09/03/2011

Toute une âme aux Spurs...

Vingt-quatre heures après avoir été bercée par l’irrésistible tempo du Barça, l’Europe du foot n’a pas eu droit à une nouvelle leçon de beau jeu, ce soir. Elle a en revanche découvert une équipe dont l’imperméabilité défensive étonne. Son nom? Tottenham Hotspur. Une troupe au coeur gros comme ça, qui se bat corps et âme. Et qui, en plus d’être solide derrière, possède quelques arguments offensifs laissant augurer un avenir doré. Comme quoi, les clichés ont beau avoir la dent dure, les besogneux anglais d’hier ont mis un peu de poésie dans leur jeu. Tout le monde doit désormais en prendre conscience.

C’est en se défendant comme des damnés, tout en essayant par moments de passer la vitesse supérieure en attaque, que les «Spurs» sont allés chercher leur qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Aussi expérimenté était-il sur la pelouse de White Hart Lane, l’AC Milan n’a pas su trouver la brèche dans l’arrière-garde londonienne. Qui a dit qu’il n’y en avait que pour Arsenal dans la capitale anglaise?

Tottenham a donc tenu bon. Une fois de plus, mais en tremblant jusqu’au bout, histoire de pousser son manager Harry Redknapp à conserver ses joues rouges jusqu’au retour aux vestiaires. On avait déjà remarqué l’équilibre collectif des Anglais au cœur de l’automne, notamment lorsque se révéla Gareth Bale, mais l’impression se confirme à chaque soirée de «Champions». Y compris lorsque le Gallois n’évolue que l’espace d’une demi-heure. Et comme pour prouver, si besoin était, que les «Spurs» sont loin, très loin, d’avoir prononcé leur dernier mot dans cette compétition.

Alors oui, peut-être qu’ils manquent d’un banc de qualité – et ce en dépit du nombre de joueurs étant sous contrat – mais rien n’indique qu’ils ne seront pas la grande sensation de cette édition 2010/2011 de la C1. Certes, leur défense n’a ni de Puyol ni de Vidic à la baguette mais, après avoir beaucoup encaissé en phase de poules, elle vient de signer deux blanchissages contre des Milanais pourtant leaders du championnat d’Italie. Même Gomes, leur inconstant gardien, a multiplié les parades pour préserver sa cage inviolée.

Leur qualification pour les quarts de finale en poche et tous au diapason, les «Redknapp’s Boys» ont aujourd’hui les moyens de leurs ambitions. Voire plus. Et ça, personne ne l’aurait parié!

15/02/2011

La Ligue des quoi???

Tiens, au lendemain de la Saint-Valentin, l’Uefa nous a sorti de sa manche un cadeau pas romantique pour un euro, le genre de casse-couple idéal: les huitièmes de finale de la Ligue des champions. Etalées sur un mois, ces huit doubles confrontations sont censées enchanter le grand public, rendre les hommes encore plus amoureux de football et faire sauter les audiences TV.

Seulement, c’est chaque année la même rengaine sur les pelouses du Vieux-continent, à savoir un spectacle qui n’en est pas un. L’hymne de la C1 a beau retentir dans le ciel européen, les étoiles restent aux vestiaires. Les matches sont ternes, mous, fidèles à un football qui, d’année en année, meurt à petit feu.

Pis, en plus d’être calculatrices, les équipes se rendent à présent coup pour coup. Mais pas dans le bon sens du terme. Entre l’AC Milan et Tottenham, on a vu des gestes déplorables.

Et tiens, un petit coup d’coude dans la face!

Viens-là, que j’te tire le maillot!

Attends que j’arrive dans la surface de réparation pour que je te montre la simulation du siècle…

J’en passe et des meilleures. Les scènes ne vont pas nous pousser à nous extasier. Heureusement, il existe un OVNI dans ce monde-là: le FC Barcelone. L’affiche que les Catalans disputeront ce mercredi soir contre Arsenal promet monts et merveilles. Comme à chaque fois en C1. D’où une question: est-ce que, transposés dans le monde friqué de l’Uefa, qui plus est dans les derniers tournants de cette Ligue des champions qui aborde sa dernière ligne droite, les hommes de Guardiola vont devoir aussi jouer tels des footeux vicieux? Ce n’est évidemment pas à souhaiter, mais on le craint…