01/08/2012

JO: "august" horribilis?

 

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Le 1er août, fête nationale. Vraiment? Il doit y avoir erreur sur la marchandise, tromperie sur la date. A Londres, on n'a en effet pas vu le moindre feu d'artifice avec une croix suisse. Pis, le plat qui y a été servi n'était autre qu'une soupe à la grimace. Ou comment est réapparu le triste syndrome du "swiss spirit", cet état d'esprit typiquement de chez nous qui fait que la plupart de nos athlètes craquent au moment opportun.

On promettait monts et merveilles de "notre" délégation en ce mercredi 1er. Il n'en a rien été. Les quelques (sérieux) espoirs de médailles qui jouaient tout ou partie de leur avenir olympique aujourd'hui ont été quittes pour repartir bredouilles de la capitale britannique. Et le bilan final de 7 à 9 breloques envisagé par le chef Gian Gilli semble avoir déjà fondu comme neige au soleil.

Le Grison n'a pas été aidé par les escrimeurs. En début de journée, ceux-ci ont en effet montré la (mauvaise) voie à suivre à leurs compatriotes. Max Heinzer s'est complètement raté au 2e tour de l'épée. Son pote Fabian Kauter, donné archifavori, n'a pas fait mieux, battu qu'il a été par un inconnu français, lui-même éjecté au tour suivant. Entretemps, la judoka genevoise Juliane Robra avait été trop courte pour passer son premier écueil dans la catégorie des moins de 70 kg.

A 11 h 30, heure de Londres, on pouvait constater que le réveil n'avait pas été brillant. Dans le ciel s'étaient envolés les premiers espoirs. D'autres n'allaient pas tarder à les y rejoindre. Ceux de Mike Kurt, le kayakiste pénalisé pour avoir manqué une porte. Ceux, aussi, de Fabian Cancellara, dominé sur le contre-la-montre. Certes, ses rêves de médaille étaient infimes depuis samedi et sa chute dans la course en ligne, mais les experts - ou enfin ceux que l'on appelle ainsi - nous serinaient que si "Spartacus" avait choisi de s'aligner, c'était simplement car il se savait capable de grimper sur le podium.

Cela n'a pas été le cas. Comme ce ne sera pas le cas non plus pour l'équipe de football ou pour la paire Federer/Wawrinka. Celle-ci a conclu la triste journée suisse par une défaite curieuse en double contre le duo Erlich/Ram. On est loin, très loin de l'exploit de Pékin. Mais, au-delà de cette contreperformance, on se plaît à croire que le numéro 1 mondial aura su garder des forces pour aller enfin chercher cette médaille dont il rêve tant en simple. Il en a les moyens et, évidemment, le talent.

D'ailleurs, on en vient même à se demander si ces JO ne vont pas se terminer comme en 1992 pour la Suisse. Avec une seule médaille au compteur, grâce au tennis. Vingt ans après Marc Rosset, "RF" héros de la nation? Ce ne serait plus une surprise, mais un juste retour des choses.

19/09/2011

Tennis suisse: la victoire du coeur

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Celle-ci, personne ne pourra dire qu'elle n'est pas belle. Gagner leur place dans le Groupe Mondial de Coupe Davis en Australie, qui plus est sur gazon, après avoir été menés 2-1 au lendemain du double, c'est un exploit de haute valeur que les compères champions olympiques ont signé. Un succès qui montre à quel point l'équipe de Suisse a des ressources.

Certes, derrière Roger Federer et Stanislas Wawrinka, c'est un peu le grand désert, mais les deux hommes, s'ils s'unissent à l'avenir comme ils l'ont fait le week-end dernier à Sydney, peuvent vivre une jolie aventure l'année prochaine. Dans la course au Saladier d'argent, il sera bien évidemment difficile de rivaliser avec l'Espagne ou la Serbie, mais rien n'exclut de pouvoir s'offrir un joli parcours.

En Australie, et ce malgré les longues heures d'avion qu'ils avaient dans les jambes, «Rodg» et «Stan» ont écrit une jolie part d'histoire. Une année après une relégation concédée sans éclat et sans Federer au Kazakhstan, c'est leur cœur qui a fait la différence. Il fallait cela, aussi, pour freiner un Lleyton Hewitt jamais aussi impressionnant de caractère que lorsqu'il défend les couleurs de la mère-patrie. Plus que la satisfaction de ramener la Suisse dans le Top-16, les Helvètes sont également habités par un certain soulagement.

Tous deux avaient quitté New York le cœur lourd, la tête pleine de doutes. On n'ira pas jusqu'à prétendre que la victoire en Australie a soigné tous leurs maux, mais, sur le plan du moral pur, elle agit comme une merveilleuse bouffée d'air. Avant d'emprunter le chemin des tournois indoor, durant lesquels Federer aura une somme considérable de points à défendre, c'est une bénédiction.

Mercredi, le Bâlois et le Vaudois seront également attentifs à ce qui se passera à Bangkok. Dans la cité thaïlandaise, ils connaîtront le nom de leur adversaire du mois de mars 2012. S'ils peuvent s'épargner un long voyage (Argentine, par exemple), ce sera déjà ça de gagné. Ensuite, il sera venu le moment de rêver les yeux grands ouverts.

 

 

24/01/2011

Les maux bleus

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Ainsi donc, le tennis français va à vau-l’eau. Pas un seul représentant en deuxième semaine à Melbourne; le constat est affligeant. Les maux bleus sont donc plus graves que nous pouvions le penser à l’entame de cette cuvée 2011. Gaël Monfils et Jo-Wilfried Tsonga, qui rêvent de s’approprier un Grand Chelem cette année? Rien! Respectivement balayés par Stan Wawrinka et Alexandr Dolgopolov, ils n’ont pas su répondre au défi physique dans lequel les ont emmenés leurs adversaires.

