05/08/2012

C'était la muraille Murray

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L'histoire olympique, décidément, est cruelle avec Roger Federer. L'or du simple se refuse toujours à lui. Quatrième à Sydney, éliminé sans gloire à Athènes en 2004 puis à Pékin en 2008, le Bâlois n'avait pourtant jamais été si proche de décrocher son Graal. Si proche et pourtant si loin.

Tout à l'heure, Andy Murray lui a administré une leçon de tennis. 6-2, 6-1, 6-4. Ce fut une véritable destruction massive. En règle, bien sûr, sans tordre le cou au protocole. Federer, aussi immense soit-il, doit sûrement être retourné au vestiaire avec une valise de regrets, quelques larmes de déception. Pourtant, en ce dimanche 5 août, près de 20 ans après que Marc Rosset eut triomphé à Barcelone, le Bâlois ne pouvait rien faire face à un Ecossais au sommet de son art. Il a eu beau lutter avec quelques-unes de ses meilleures armes, les balles revenaient les unes après les autres. Comme des coups de poignard.

Andy Murray, finaliste abattu il y a un mois sur ce même gazon que Wimbledon, est enfin le roi du gazon. Certes, ce titre olympique ne remplace pas une défaite en finale du troisième tournoi du Grand Chelem de l'année, mais il a le mérite de balayer la déception du 8 juillet. Le protégé d'Ivan Lendl a livré un match dénué de fausse note. Une copie si parfaite que cette finale tant attendue a vite tourné à la leçon de tennis. Aujourd'hui, sous le regard de tous ses compatriotes, c'était lui le patron. Ce sacre olympique est mérité. Cent fois mérité.

Pour Roger Federer, la pilule est dure à avaler. Car Rio 2016 paraît loin, très loin. Sans doute ne sera-t-il jamais champion olympique de simple. A ses yeux, ce succès eût été le couronnement de sa carrière, la petite cerise sur le gâteau. Mais ledit gâteau est déjà tellement grand, tellement immense, tellement majestueux avec 290 semaines comme numéro 1 mondial, 17 bougies comme autant de Grands Chelems, qu'il faut bien tolérer de voir quelques-uns de ses adversaires récupérer des miettes. La défaite du jour n'enlève rien à celui qui reste le plus grand champion que l'histoire du tennis ait enfanté.

Maintenant, il reste à saluer Andy Murray. Lui, longtemps considéré comme un «loser» par ses compatriotes. Lui, qui vient de passer quatre fois à côté de ses finales de Grand Chelem, a apporté une très belle réponse aujourd'hui. Il sait répondre présent au moment opportun. Il sait gagner. L'Ecossais n'en deviendra que plus dangereux à l'avenir. Ce titre olympique peut lui servir de déclic. Comme quoi, le «Big Four» existe bel et bien.

03/08/2012

Federer marque aussi l'histoire des Jeux

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L'autre jour, une collègue est venue me demander quelles étaient, selon moi, les images fortes de la longue histoire des JO d'été. Il est évidemment difficile d'en citer plusieurs en une fraction de secondes, mais force est de reconnaître que les poings levés de Mexico 1968, le triplé de Zatopek en 1952 ou la démonstration de Bolt en 2008 viennent immédiatement à l'esprit.

Sportivement, il est désormais clair que le match qui vient de s'achever entre Roger Federer et Juan-Martin Del Potro ne sera pas balayé de si vite de notre mémoire non plus. Aussi haut en couleurs qu'interminable, ce choc entre deux hommes qui nous avaient déjà offert de grands moments par le passé (Roland-Garros 2009, US Open 2009...) a illuminé le tournoi olympique de tennis. L'ambiance traditionnelle de Wimbledon s'est d'ailleurs dissipée dans un brouhaha un peu fou qui a donné une autre teinte à une rencontre électrique, très disputée.

Non content d'être l'un des plus grands athlètes de l'histoire, le Bâlois a donc ajouté une ligne qui manquait encore à son palmarès: médaillé olympique en simple. Même si on ignore encore de quel métal sera faite sa breloque (or ou argent), la performance réalisée est extraordinaire. L'intéressé a en effet mis ses tripes sur le gazon (enfin, ce qu'il en reste) pour venir à bout de l'Argentin.

Admirable, «JMDP» a de son côté prouvé, si besoin était, que les Sud-Américains savent se transcender pour les compétitions olympiques. Dans un récent passé, Fernando Gonzalez et Nicolas Massu nous l'avaient démontré. Seulement, Del Potro est pour sa part tombé sur un «ancien» qui ne voulait surtout pas laisser passer sa (dernière?) chance de disputer une finale aux Jeux. «RF» a été grand, géant, monstrueux. Même face à coup droit de son adversaire.

Grâce au numéro 1 mondial, c'est désormais la Suisse entière qui, ce soir, pourra boire un verre pour célébrer la première médaille de la cuvée 2012. Décidément, heureusement que le tennis existe pour la délégation helvétique. Rappelons en effet que Marc Rosset, il y a 20 ans, avait ramené la seule breloque à laquelle le pays avait eu droit. Celle-ci était d'or. Ne reste plus qu'une marche à Federer pour imiter son glorieux aîné.