lui pour travailler sur sa situation extrasportive. Ceci afin de redorer son image, de consolider ses dernières fondations et d'obtenir sa licence en vue de la saison prochaine. Dans cette optique, la mansuétude dont a fait (et fait toujours) preuve la Swiss Football League (SFL) - laquelle n'a strictement aucun intérêt à voir un deuxième club partir en faillite - est une aubaine pour celui qui est actuellement le meilleur club romand de Super League.

Ouf, trois fois ouf, sept ans après avoir volé en éclats au terme de l'ère Marc Roger, le Servette FC respire encore. Des soins intensifs, il est passé en salle de réveil. Les 650'000 francs déposés sur la table lui permettront de régler les différents salaires et de s'éloigner un petit peu du précipice. C'est déjà ça, évidemment, quand on sait que, mardi dernier, tout le monde était déjà prêt à l'envoyer dans la tombe. «Si je suis entré dans ce projet, c'est que je suis confiant dans la possibilité de trouver des solutions», a tout de suite annoncé Hugh Quennec.

Homme reconnu dans le milieu genevois, le patron du GSHC devra fédérer différents investisseurs autour de sa personne. Il est déjà quasiment certain de pouvoir s'appuyer sur le soutien de Giuseppe Luongo, le Transalpin de Nyon qui s'était manifesté auprès du clan Pishyar pour reprendre le SFC, ainsi que sur l'Association SFC, constituée par Claude Charmillot et Philippe Mortgé. Même si celle-ci a lutté contre des moulins à vent, en ne parvenant qu'à réunir une somme dépassant légèrement les 100'000 CHF, elle a eu le mérite de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. C'était essentiel.

L'horizon du Servette se débouche petit à petit. Et Majid Pishyar, au grand soulagement de tout le monde, est enfin parti. Pour un franc symbolique. Même s'il a été nommé président d'honneur - et non pas président donneur -, l'Iranien ne va pas laisser un grand vide sur la place genevoise. Depuis le 31 mai dernier et la promotion en Super League, son attitude a tout simplement été indigne. Irrespectueux des contrats, de ses partenaires, du tissu économique local et des supporters, il a bien failli se voir affublé de l'étiquette de fossoyeur. S'il a pu l'éviter, ce n'est que par la grâce de Hugh Quennec et de ses soutiens.

Et voilà que, désormais, c'est le Québécois et personne d'autre qui pourrait endosser le costume de nouvel homme fort du sport genevois. Tout le côté sportif du canton, et malgré les petits soucis connus par le GSHC en play-out, pousse un léger «ouf» de soulagement ce matin. Son ciel est moins encombré, ses perspectives beaucoup plus réjouissantes. Même si, on le répète et comme l'a rappelé Pont, rien n'est encore fait.

Reste que, maintenant, c'est aux nouveaux patrons du Servette FC - avec ou sans le très contesté directeur sportif Costinha??? - de surfer sur la vague d'espoir et d'enthousiasme qui les accompagne. A n'en pas douter, il y a désormais un coup formidable à jouer. Car une chose est sûre, les grands clubs ne meurent jamais!

 

10/02/2012

Servette: le dernier tour de Majid?

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Servette avait son fossoyeur: Marc Roger. Accablé de tous les maux en 2005 pour avoir été là au moment où les Grenat ont pris l'eau, le Français à l'accent chantant a «payé» - les guillemets sont de circonstance - pour tous les autres. Entendez par là que ceux qui l'avaient précédé à la tête du club n'étaient peut-être pas tout blancs non plus dans la première faillite du SFC. Bref, passons. Reste que, sept ans plus tard, on pensait la leçon retenue après ce long et terrible parcours du combattant qui avait finalement permis aux Genevois de retrouver une équipe en Super League.

         Pour rappel, le 31 mai dernier, soir de promotion, toute la République n'avait d'yeux que pour les joueurs de Joao Alves. Et Majid Pyshiar, président difficile à cerner, se lançait alors dans un tour d'honneur, suivi par 20'000 personnes euphoriques. Le décor était somptueux, mais la réalité vient de le rattraper, en moins de temps qu'il en faut pour le dire.

         En ce mois de février 2012, Servette croule sous les dettes et voit son destin se rapprocher inexorablement de celui de Neuchâtel Xamax. Cette fois-ci, le président ne peut pas rejeter la faute sur ceux qui ont occupé le siège avant lui. Il est bien le seul à avoir mis le club en péril, dans cette situation qui, très franchement, semble aujourd'hui inextricable.

         Sans le sou, acculé par ses créanciers, le club genevois ne devrait pas pouvoir continuer sa folle aventure. A moins d'un miracle? Dans les semaines qui viennent, ce n'est certainement pas une rétrogradation sur le tapis vert en 1re Ligue qui l'attend, mais bien les affres d'une chute en 2e Ligue interrégionale. La faillite, deuxième épisode. La réalisation «Pyshiardesque» dépasse tout ce qu'on aurait osé imaginer, même à l'époque de Marc Roger.

         C'est terrible pour le sport suisse et terrible pour le sport genevois. Les éclats de rire et les cris de joie qui résonnaient aux alentours du Stade de Genève au printemps passé s'évanouissent désormais dans le lointain. Plus que le chagrin, c'est la stupéfaction qui prend le dessus. Comment a-t-on pu en arriver-là? Comment a-t-IL pu en arriver-là?

Majid Pyshiar, on le sait, était arrivé aux commandes de l'institution grenat accompagné d'un passé sulfureux. N'avait-il pas emmené le club autrichien d'Admira Wacker Vienne au purgatoire? Chez nos voisins, l'Iranien avait promis d'amener son «jouet» en Ligue des champions, d'en faire le «Manchester United autrichien». Les mêmes promesses, qui rendent les fous joyeux, ont également été entendues sur le site de La Praille. Pour le meilleur et pour le pire. Qui, ces jours-ci, frappe à la porte.

         Or, que constate-t-on à présent? Que Servette est sur le point de batailler avec Bernex, Collex-Bossy et Perly plutôt que d'imiter le FC Bâle sur la piste aux étoiles européennes. Adieu l'Allianz-Arena, Old Trafford ou San Siro, bonjour les stades municipaux des quatre coins de la Suisse romande. On n'en est peut-être pas encore là, mais c'est bel et bien ce qui guette les Grenat. Triste sort, triste sire...