Ce n’est donc pas une finale de Coupe Davis qui peut actuellement donner le coup de booster attendu dans les coulisses de la FFT. Si on peut trouver une excuse à Gilles Simon, tombé les armes à la main contre Federer, ses deux compatriotes de la «black connection» ont sombré sans essayer de se relever. Apathiques. Mal en point.

Lâché plus par sa tête que par son physique, Tsonga est loin, très loin, du joueur brillant et sur un nuage qui disputait la finale à Melbourne voici trois ans. Pas assez concerné par ses matches, Monfils est pour sa part beaucoup trop inconstant pour enquiller sept victoires de suite sur une quinzaine.

Alors, évidemment, la presse tricolore va sans doute ressortir de ses tiroirs ses plus beaux fleurons à la veille de Roland-Garros, mais il semble aussi que, à force de les voir s’encoubler, elle ait pris conscience des limites des siens. Dernier (et unique dans l’ère open) vainqueur français d’un Grand Chelem en 1983, Yannick Noah peut tranquillement dormir sur ses deux oreilles.

Car, pendant ce temps-là, le tennis masculin n’évolue pas spécialement. En quarts de finale, on retrouvera les mêmes visages: Federer, Nadal, Djoko et Murray… Mais où est la surprise?

20/01/2011

Wawrinka, de sa fille à Monfils

Tout va bien pour Stanislas Wawrinka. Avec déjà deux tours franchis à l’Open d’Australie, et ce sans égarer le moindre set, le Vaudois poursuit son prometteur bonhomme de chemin sur les courts des Antipodes. Depuis le début de l’année, il n’a pas subi la moindre défaite.

S’il est évident que, un 20 janvier, cela n’est pas un exploit, il n’en demeure pas moins que, dans sa manière d’aborder les matches et les défis qui se présentent à lui, le numéro 2 helvétique a franchi un cap. Son titre à Chennaï l’a prouvé et sa maîtrise du jeu contre le Bulgare Dimitrov n’a fait que le confirmer.

Sous la houlette de Peter Lundgren, Wawrinka semble être parti pour prendre une autre dimension. Même les gros titres de la presse, consécutifs à sa séparation d’avec sa femme Ilham et sa fille Alexia, ne l’ont pas ébranlé plus que cela. Serein et concentré sur son tennis, il est désormais mûr pour s’attaquer à son prochain adversaire: Gaël Monfils.

Certes, le jeu du Français ne lui a jamais vraiment convenu, comme en témoigne sa défaite en novembre dernier à Valence (6-2, 6-4), mais gravir la montagne tricolore n’est pas impossible. Loin de là. «Ce match, je suis impatient de le jouer», avoue Stan, désormais mû par une envie folle de regagner sa place parmi les 10-15 meilleurs joueurs de la planète.

Si d’aucuns doutent encore de son potentiel et de ses facultés mentales en Grand Chelem, le champion olympique de double peut aujourd’hui répondre que son quart de finale à New York n’était pas un hasard. En septembre dernier, il avait notamment battu plus solide que Monfils, en la personne d’Andy Murray. Après sa défaite au troisième tour de Melbourne il y a douze mois contre Berdych, «Stan» paraît mûr pour l’exploit. On parie?

09/01/2011

Cocorico SUISSE!

Il y a une semaine jour pour jour, je me demandais sur ce même blog si le concept de «Suisse qui gagne» pouvait durer. De toute évidence, la réponse est oui. Heureusement que le sport est plus fort que la politique…


Car, qui a dit que ce dimanche 9 janvier devait rester pluvieux? Pas les fans du sport suisse, en tout cas! A ceux qui prétendent que nos athlètes sont aux abois, un simple coup d’œil sur Internet ou sur la page 100 du Téletext au cœur de l’après-midi suffisait à prouver le contraire.


Entre Lara Gut qui fait rayonner son beau sourire au sommet du super-g d’Altenmarkt, Dario Cologna qui explose le Tour de Ski et Stanislas Wawrinka qui a fait preuve de malice sur le tournoi de Chennaï, c’est un tout petit pays de sept millions d’habitants qui a dominé le monde du sport. Sans oublier non plus que, la veille, Roger Federer avait déroulé son meilleur tennis pour bondir sur le 67e titre de sa carrière à Doha.


Décidément, ce début d’année 2011, marqué également par le succès de Simon Ammann lors du concours de saut à skis de Garmisch, est idéal pour le drapeau rouge à croix blanche, qui flambe aux quatre coins du globe. Sur la neige et ailleurs.


Si, à chaque fois que «nos» footballeurs se plantent, les autres athlètes helvétiques se comportent ainsi, on serait presque prêt à demander aux hommes d’Ottmar Hitzfeld de continuer à nous décevoir. Cela est une boutade, évidemment, car, à l’image des tennismen et des skieurs, les footeux seront attendus dans les douze mois qui viennent. Bien sûr, on attend davantage de la part des M21 ans - qui seront de véritables candidats au titre européen en juin prochain au Danemark – que des A, mais ceux-ci ont tant de choses à se faire pardonner…


Tous les Suisses, ou presque, doivent à présent emprunter les pas du quatuor Federer-Gut-Wawrinka-Cologna. Cela vaut pour Silvan Zurbriggen, qui sort d’une semaine difficile. Cela vaut aussi pour Didier Cuche et Carlo Janka, qui vont enchaîner Wengen et Kitzbühel avec un appétit d’ogre. Après s’être emballée l’espace de quelques heures cet après-midi, notre fibre patriotique – un «cocorico» ne fait pas de mal, de temps en temps… - en redemande déjà. On en reparle dimanche prochain?