29/09/2011

On remercie Hitzfeld?

Au printemps passé, on a assez bavé sur Ottmar Hitzfeld pour, aujourd'hui, lui rendre hommage lorsqu'il effectue de bons choix. Depuis qu'il a été comme libéré par la retraite internationale d'Alexander Frei, le général de la Nati a été contraint et forcé de rajeunir ses cadres. On ne saura jamais vraiment si c'est une décision délibérée ou imposée par les circonstances, mais toujours est-il qu'elle lui a permis de se remettre sur le droit chemin. Et tous ses protégés avec lui.

On avait vu, au mois de juin, que les convocations distribuées à Innocent Emeghara, Admir Mehmedi et Granit Xhaka avaient été marquées du sceau de l'intelligence. On avait constaté, en août puis en septembre, que les coups de fil lancés à Gaetano Berardi, Fabian Frei, Timm Klose, Fabian Lustenberger et Yann Sommer s'inscrivaient dans la même logique, avec la même pertinence.

Alors, cet après-midi en découvrant la sélection appelée à affronter le Pays de Galles (le 7 octobre) et le Monténégro (le 11), on s'est tout autant réjoui que lors des dernières listes dévoilées par l'ancien mentor du Bayern Munich. On constate en effet que ce dernier a eu l'intelligence de faire appel à Ricardo Rodriguez, le (très) prometteur latéral gauche du FC Zurich.

A peine âgé de 20 ans, le robuste défenseur obtient ici la récompense d'une année 2011 haute en couleurs, marquée notamment par un début de saison sur les chapeaux de roue. Actuellement, il est l'une de seules satisfactions d'un FCZ qui peine à se faire entendre en Super League. Surtout, devant les difficultés de Reto Ziegler à se transcender avec le tricot rouge à croix blanche sur les épaules, il fait office de deuxième (ou peut-être même premier) choix pour occuper ce flanc sensible de l'arrière-garde helvétique.

A Swansea puis à Bâle, rappelons-le, les Suisses se devront d'aller forcer la porte des barrages, pour continuer à croire en une qualification pour l'Euro 2012 qui, jusqu'à il y a encore huit semaines, paraissait totalement improbable.

Même si le match en terre galloise ne sera pas une partie de plaisir, espérons que Hitzfeld aura le tableau d'affichage en sa faveur à cinq minutes de la fin. Histoire de faire entrer en jeu le fameux Rodriguez, «l'obligeant» à être un international suisse à vie. Né d'un père espagnol et d'une mère chilienne, l'intéressé, champion du monde M17 avec Ben Khalifa et Xhaka, est en effet surveillé de près par la sélection sud-américaine. C'est le moment!

27/09/2011

Bâle, si proche de la sensation

On ne saura sans doute jamais vraiment ce qui s'est dit dans le vestiaire bâlois à Old Trafford, ce soir à l'heure du thé. Mais le nectar si cher aux Anglais a eu le mérite de donner un méga coup de fouet aux... Rhénans. Bien que menés 2-0 à la pause par un Manchester United qui bouscule tout sur son passage en Premiership, les protégés de Thorsten Fink ont réalisé une grosse performance, en allant arracher le point du 3-3. Mais, paradoxalement, ce scénario incroyable laissera un goût amer aux visiteurs. Et pour cause, à cinq minutes près, les «petits Suisses» ont bien failli placer une victoire historique dans leurs valises. Cette soirée du 27 septembre aurait pu s'inscrire dans la légende du foot national. Une victoire du FCB lui aurait permis d'entrer dans l'histoire comme l'une des plus belles sorties jamais signées par l'un de nos représentants sur la scène européenne.

Malgré tout, le nul pris à Old Trafford est plus qu'un bon point. Même la paire Alexander Frei-Marco Streller a été à la hauteur de l'événement. Quel contraste avec tout ce que l'on avait vu ces derniers mois!

Fantomatiques lorsqu'ils portaient le tricot suisse ces deux dernières années, ils ont fait de l'antre mancunien le théâtre de LEURS rêves. Le grand escogriffe du duo a été énorme dans son rôle de pivot, même s'il a manqué une montagne à la 51e minute. Mais c'est vrai, quel match n'a-t-on pas vécu sur le gazon anglais!

