19/07/2011

Mais où va donc le Servette FC?

 

 

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Ce matin, il y a franchement de quoi se poser des questions quant à l’avenir du Servette FC. Et ce n’est pas l’entrée en matière ratée dimanche après-midi contre Thoune qui me pousse à la perplexité, mais davantage ce qui s’est passé précédemment – pause estivale mouvementée, recrutement jusqu’ici très plat, atermoiements du président… – puis hier soir avec l’éviction de Carlos Varela.

Alors oui, d’aucuns diront que l’ancien joueur de Bâle et Young Boys n’avait pas montré toute l’étendue de son potentiel sous le maillot genevois, mais, blessé, il avait suivi la promotion en s’intégrant parfaitement au groupe. Depuis son retour, on attendait de lui qu’il amène toute son expérience à un SFC qui en manque cruellement. Il l’aurait sans doute fait, si on lui en avait laissé le temps. Or, apparemment, ces Grenat là ne savent pas, ne savent plus, ce qu’est la patience.

Après avoir végété cinq ans dans l’antichambre de l’élite, ils semblent vouloir tout et tout de suite, mais n’ont pas les arguments pour ce faire. Un patron omnipotent et un directeur sportif venu sans la moindre référence du foot suisse – Costinha – ne peuvent pas régner du jour au lendemain sur la Super League. L’argent et les relations ne suffisent pas toujours. En prenant une claque monumentale avec Neuchâtel Xamax, Bulat Chagaev, qui se promenait tranquillement ce matin sur le Quai des Bergues, l’a également appris.

Mais Servette, heureusement, n’est pas Neuchâtel. A Genève, il n’y a pas eu de fronde anti-Pishyar. Reste que, au lieu de profiter de la sérénité dans laquelle il peut travailler, l’Iranien semble faire beaucoup de choses de travers. Des déclarations à l’emporte-pièce – les Porsche, le titre, la Ligue des champions… - et des décisions brusques ne cessent d’animer ses semaines.

Si la dernière en date (Varela) est apparemment celle de Joao Alves, il n’en demeure pas moins que le SFC ne fait pas montre d’une grande confiance à l’heure actuelle. Et pourtant, il avait tout entre les mains pour réussir son retour dans l’élite. Il lui suffisait de surfer sur la vague de l’ascension, de créer un véritable groupe durant la pause en profitant du fait qu’il reste un «nom» sur l’échiquier du foot international. Il n’a pas su le faire, préférant enrôler des éléments tels Diallo ou Fall. Le couac contre Thoune est la preuve irréfutable de ses errements. Bien sûr, il reste 35 matches à disputer et Servette peut aisément sauver sa tête, voire mieux. Mais tout de même, les dix premières minutes de dimanche ne sont que le reflet d’un été passé à se ronger les ongles!

Mais où va donc le SFC? Telle est l’interrogation qui agite aujourd’hui les supporters genevois. Eux qui, comme nous tous, se laissèrent envahir par l’émotion au soir du 31 mai dernier, méritent bien mieux qu’un club noté 10/10 au niveau du flou artistique.