Thorsten Fink doit encore s'en frotter les mains. Doit aimer plus que jamais ses joueurs, ce soir depuis sa chambre. Lui qui restait, en tant que joueur, sur un terrible échec contre Alex Ferguson (il avait joué la finale de la C1 1999 perdue aux arrêts de jeu avec le Bayern Munich) n'est pas passé loin d'une cinglante revanche. Si près d'infliger à ManU sa première défaite de l'exercice. On plaint tout de même le chewing-gum du manager écossais, qui s'est vu martyrisé à peine l'égalisation bâloise sonnée.

Bâle peut donc croire en une qualification pour les huitièmes de finale. Grâce à une performance collective hors du commun. Avec un Granit Xhaka énorme à mi-terrain - et ce malgré une perte de balle fatale sur le 2-0 - et un Fabian Frei qui confirme qu'il est bel et bien «LA» révélation de la saison. Déjà énorme avec les M21 durant le dernier Euro, l'ancien Saint-Gallois a franchi un nouveau palier. Qui fait maintenant de lui un international en puissance.

Pour le FCB, il va falloir confirmer le 18 octobre en recevant Benfica. Qui n'a rien d'un monstre tentaculaire comme pourrait l'être Manchester. Alors oui, il est permis de rêver.

 

04/06/2011

Sans Frei, la Suisse a su se libérer...

Il est bien sûr trop tôt pour tirer des conclusions. Mais cette équipe de Suisse, comme on s’y attendait à l’époque, a énormément gagné avec le départ à la retraite d’Alexander Frei. Statistiquement parlant, cela pourrait paraître paradoxal quand on sait que le Bâlois reste le meilleur buteur de l’histoire du foot suisse, mais les chiffres ne sont pas tout dans un collectif, où la cohésion est davantage une combinaison gagnante.


Tout à l’heure sur la pelouse de Wembley, tout comme on avait pu le faire durant la semaine que les internationaux ont passé à Freienbach, on a mesuré à quel point Barnetta et compagnie étaient libérés par l’absence de leur ancien capitaine. Dont l’ego, force est de le reconnaître, avait pourri l’ambiance de la Nati depuis une certaine Coupe du monde 2010.


Si le joueur du Bayer Leverkusen a «planté» deux pions à Londres, ce n’est certainement pas pour rien. Et si les langues se sont déliées durant la semaine – il suffit d’avoir entendu Behrami pour comprendre -, c’est le signe que le nouveau chantier entrepris par Ottmar Hitzfeld est sur la bonne voie. Loin, très loin, des gestes de mauvaise humeur de Frei qui avaient fini par miner l’effectif rouge à croix blanche.


Parlant d’Ottmar Hitzfeld, tiens, tiens… L’homme qui avait confié une partie de sa destinée à… Frei a tourné casaque. Ou plutôt son fameux ciré. Abandonné dans son armoire contre un costume cravate qui lui sied mieux, l’Allemand a surtout réussi en changeant de système. Ce qu’il aurait dû faire il y a bien longtemps, certes, mais il n’est jamais trop tard. Son premier pari perdu en donnant sa confiance au renard du FCB, «Gottmar» a remporté le deuxième. Cela n’ouvre évidemment pas la porte de l’Euro 2012 aux Helvètes, mais reste un signe encourageant d’avenir.


Alors bien sûr, le voyage en Pologne et en Ukraine ne se rapproche pas avec ce nul, mais les motifs d’espoir pour la Coupe du monde 2014 sont plus larges: la paire centrale Djourou-Senderos s’est montrée à son aise, malgré les glissades du premier cité. Capitaine, Gökhan Inler a montré un tout autre visage. Les entrées en jeu d’Emeghara et Mehmedi ont été bonnes. Puis il faut également souligner la performance correcte de Granit Xhaka qui a su élever son niveau de jeu. Hélas, il pourra garder en travers sa perte de balle de la 37e minute, qui amène le penalty anglais. C’est la grosse différence entre la Super League et le top niveau.


Mais, on l’a dit, la Suisse, cette Suisse, a de la qualité. On attend confirmation pour s’emballer davantage. Car il n’est pas possible de porter aux nues un groupe qui était bien malade il y a de cela encore trois mois.